Libye: les rebelles prennent Ajdabiya et Brega, avancent vers l'ouest

0 18.11.2011 09:45

Les rebelles ont repris samedi les villes stratégiques d'Ajdabiya et Brega dans l'est de la Libye, leurs premières victoires majeures depuis le début de l'intervention militaire internationale contre les forces du régime de Mouammar Kadhafi il y a une semaine.Les combats les plus durs semblent entretemps se dérouler à Misrata, à 200 km à l'est de Tripoli, où des avions de chasse français ont détruit "au moins" sept appareils militaires libyens pour venir en aide aux rebelles assiégés par les forces pro-Kadhafi.Dans l'Est, forts du soutien militaire aérien international, les insurgés ont repris coup sur coup le contrôle du verrou stratégique d'Ajdabiya, à 160 km au sud de Benghazi, fief de l'opposition, puis de la ville pétrolière de Brega, à 80 km plus à l'ouest, selon des journalistes sur place.Les forces du colonel Kadhafi, confronté depuis le 15 février à une insurrection sans précédent qu'il a tenté de réprimer dans le sang, ont battu en retraite, désertant leurs positions.A la faveur de l'obscurité, elles se sont retirées d'Ajdabiya laissant les rebelles célébrer leur reconquête de la ville en tirant en l'air et klaxonnant."Les affrontements étaient incessants vendredi, puis tout s'est arrêté vers 23H30. Et à minuit, les hommes de Kadhafi sont partis", a déclaré un habitant, Omar Bachi. "Les rebelles sont entrés dans la ville peu après. Il était temps, nous n'avions plus que du riz à manger depuis plusieurs jours".Les combats ont fait neuf morts et neuf blessés, selon la rébellion, alors qu'à l'extérieur de la ville, les corps d'au moins 21 combattants pro-Kadhafi ont été ramassés, selon une source médicale. D'autres corps, certains carbonisés ou disloqués, gisaient encore dans le désert.En fin d'après-midi, les rebelles ont affirmé avoir repris Brega. "Nous sommes dans le centre de Brega. Les forces de Kadhafi ont battu en retraite et seraient désormais à al-Bicher (à 30 km plus à l'ouest) et nous avançons vers cette zone", a déclaré l'un des combattants Abdelsalam al-Maadani.Jusqu'alors désorganisés et peu efficaces, les insurgés ont profité de l'appui aérien de la coalition pour reprendre l'offensive.Les raids ont "préparé le champ de bataille", et des officiers et soldats ayant rejoint la rébellion ont joué un rôle majeur, a expliqué un porte-parole des insurgés à Benghazi, Chamsiddin Abdoulmolah. Ces militaires ont coordonné leurs attaques avec la coalition, entrant en action entre les tirs aériens."Avec la reprise d'Ajdabiya, la tendance est inversée", s'est félicité le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major des armées françaises. "La pression sur la population a baissé dans le secteur de Benghazi et commence à diminuer ailleurs aussi".Le président américain Barack Obama s'est avant lui aussi félicité de l'évolution de la situation, déclarant que la mission internationale en Libye était "ciblée et en train de réussir".Dans l'Ouest, la France a annoncé que ses avions de chasse avaient détruit "au moins" cinq avions de combat Galeb et deux hélicoptères de combat MI-35 des forces pro-Kadhafi à Misrata, troisième ville du pays.Selon un porte-parole des insurgés, la ville était toujours soumise à un "pilonnage intensif" et "des dizaines de francs-tireurs" ont été envoyés terroriser la population. "Il y a eu des morts et des blessés", a-t-il ajouté en appelant à l'aide.Jeudi, un médecin de l'hôpital de Misrata avait fait état de 109 morts et 1.300 blessés en une semaine dans l'offensive des pro-Kadhafi. Le lendemain, un habitant avait évoqué un pilonnage intensif et déclaré qu'une mère et ses quatre enfants avaient été tués.En revanche, selon un responsable du ministère libyen de la Santé, les raids de la coalition ont fait au moins 114 morts et 445 blessés de dimanche à mercredi, essentiellement à Tripoli et dans sa banlieue, bastion des forces pro-Kadhafi.Malgré ses déclarations au ton combatif, le régime Kadhafi s'est dit prêt à accepter un plan africain prévoyant la cessation des combats et un dialogue en vue d'une "transition" démocratique.Mais les rebelles ont rejeté cette initiative. "La seule façon de résoudre ce conflit est que Kadhafi et ses fils soient déférés devant la justice pour crimes contre l'humanité", a déclaré un porte-parole. M. Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, maintient une attitude de défi et refuse de s'en aller.Militaire, l'intervention de la coalition internationale se veut aussi politique, alors que le chef du Conseil national de transition regroupant l'opposition a réaffirmé ne pas vouloir de "forces étrangères" sur le sol libyen.A l'approche d'une première réunion du groupe de contact mardi à Londres, le président français Nicolas Sarkozy a annoncé une initiative franco-britannique en vue d'une solution politique. L'Italie a annoncé qu'elle aussi y présenterait un plan.Sur la conduite des opérations, les pays de l'Otan ont convenu de prendre dans l'immédiat le relais de la coalition pour la zone d'exclusion aérienne, mais pas pour les frappes au sol. Des négociations doivent se poursuivre dimanche pour que l'Otan prenne toutes les opérations en main.

 

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