Libye: les loyalistes progressent, victoire "en vue", selon un des fils de Kadhafi

0 21.11.2011 10:06

Un des fils du dirigeant Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam, a affirmé jeudi que la victoire était "en vue" en Libye, où les forces loyalistes ont gagné du terrain dans leur progression vers l'Est tenu par les rebelles.Tandis qu'une réunion de 48 heures entre l'Otan et l'Union européenne s'est ouverte à Bruxelles sur les moyens, y compris militaires, pour mettre un terme à la crise en Libye, l'Union africaine (UA) a rejeté vendredi toute forme d'intervention militaire étrangère dans ce pays.Confiant dans la situation, Seif al-Islam, a déclaré devant des centaines de jeunes en délire, peu après le début des réunions européennes: "J'adresse un message à nos frères et nos proches à l'Est qui nous envoient chaque jour des appels à l'aide (...) : nous arrivons!"S'adressant aux insurgés, il a assuré que l'Otan, Washington, Paris ou Londres n'allaient "leur servir à rien", martelant: "Je jure devant Dieu que nous allons gagner (...) La victoire est en vue".Face aux attaques des forces loyalistes, le chef du Conseil national libyen, Moustafa Abdeljalil, dont la capture a été mise à prix par le régime, a lancé un appel à l'aide internationale, affirmant que sans celle-ci "Kadhafi anéantira" le pays. Il a notamment réclamé une zone d'exclusion aérienne pour empêcher les raids.Dans l'après-midi, les insurgés fuyaient Ras Lanouf, base la plus avancée des insurgés dans l'Est, située à 650 km de la capitale, sous une pluie de roquettes et d'obus. Au moins quatre personnes y ont été tuées et 35 blessées, selon une source hospitalière.La télévision d'Etat libyenne a annoncé que cette ville stratégique pétrolière avait été "purgée" des insurgés et que les forces pro-Kadhafi se dirigeaient vers Benghazi, fief de l'insurrection plus à l'Est."Nous sommes vaincus. Ils bombardent à coups d'obus et nous fuyons. Cela signifie qu'ils sont en train de reprendre Ras Lanouf", a reconnu un insurgé.A quelques dizaines de kilomètres de là, Ben Jawad a été "complètement" nettoyé selon un officiel libyen.A 40 km à l'ouest de Tripoli, Zawiyah était sous contrôle des pro-Kadhafi, après de violents combats, selon des témoins. Cette ville, qui abrite la principale raffinerie de pétrole alimentant la capitale et l'ouest du pays, était jusque-là le bastion des insurgés le plus proche de Tripoli.En revanche, les rebelles continuaient de contrôler Misrata (150 km à l'est de Tripoli), et plusieurs villes du nord-ouest notamment dans la région montagneuse du Jabal Al-Gharbi, selon des habitants.A Bruxelles l'Otan a passé en revue jeudi les moyens, y compris militaires, de nature à mettre un terme à la crise en Libye avant qu'elle n'échappe à tout contrôle, sans trancher.Mais à Addis Abeba, l'UA, réunie en mini-sommet, a rejeté vendredi toute forme d'intervention militaire étrangère."Le Conseil réaffirme son ferme engagement en faveur du respect de l'unité et de l'intégrité territoriale de la Libye, ainsi que son rejet de toute forme d'intervention militaire étrangère" dans ce pays, a déclaré le commissaire à la paix et à la sécurité de l'organisation, Ramtane Lamamra.La France a de son côté annoncé reconnaître le Conseil national de transition (CNT), mis en place par les représentants de l'insurrection et basé à Benghazi, comme le seul "représentant légitime du peuple libyen".Le président français, Nicolas Sarkozy, et le Premier ministre britannique, David Cameron, ont demandé dans un courrier commun à l'Union européenne de considérer le CNT comme "un interlocuteur politique valable", estimant que "Kadhafi et sa clique doivent partir".Ils se sont par ailleurs dits "prêts à apporter un soutien dans toutes les éventualités" qui "pourrait inclure une zone d'exclusion aérienne".Les Etats-Unis ont décidé quant à eux de "suspendre" les liens avec l'ambassade de Libye à Washington et annoncé l'envoi d'équipes humanitaires dans l'est du pays.Pour le directeur national du renseignement (DNI) américain, James Clapper, le régime Kadhafi "l'emportera" avec le temps, car les rebelles "sont engagés dans une bataille difficile".La secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, a informé le Congrès américain qu'elle rencontrerait des opposants libyens lors d'un voyage au Caire et à Tunis la semaine prochaine, son premier déplacement dans ces pays depuis le début des révoltes arabes.Les monarchies arabes du Golfe ont estimé pour leur part que le régime du colonel Kadhafi était "illégitime" et que des contacts devaient être établis avec les insurgés.Saluant la décision de la France, devenue le premier pays à le reconnaître comme seule autorité légitime en Libye, le CNT a invité les autres pays de l'UE à suivre son exemple.Pour le président du Comité international de la Croix-Rouge, Jakob Kellenberger, il faut se "préparer au pire", alors que les combats ont fait des centaines de morts et poussé à la fuite plus de 250.000 personnes, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).Les trois soldats néerlandais détenus depuis le 27 février par le régime libyen ont été libérés et ont quitté Tripoli à bord d'un avion militaire grec qui a atterri à Athènes tôt vendredi matin.Les exportations libyennes de pétrole sont tombées "bien en dessous" de 500.000 barils par jour, contre 1,2 million en temps normal, a annoncé l'Agence internationale de l'énergie.

 

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