Libye: la guerre n'est pas finie, les rebelles peinent vers Syrte

0 21.11.2011 09:30

La guerre en Libye n'est pas finie et des opérations sont encore nécessaires pour venir à bout du régime libyen, a reconnu la coalition alors que sur le terrain les rebelles peinent dans la région de Syrte, une des dernières poches de résistance des pro-Kadhafi. Mouammar Kadhafi se trouverait à 100 km au sud-est de Tripoli, à Bani Walid, avec ses fils Saadi et Saïf al-islam, a indiqué lundi l'agence de presse italienne Ansa, qui cite des "sources diplomatiques libyennes autorisées".Par ailleurs, le ministère algérien des Affaires étrangères a annoncé que l'épouse et trois enfants de l'ex-chef de la révolution libyenne étaient entrés lundi en territoire algérien, sans fournir d'indications sur le dirigeant en fuite."La guerre n'est pas finie" et plus d'aide est nécessaire pour venir à bout du régime de Mouammar Kadhafi, ont estimé lundi les chefs d'état-major des pays engagés militairement en Libye.Des opérations communes sont toujours nécessaires pour éliminer "les restes" du régime libyen, ont-ils indiqué dans un communiqué depuis Doha où ils sont réunis.Lors de cette même réunion, Moustapha Abdeljalil, le président du Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, a affirmé que le colonel Kadhafi représentait toujours "un danger", en particulier quand il appelle dans ses discours ses partisans à se soulever.Selon un autre responsable libyen, Jalal al-Deghili, la coalition peut encore aider à "rétablir la sécurité et éliminer les cellules dormantes et les restes du régime de Kadhafi". L'Otan, qui dirige les opérations depuis le 31 mars, a rappelé que son mandat courait jusqu'au 27 septembre. Les frappes se sont poursuivies ces derniers jours, notamment dans la zone de Syrte, région d'origine de Mouammar Kadhafi où celui-ci aurait pu trouver refuge.A Tripoli, la situation était calme lundi mais les conditions de vie se déteriorent.L'Union européenne a annoncé avoir débloqué 10 millions d'euros pour des opérations humanitaires d'urgence dans la région de Tripoli, et avoir ouvert un bureau d'aide humanitaire sur le terrain.Les habitants souffrent d'un manque d'eau pour le deuxième jour consécutif et les ingénieurs envoyés pour réparer les installations dans des "zones éloignées" de la capitale se heurtaient aux soldats pro-Kadhafi.Faysal Gargab, membre de l'équipe chargé de la distribution d'eau, a indiqué que "la sécurité se détériorait" autour des puits et que "les ingénieurs ont dû fuir parce les soldats pro-Kadhafi menaçaient", a-t-il dit. En revanche, plusieurs camions-poubelles ont réussi à sillonner la ville lundi pour la première fois depuis que Tripoli est tombée aux mains des rebelles, il y a plus d'une semaine.Les combats se concentrent désormais vers Syrte. La ville de 120.000 habitants à 360 km à l'est de Tripoli est prise en étau entre des forces rebelles positionnées à 30 km à l'ouest et 100 km à l'est. Leur progression était à nouveau stoppée après une avancée dimanche.Des négociations sont en cours avec les leaders tribaux de Syrte en vue d'une reddition de la ville, selon diverses sources. Mais un porte-parole des rebelles a prévenu qu'elles ne dureraient pas éternellement et que faute d'un accord rapide, la situation serait réglée par les armes.Dans l'Ouest en revanche, les insurgés sont apparemment tombés dans un piège tendus par les loyalistes, qui ont leur fait croire qu'ils avaient quitté la localité de Ragdaline, à une soixantaine de kilomètres à l'est de la Tunisie, avant de les combattre pendant des heures avec acharnement."Je ne comprends pas. Pourquoi est-ce qu'ils continuent de se battre ? Ils ne regardent peut-être pas la télévision. Ils devraient savoir que l'ère de Kadhafi, c'est terminé", s'est étonné un jeune combattant rebelle, Agraw Assiny.Un bateau transportant des dizaines de ressortissants étrangers fuyant Tripoli est arrivé lundi à Malte, avec à bord notamment quatre journalistes enlevés durant 24 heures la semaine dernière ainsi qu'un ancienne petite amie d'un des fils de Mouammar Khadafi.Le sort de nombreuses centaines de prisonniers, aux mains des rebelles, commençait à créer des inquiétudes parmi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).Steven Anderson, porte-parole du CICR a indiqué à l'AFP que les rebelles détiennent des "centaines" de prisonniers, dont de nombreux étrangers provenant notamment d'Afrique sub-saharienne. La rébellion a cependant assuré qu'ils étaient bien traités.Sur le plan diplomatique, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a souligné que "seule l'intervention militaire de la communauté internationale a permis d'éviter un véritable bain de sang, et, dans le cadre de la légalité internationale, de protéger les populations civiles menacées".La France a annoncé la réouverture de son ambassade, qui avait été évacuée en février. La Grande Bretagne prépare de son côté la réouverture de la sienne, à une date non précisée.Au niveau économique, le groupe pétrolier italien Eni a signé lundi un accord avec le CNT pour reprendre ses activités dans le pays et fournir des hydrocarbures à la population libyenne.Selon les termes de cet accord, Eni aidera le CNT à évaluer l'état des infrastructures énergétiques afin de définir les interventions nécessaires au redémarrage des activités de production.

 

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