Meurtre en RDC du militant des droits de l'homme Chebeya: des officiers arrêtés

0 21.11.2011 13:54

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé dimanche l'arrestation d'officiers de police et la suspension de leur chef après le meurtre du militant des droits de l'homme Floribert Chebeya, pour lequel le président Joseph Kabila s'est dit "déterminé" à faire "toute la lumière".Ce militant des droits de l'Homme respecté et connu en RDC, a été retrouvé mort mercredi matin à l'arrière de sa voiture sur une route de la capitale. Selon la police, il avait les mains liées derrière le dos, le pantalon et le sous-vêtement rabaissés sur les genoux."Les premiers éléments d'enquête ont abouti à l'interpellation et à l'arrestation de certains officiers de la police", a déclaré dans un message lu à la télévision nationale le ministre de l'Intérieur, Adolphe Lumanu, sans préciser leur nombre ni leur identité.Il a également annoncé "la suspension à titre conservatoire" de l'inspecteur général de la police John Numbi, "pour permettre à cette enquête de se dérouler dans la sérénité".L'un des officiers arrêtés, le colonel Daniel Mukalay, chef des services spéciaux de la police, "est passé aux aveux et a mis en cause" le général Numbi, qui a été "placé en résidence surveillée", a indiqué à l'AFP une source proche de la présidence.Le chef de l'Etat, Joseph Kabila, qui a présidé samedi soir une réunion extraordinaire du conseil supérieur de la défense, a fait part, selon M. Lumanu, de "sa détermination à ce que toute la lumière soit faite" dans l'enquête sur le meurtre de Floribert Chebeya, 47 ans, président de l'ONG la Voix des sans-voix.Floribert Chebeya avait disparu, avec son chauffeur qui n'a toujours pas été retrouvé, après être allé mardi en fin de journée à l'inspection générale de la police, où il devait avoir un rendez-vous, qui n'a pas eu lieu, avec le général Numbi, selon la VSV.Ce dernier, âgé de 48 ans, est considéré comme un proche du président Kabila qui l'avait nommé inspecteur général de la police en juin 2007.M. Chebeya avait été l'objet d'arrestations et de nombreuses menaces de mort par les services de sécurité pour son travail à la VSV, où il dénonçait régulièrement des arrestations arbitraires ainsi que les conditions de détention dans les prisons.Son décès a suscité une très forte émotion au sein des militants des droits de l'Homme en RDC. Les Etats-Unis, l'ONU, l'Union européenne et la France notamment, ont réclamé une "enquête indépendante", "impartiale et transparente", comme de nombreuses ONG, dont Human Rights Watch ou Amnesty international.Washington a proposé de faire venir en RDC "des experts légistes américains pour assister" les autorités congolaises dans l'enquête, mais celles-ci n'avaient pas répondu officiellement jusque-là.Dans une lettre ouverte au chef de l'Etat Kabila, plus de 50 ONG congolaises et HRW ont demandé la mise en place "d'une commission d'enquête" pour éviter que "les enquêtes bâclées menées par le passé sur la mort de défenseurs des droits humains et de journalistes en RDC" ne se reproduise à nouveau.Interrogé par l'AFP dimanche après les annonces du ministre de l'Intérieur, le président de l'Observatoire congolais des droits humains (OCDH), Me Jacob Balushi, a estimé que "les responsabilités vont au-delà de ce petit cercle" d'officiers de police mis en cause."C'est le procès de tout un système. Tout le monde suit ce dossier et on veut apaiser les gens", a ajouté Me Balushi, souhaitant "un procès assez rapidement".Philip Alston, rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires de l'ONU, avait estimé vendredi "vraisemblable" la "participation" du gouvernement congolais dans cette affaire.

 

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