Martine Aubry appelle à une remise à plat de la réforme des retraites

0 18.11.2011 09:14

Martine Aubry a appelé jeudi soir sur France 2 le président Sarkozy à "remettre à plat" la réforme des retraites, sans pour autant demander le retrait pur et simple du projet gouvernemental comme certains au PS le réclament, mais en privilégiant la renégociation.Pour son grand retour médiatique avec "A vous de juger", après sept jours de repos forcé - elle avait dû annuler in extremis la semaine passée cette émission en raison d'un problème oculaire -, la première secrétaire s'est jetée dans le bain des retraites.Le 9 septembre, pour la même émission, elle avait laissé sa place à Ségolène Royal, qui avait alors marqué des points en défendant avec fougue le projet du PS sur les retraites.Cette fois la patronne du PS a demandé au chef de l'Etat "de suspendre les discussions au Sénat, mais aussi de mettre aussitôt les syndicats autour de la table, de remettre tout à plat"."Il faut une réforme des retraites, on est tous d'accord. Pour la faire, il faut discuter, il faut négocier, et il faut surtout la justice", a-t-elle dit, en appelant le gouvernement à "ne pas jouer la politique du pire".Mme Aubry a semblé ainsi donner raison à ceux qui au PS, essentiellement des parlementaires, prônent la renégociation de la réforme et non son retrait pur et simple, comme le porte-parole du parti Benoît Hamon, un des représentants de l'aile gauche du PS.Mardi, la première secrétaire avait demandé le retrait du projet comme Ségolène Royal.Jeudi matin, le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault, avait expliqué que "tout n'(était) pas forcément à rejeter" dans le projet gouvernemental. "On gèle le texte tel qu'il est aujourd'hui", mais sur "les principales mesures, les mesures d'âge (62 ans et 67 ans) qui ne sont pas acceptables" il faut reprendre "les discussions avec les organisations syndicales et patronales", a-t-il fait valoir, demandant d'essayer "de trouver un compromis" car il en va de "l'intérêt général du pays".Même tonalité chez le député-maire d'Evry, Manuel Valls, qui a exhorté ses amis socialistes "à ne pas demander le retrait du projet, parce qu'il faut le remettre à plat et parce qu'il faut une réforme des retraites".Dans le même sens, l'ex-numéro un du parti, François Hollande, avait réclamé mercredi que "la porte du gouvernement s'ouvre et qu'une discussion sur la base du projet actuel puisse se faire avec le gouvernement d'un côté et les partenaires sociaux" de l'autre.Sur ce dossier des retraites, les socialistes ont quelque peine à être d'accord. Et à mesure que les manifestations se succèdent et rencontrent un succès certain, la fracture entre l'aile gauche du parti, et les autres, plus dans la mouvance sociale-démocrate, s'est accentuée.Déjà, au printemps, Martine Aubry avait provoqué des remous au PS lorsqu'elle avait évoqué la possibilité de travailler jusqu'à 62 ans. L'UMP y avait vu l'acceptation d'un report de l'âge légal de départ à la retraite.Elle avait dû expliquer qu'elle parlait de l'âge effectif de départ, et en aucun cas d'une remise en cause des 60 ans, un marqueur politique important pour nombre de militants socialistes.Jeudi, elle a clairement dit que le projet socialiste incluait l'allongement de la durée de cotisations, sujet sur lequel un certain flou avait été entretenu.Martine Aubry a cependant hésité dans son expression, parlant d'âge légal au lieu d'âge effectif de départ, avant de rectifier, et de retraite à taux plein à 65 ans au lieu de retraite sans décote.

 

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