Mediator: 116 plaintes déposées au tribunal de Paris

0 21.11.2011 13:35

Le scandale de santé publique sur le médicament Mediator a franchi mardi une nouvelle étape avec le dépôt à Paris de 116 plaintes pour homicides et blessures involontaires, laissant présager le choix de la voie judiciaire plutôt qu'un règlement amiable par les victimes.1O plaintes ont été déposées pour homicide involontaire et 106 pour blessures involontaires par le président de l'association des victimes de l'isoméride et du Mediator (Avim), Dominique-Michel Courtois, accompagné d'une dizaine de victimes présumées au tribunal de Grande Instance Paris."Des centaines d'autres plaintes sont en préparation. Il s'agira de milliers de plaintes", a déclaré l'avocat de l'association bordelaise, Jean-Christophe Coubris.Une première plainte contre le Mediator avait été déposée fin novembre à Nanterre avant que le Parquet de Paris soit saisi.D'autres associations devraient se joindre à cette démarche. UFC-Que Choisir a ainsi annoncé une plainte contre X à Paris "avant jeudi".La justice a ouvert en décembre une enquête préliminaire sur le Mediator, fabriqué par le laboratoire Servier. Un médicament antidiabétique prescrit à quelque cinq millions de Français de 1976 jusqu'à fin 2009, date de son interdiction.Il est accusé d'être à l'origine de la mort de 500 à 2000 personnes selon les estimations, et d'avoir provoqué de graves lésions cardiaques chez des milliers d'autres.A sa sortie du tribunal, Me Coubris a "espéré que l'ouverture d'une information judiciaire et la nomination d'experts ne prendront que quelques semaines" et souhaité qu'"en 2011, on ait un premier éclairage"."La situation est gravissime. Les expertises mettront en évidence les dysfonctionnements que va révéler cette triste affaire", a-t-il dit.Entre autres "dysfonctionnement", le deuxième avocat de l'Avim, Me Philippe Courtois relève l'absence d'étude sur le Médiator, que l'agence européenne avait demandée à Servier en 2002 et qui n'a jamais été faite"."On peut se poser la question des rapports entre les experts et les laboratoires", a-t-il expliqué à la presse en jugeant "pas du tout fiable l'expertise italienne" sur laquelle se base Servier pour calculer le nombre de victimes potentielles.Servier a contesté ces chiffres, son patron et fondateur Jacques Servier évoquant celui de "trois morts".L'Avim espère "une nouvelle étude de recomptage" des victimes, a ajouté Me Philippe Courtois. Car le rapport de l'Igas, dont la publication est attendue d'ici à samedi, "est une enquête administrative qui ne concerne que les rapports des experts avec Servier"."J'espère qu'on va savoir où cela a disjoncté et pourquoi ça a disjoncté", a déclaré le Dr Courtois dont la démarche vise " la sanction pénale éventuelle des responsables et l'indemnisation des préjudices subis par les victimes"."Si ça peut se faire à l'amiable, toutes les voies sont possibles. Je n'y crois pas mais tout peut changer", a-t-il nuancé.Dimanche, Servier s'est dit "prêt à assumer sa responsabilité si elle est engagée" tandis que le président de l'Association d'aide aux victimes des accidents de médicaments, Georges-Alexandre Imbert, a dit rechercher un accord à l'amiable.L'évolution de ce nouveau scandale sanitaire est suivie de près au ministère de la Santé : une réunion du comité de suivi Mediator est prévue mercredi soir autour de Xavier Bertrand.L'Assemblée nationale s'en est aussi emparée. A la demande du PS, une mission d'information parlementaire sur le Mediator, dont les membres doivent être désignés mardi à 19H00.

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