Marine Le Pen consacrée à la tête du Front national

0 21.11.2011 09:42

Marine Le Pen a officiellement succédé dimanche à son père, Jean-Marie Le Pen, à la tête du Front national qu'il dirigeait et incarnait depuis près de 40 ans, en remportant largement, avec plus des deux tiers des voix, la consultation interne au parti.A la tribune du XIVème congrès du mouvement, grand-messe organisée à Tours pour cette succession, Jean-Marie Le Pen, 82 ans, a étreint sa benjamine de 42 ans, après avoir lui-même proclamé les résultats, sous les acclamations des quelque 2.000 militants et cadres de la formation d'extrême droite.Le nom du vainqueur, connu depuis vendredi soir, est sans surprise: Marine Le Pen, qui bénéficiait de tout le poids du soutien paternel et de l'appareil du parti, était archi-favorite face à Bruno Gollnisch, 60 ans. Elle a recueilli 67,65% des voix contre 32,35% à son rival, sur environ 17.000 votants.Dans son premier discours de présidente, Marine Le Pen s'est démarquée de son père pour se faire l'apôtre d'un FN défenseur d'un "Etat fort", laïc et républicain, chargé de défendre les Français contre le "libre-échangisme" et le règne de "l'argent roi"."A l'heure où la crise et la mondialisation font rage, quand tout s'effondre, il y a encore l'Etat", a martelé la nouvelle patronne, n'hésitant pas à invoquer Jean Jaurès, "lui aussi trahi par la gauche du FMI et des beaux quartiers".Loin des valeurs catholiques traditionalistes défendues par une partie du FN, elle a aussi dit que l'Etat devait être "le garant" de "la laïcité", mais pour aussitôt s'en prendre à l'"islamisation", l'un de ses thèmes de prédilection.Elle a été chaudement applaudie quand elle s'est élevée contre les "horaires particuliers dans les piscines pour les femmes musulmanes", "l'introduction d'interdits religieux alimentaires" dans les cantines et la viande "halal".L'insécurité et l'immigration, les deux sujets de prédilection du FN depuis sa création en 1972, ont été assez peu évoqués dans ce premier discours, où les mots de "République" et d'"Etat" sont revenus comme des leitmotiv."Je ne suis pas sûr que Bruno (Gollnisch) partage cette vision de la France, très centrée sur la République", a aussitôt commenté un proche du candidat malheureux, résumant un sentiment largement partagé parmi ses troupes, plus volontiers centrées sur les valeurs traditionnelles de l'extrême droite.Bruno Gollnisch a refusé la vice-présidence que lui proposait Marine le Pen, assurant qu'il souhaitait que la nouvelle équipe ait les "coudées franches" et "fasse ses preuves".Mais dans ce parti souvent miné par les scissions, il a assuré qu'il continuerait "à servir la cause de la défense de l'identité et de l'indépendance de notre nation, et à le faire dans la formation d'évidence la plus apte à organiser ce combat, le Front national".Ovationné par l'assistance, Jean-Marie Le Pen a lui été élu, par acclamations de la salle, "président d'honneur" du mouvement, ce qui lui donne accès à toutes ses instances.Alors que sa fille s'est lancée dans un processus de normalisation de l'image du parti, soucieuse de faire oublier les nombreux dérapages de son père, ce dernier s'est livré à une ultime provocation à résonance antisémite.A propos d'un journaliste de France 24 qui s'est plaint d'avoir été molesté par le service d'ordre du FN il a lâché, furieux: "le personnage en question a cru pouvoir dire que c'est parce qu'il était juif qu'il avait été expulsé... Ca ne se voyait pas ni sur sa carte, ni sur son nez, si j'ose dire".Interrogée sur ce stéréotype éculé, Marine Le Pen, qui fait désormais figure de candidate naturelle du FN pour la présidentielle, a esquivé.

 

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