Libye: l'après-Kadhafi discuté à Londres, les rebelles reculent à l'Est

0 21.11.2011 10:03

Un "groupe de contact" sur la Libye a affiché son unité mardi à Londres autour du constat que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi devait partir, mais sur le terrain, les forces du dirigeant libyen ont réussi à faire reculer les rebelles dans l'Est.A Londres, une quarantaine de pays et d'organisations régionales sur la Libye ont confirmé officiellement la création d'un "groupe de contact" chargé du pilotage politique de l'opération internationale dont l'Otan doit prendre en main le volet militaire jeudi à 6H00 GMT."Kadhafi et son régime ont perdu toute légitimité et seront tenus responsables de leur action", a insisté le communiqué final, tout en précisant que "seuls les Libyens" pouvaient choisir leur avenir."La condition préalable (pour la sortie de crise), c'est qu'il quitte le pays" a assuré le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini."Il doit partir", a renchéri le Premier ministre Qatari Cheikh Hamad Ben Jassem, dont le pays -- seule nation arabe à participer aux frappes avec les Emirats arabes unis -- a accepté d'accueillir la première réunion du groupe de contact.A l'ouverture de la réunion, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, avait prévenu: les frappes de la coalition continueront "jusqu'à ce que Kadhafi remplisse pleinement les conditions de la résolution de l'ONU", soit un cessez-le-feu immédiat et un accès pour l'aide humanitaire.En marge de la réunion, le Conseil national de transition (CNT), formé par l'opposition libyenne, a enregistré plusieurs avancées. Mahmoud Jibril, son responsable des affaires internationales, a rencontré les ministres des Affaires étrangères américaine, britannique et français.Un émissaire américain était attendu mardi ou mercredi à Benghazi, fief de la rébellion, où un diplomate français, Antoine Sivan, a pris ses fonctions en fin de journée auprès de l'opposition libyenne.Ainsi conforté, le CNT a promis des "élections libres et justes" et souligné ses "aspirations à un Etat uni, libre et moderne". Il a aussi insisté pour que "les crimes" commis par le colonel Kadhafi ne restent "pas impunis".Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré que la France était prête à discuter avec ses alliés d'une aide militaire aux rebelles, tout en reconnaissant que ce n'était pas prévu par les récentes résolutions de l'ONU.Selon l'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, Washington n'exclut pas non plus d'armer les rebelles. Un porte-parole du CNT à Benghazi a d'ailleurs déclaré que la rébellion cherchait à se procurer des armes lourdes auprès de "nations amies".Dans la matinée, Mouammar Kadhafi a appelé la coalition à arrêter son "offensive barbare et injuste contre la Libye" entamée le 19 mars pour tenter de mettre fin à plus d'un mois de répression d'une révolte populaire entamée le 15 février.Mardi en fin d'après-midi, des avions ont survolé Tripoli et de fortes explosions ont secoué la ville peu après, selon un journaliste de l'AFP.Deux détonations ont résonné à trois minutes d'intervalle vers 16H30 GMT dans le secteur de la résidence du colonel Kadhafi. Et sept fortes détonations ont retenti à Tajoura, un secteur visé presque chaque jour par la coalition. Selon des témoins, un site de radars a été touché.A 200 km plus à l'est, les forces pro-Kadhafi continuaient de progresser dans Misrata, ville rebelle assiégée par l'armée régulière, selon les rebelles à Benghazi, qui redoutaient "un massacre".Un médecin de l'hôpital de la ville joint par téléphone a déclaré que l'offensive avait déjà fait au moins 142 morts et 1.400 blessés depuis le 18 mars. Un ferry turc était en route pour Misrata pour évacuer des blessés.Dans l'Est, après avoir rapidement progressé ces derniers jours, les rebelles visaient Syrte, la ville natale de Mouammar Kadhafi, mais ils ont reculé, sous le feu des forces régulières, à plus d'une centaine de kilomètres de leur objectif, selon des journalistes de l'AFP.Aucun missile air-sol n'a frappé l'armée libyenne sur la route de Syrte depuis plus de 24 heures. Or, l'appui aérien est essentiel pour les rebelles, qui ressemblent davantage à des manifestants en armes qu'à une force combattante."L'Otan, ce n'est pas bon. Ils ne veulent pas nous aider (...). Nous ne voulons que la France et l'Angleterre. Eux, ce sont les vrais amis de la Libye. Ils attaquent les hommes de Kadhafi avec leurs avions", a déclaré Ramadan Berki, vendeur de vêtements à Benghazi et volontaire de la rébellion.L'amiral James Stavridis, commandant des forces américaines en Europe, a déclaré mardi que l'Otan n'avait "pas de représentant" en Libye pour assurer une liaison avec les rebelles. Lundi, le Pentagone avait reconnu ne "pas savoir" grand-chose des rebelles.Selon le Pentagone, l'opération a déjà coûté 550 millions de dollars à l'armée américaine.Plus de 330.000 personnes ont déjà fui les violences en Libye, et environ 9.000 de ces déplacés étaient encore bloqués aux frontières avec l'Egypte et la Tunisie, selon l'ONU, qui a également évoqué la présence de "bateaux en détresse" en Méditerranée, avec à leur bord des personnes fuyant les combats.

 

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