Libye: Clinton à Tripoli et combats intenses à Syrte

0 21.11.2011 10:06

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a promis mardi à Tripoli le soutien de son pays aux autorités libyennes qui disent craindre que Mouammar Kadhafi reprenne le pouvoir grâce aux Touareg du Sud désertique.Cette visite, la première d'un responsable américain de ce rang en Libye depuis 2008, intervient au moment où des combats féroces font rage à Syrte, dernier bastion du régime déchu au lendemain de la chute de Bani Walid."Les Etats-Unis sont fiers d'avoir été à vos côtés dans votre combat pour la liberté et continueront à le faire si vous continuez ce voyage, en respectant votre souveraineté", a-t-elle déclaré.Alors qu'on lui demandait si les Etats-Unis coopéreraient avec des islamistes, Mme Clinton a indiqué que Washington "soutiendrait un processus de démocratisation qui respecte la loi, (...) le droit des minorités et des femmes" et qui autorise une presse libre."Un des éléments qu'il faut régler est l'unification des différentes milices dans une seule armée qui représente le peuple libyen", a-t-elle par ailleurs souligné, alors qu'on l'interrogeait sur les risques de guerre civile après que des tensions sont apparues entre différentes brigades ayant libéré le pays."Placer une armée nationale et une force de police sous commandement civil est essentiel", a-t-elle ajouté.Au cours de cette visite éclair, Mme Clinton a rencontré le président du Conseil national de transition (CNT) Moustapha Abdeljalil, son "Premier ministre" Mahmoud Jibril ainsi qu'Ali Tarhouni, ministre des Finances et du Pétrole. Elle s'est aussi rendue dans un hôpital et à l'université de Tripoli."La chose la plus importante à faire maintenant est de s'assurer que Kadhafi et son régime ne puissent plus perturber la nouvelle Libye", a-t-elle déclaré, devant des étudiants."Nous espérons qu'il sera capturé ou tué bientôt, ainsi vous n'aurez plus à avoir peur de lui et vous pourrez aller de l'avant", a-t-elle souligné, en écho aux inquiétudes exprimées par le "Premier ministre" libyen.M. Jibril a affirmé que le colonel Kadhafi, en fuite depuis la chute de son QG à Tripoli le 23 août, planifiait de reprendre le pouvoir grâce à l'aide des Touareg, dans un entretien au quotidien à capitaux saoudiens Asharq al Awsat."Je crois fermement qu'il (Kadhafi) tente de revenir au pouvoir avec l'aide des tribus Touareg dans le nord du Niger, le sud de la Libye et le sud de l'Algérie et du Mali, a déclaré M. Jibril.Selon lui, le colonel Kadhafi va soit "déstabiliser le nouveau régime en Libye, soit proclamer un Etat séparatiste dans le sud qu'il nommera ce qu'il voudra: 'les Touareg', le 'Sud', 'la Grande Afrique'".D'après lui, l'ex-leader se déplace en permanence entre le Sud libyen, le nord du Niger et l'Algérie et son entourage a recruté entre 10.000 et 15.000 hommes de la région du Darfour (Soudan) et des Al-Rachayda --une importante tribu du Soudan-- pour combattre auprès de lui.A Syrte (360 km à l'est de Tripoli), dont le CNT attend la chute pour proclamer la "libération totale" de la Libye, les combats ont redoublé d'intensité mardi autour des deux quartiers toujours aux mains des pro-Kadhafi.Les combattants du CNT positionnés en lisière des quartiers "Dollar" et "N°2" pilonnaient la zone à l'arme lourde, tandis que d'autres s'engageaient dans des combats de rue.Les pro-Kadhafi répliquaient, avec des rafales à la mitrailleuse, a constaté une journaliste de l'AFP. "Il y a tellement de tireurs embusqués, c'est très dangereux", a crié un membre des forces du CNT."Nous avons avancé, nous encerclons les quartiers (Dollar et N°2) depuis l'est, l'ouest et le sud", a expliqué un autre combattant sur le front Est."Avant, nous avions des problèmes de coordination entre (combattants venus de) Misrata et Benghazi, mais depuis qu'ils (nos commandants) se sont réunis il y a deux jours, les combats sont bien mieux organisés", selon son camarade Abdel Bassit Hadia, de Misrata.Sur le front Est, les forces du CNT ont perdu au moins onze hommes, notamment Moustapha ben Dardef, un homme d'affaires de Benghazi devenu un populaire commandant anti-Kadhafi.Deux autres décès ont été enregistrés dans l'hôpital de campagne du front Ouest. Au total, plus d'une centaine de pro-CNT ont été blessés sur ces deux fronts.A 170 km au sud-est de Tripoli, le drapeau des nouvelles autorités flottait par ailleurs dans les rues désertées de Bani Walid, passée la veille sous le contrôle des forces du CNT, après plus d'un mois de siège.Des forces d'une importante brigade ayant libéré Ban Walid devaient se rendre à Syrte pour prêter main forte à leurs camarades, a dit Moussa Younès, chef des forces du CNT dans cette ville.Dans ce contexte, l'Otan, qui a pris le 31 mars la tête de la coalition internationale en Libye, a indiqué ne pas être encore prête à annoncer la fin de sa mission, les combats persistant dans "une zone très réduite"."Il est prématuré de fixer une échéance car il existe encore des menaces contre la population civile", a déclaré l'une des porte-parole de l'Alliance, Carmen Romero.

 

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