Mediator : ministre et autorités sanitaires appellent les patients à consulter

0 21.11.2011 09:35

Les autorités ont repris la main et essayé de limiter les risques en demandant aux personnes ayant pris du Mediator, un médicament pour diabétiques en surpoids qui aurait causé au moins 500 morts, d'aller consulter leur médecin, pour vérifier l'absence d'atteinte cardiaque.Commercialisé en France par les laboratoires Servier de 1976 à novembre 2009, le Mediator (benfluorex), utilisé aussi comme coupe-faim, a été utilisé au total par 5 millions de patients, dont 2,9 millions pendant plus de 3 mois, avant d'être retiré du marché en novembre 2009."L'existence d'un impact n'est pas douteuse, on peut tenir pour certain qu'il y a eu des décès à cause du benfluorex", a affirmé mardi devant la presse Jean Marimbert, directeur général de l'Afssaps (agence de sécurité sanitaire des produits de santé).Le Mediator aurait selon lui causé "au moins 500 morts", selon une estimation "approximative" basée sur une analyse statistique de la Caisse d'assurance maladie. Aux laboratoires Servier qui critiquaient des "hypothèses fondées sur des extrapolations", M. Marimbert a rétorqué: "oui c'est une extrapolation, pas une élucubration".L'Afssaps s'est montrée soucieuse de prévenir un accroissement du nombre des victimes et de limiter l'angoisse des patients.Elle a demandé que les patients ayant pris du Mediator (ou son équivalent générique) pendant au moins trois mois au cours des quatre dernières années de commercialisation du produit (2006-2009) de consulter leur médecin traitant, une recommandation déjà faite en 2009.Trois mois est la durée à partir de laquelle s'accroît le risque de valvulopathie, une atteinte des valves du coeur qui peut être mortelle. En outre le Mediator, selon M. Marimbert, "est particulièrement à risque dans les deux premières années de l'utilisation et pendant les deux ans après la fin du traitement". Par rapport à 2009, le niveau d'alerte va monter d'un cran : la CNAM enverra aux patients concernés une lettre leur demandant de consulter un médecin. La CNAM effaçant ses données nominales au bout de 24 mois, seuls ceux en ayant consommé entre fin 2008 et fin 2009 seront contactés, soit quand même "plusieurs dizaines de milliers de patients", selon M. Marimbert.Le nouveau ministre de la Santé Xavier Bertrand est même allé plus loin, recommandant à "tous ceux qui ont pris du Mediator" de consulter leur médecin traitant.M. Marimbert a défendu par ailleurs son agence de toute gestion trop tardive du dossier.Il a fait valoir qu'elle avait pris des mesures de "limitation du risque" en recommandant aux médecins en 2007 "de ne pas le prescrire comme coupe-faim". Soit, selon le député Gérard Bapt, "huit ans après que son inutilité a été signalée par la commission de pharmacovigilance de l'Afssaps".M. Marimbert a affirmé aussi qu'il y avait eu "un suivi de très longue date" des effets du médicament, qui n'avait fourni avant fin 2008 "qu'un seul cas sûr" de valvulopathie. Faute de signalements, "le risque était difficile à établir", a-t-il dit.Il a fallu que la pneumologue de Brest Irène Frachon - qui devait être reçue mardi après-midi par M. Bertrand - lance l'alerte fin 2008 et que la presse lui donne écho pour que les signalements de cas se multiplient.Cette dernière a exprimé son "grand soulagement" de voir reconnaître ce "désastre sanitaire", après "un silence impressionnant des autorités de santé".Tant M. Bertrand que M. Marimbert ont reconnu qu'on pouvait améliorer l'alerte sanitaire en utilisant les bases de données de la CNAM. "Il faut se donner les moyens d'une meilleure prévention", a dit M. Marimbert.

 

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