Manifs de lycéens: les policiers appelés à la retenue par Hortefeux

0 21.11.2011 09:26

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a appelé vendredi les policiers, critiqués pour des faits de violences lors des manifestations de lycéens, à "limiter l'usage de la force" après deux incidents ayant blessé un adolescent à Montreuil et un étudiant à Caen.Un étudiant était hospitalisé à Caen après avoir eu "le boîte crânienne enfoncée" mardi lors d'échauffourées entre policiers, selon son père. Il devrait porter plainte pour violences policières, ce qu'a déjà fait un autre étudiant également blessé.A Montreuil (Seine-Saint-Denis), un adolescent de 16 ans a été blessé à l'oeil jeudi par un tir de flash-ball, au cours d'affrontements avec la police lors d'une manifestation, soulevant une vague d'indignation. Ce lycéen, qui risque de perdre son oeil, devait être opéré vendredi.Cet incident a conduit le préfet de police de Paris à donner la consigne "de ne plus utiliser le flash-ball", a affirmé vendredi le préfet des Hauts-de-Seine Patrick Strzoda, précisant que cette instruction remontait à 11H00 jeudi.La préfecture de police (PP) n'a pas souhaité commenter cette information, soulignant que le préfet de police Michel Gaudin avait rappelé vendredi "les conditions restrictives d'utilisation du flash-ball, tant sur le plan technique que juridique".En fait, selon une source policière, il s'agit d'une "consigne orale de ne pas emporter les flash-ball et les lance-grenades lacrymogènes sur les manifestations".Après l'incident de Montreuil, la maire (Verts) de Montreuil Dominique Voynet a annoncé qu'elle comptait porter plainte pour "violences policières". L'IGS, la police des polices, a été saisie. "Manifestement il y a eu un dérapage policier hier, les élèves étaient très choqués", a estimé Catherine Reby, représentante de la FCPE.Dans un télégramme sur les "manifestations de lycéens et collégiens", le ministre de l'Intérieur a demandé aux préfets, "compte tenu de la spécificité de ce type de manifestations", "d'être particulièrement vigilants sur les conditions d'intervention et de limiter l'usage de la force au strict nécessaire".Le ministre a également salué "l'action des forces de l'ordre qui ont agi avec efficacité, sang-froid et maîtrise".Le président de l'Union nationale lycéenne (UNL), Victor Colombani, 16 ans, a jugé "complètement irresponsable et immature de la part du gouvernement" d'envoyer des forces de l'ordre contre les lycéens. Il a demandé aux lycéens "(de) ne pas rentrer pas dans ce jeu de la violence".De leur côté, les syndicats policiers ont mis en avant le climat difficile entourant ces rassemblements contre la réforme des retraites. Le syndicat Alliance (2e syndicat des gardiens de la paix) a dénoncé "le déferlement de violence" auquel doivent faire face les policiers. Onze d'entre eux ont d'ailleurs été blessés jeudi en Seine-Saint-Denis.Une suspension de l'utilisation du flash-ball laisse toutefois les forces de l'ordre assez dubitatives, selon des sources policières."Nous ce qu'on demande, c'est que les fonctionnaires de police qui doivent intervenir soient équipés de moyens adaptés pour faire face aux situations violentes", a demandé le secrétaire général d'Alliance, Jean-Claude Delage.L'utilisation du flash-ball est soumise à des règles d'utilisation très précises. Selon la législation, il ne peut être utilisé qu'en cas de légitime défense et sans "disproportion entre les moyens de défense et la gravité de l'atteinte"."Avant d'utiliser un flash-ball, les policiers ont déjà subi des assauts, ou reçu des projectiles. On n'utilise pas les flash-ball n'importe comment", a assuré M. Delage.

 

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