Libye: Ajdabiya, ville clé avant Benghazi, menacée par les pro-Kadhafi

0 21.11.2011 09:59

La ville clé d'Ajdabiya se préparait à subir un assaut des forces de Mouammar Kadhafi qui avancent sur la "capitale" des rebelles Benghazi, les Occidentaux se concertant toujours lundi pour trouver une issue, à près d'un mois d'une insurrection sanglante en Libye.Benghazi, fief de l'insurrection situé à 160 km au nord d'Ajdabiya, pourrait vite se retrouver menacée, les forces gouvernementales ayant repris l'une après l'autre plusieurs villes aux rebelles, notamment Brega dimanche, à coups d'artillerie lourde et de raids aériens.Pressés par les rebelles de leur venir en aide et surtout d'empêcher le colonel Kadhafi d'utiliser son aviation, les Occidentaux et les Russes se concertaient lors d'une réunion des chefs de la diplomatie du G8, au sujet notamment de l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne.Mais le temps semble jouer en la défaveur des rebelles, l'armée libyenne ayant annoncé dimanche qu'elle était en marche "pour purger" l'ensemble du pays.La ligne de front se déplace davantage vers l'Est. A 6 km à l'ouest d'Ajdabiya, désormais en première ligne, des rebelles sur place ont affirmé à l'AFP que quatre obus étaient tombés à proximité d'un rond-point, faisant cinq blessés selon un médecin à l'hôpital de la ville.Un officier de l'aviation libyenne ayant rejoint l'insurrection, Jamal Mansour, a indiqué qu'il s'agissait de raids aériens menés par des bombardiers Sukhoï 24, de fabrication russe.Sur la route entre Ajdabiya et Benghazi, de nombreux civils fuyaient à bord de camionnettes chargées de valises, de sacs et de matelas."Les forces de Kadhafi pratiquent la politique de la terre brûlée", a affirmé le colonel Mansour, dans un bâtiment autour duquel sont déployés des pick-up équipés de canons anti-aériens.A Benghazi, deuxième ville du pays à un millier de kilomètres à l'est de Tripoli, l'euphorie des premières semaines de la révolte a fait place à l'inquiétude, et les regards sont tournés vers l'étranger.Mais, divisés sur les moyens de mettre un terme à la répression --bombardements, zone d'exclusion aérienne, fourniture d'armes à l'opposition-- les Occidentaux sont pris de vitesse par les victoires du régime sur le terrain.La zone d'exclusion aérienne, réclamée avec force par les rebelles et soutenue par la Ligue arabe, la France et la Grande-Bretagne, ne semble pas convaincre la Chine ni la Russie qui estime que des "questions fondamentales" restent à régler avant de mettre en oeuvre cette proposition.Le chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a dépêché une mission à Benghazi. Son objectif a été "de collecter des informations et d'évaluer la situation en vue de soutenir la planification de précaution qui est en cours pour répondre à la crise libyenne", a précisé une porte-parole de Mme Ashton.Un diplomate européen a précisé à l'AFP "que la zone d'exclusion aérienne faisait partie de la planification de précaution" adoptée par les Occidentaux."Si les forces de Kadhafi sont aux portes de Benghazi et qu'il n'y a pas de zone d'exclusion aérienne, bien sûr qu'on se battra", a déclaré Abdelhafez Ghoqa, porte-parole du Conseil national de transition libyen (CNT) qui représente l'opposition et siège à Benghazi."On peut s'attendre à tout d'un homme comme Kadhafi, mais nous ferons le maximum pour gagner", a-t-il affirmé, en réponse à une question sur un éventuel bombardement de Benghazi.Le président des Etats-Unis a renouvelé sa mise en garde au dirigeant libyen: "M. Kadhafi a perdu sa légitimité et il faut qu'il parte", a déclaré Barack Obama, qui a estimé que la communauté internationale devait "parler fermement contre toute violence dirigée contre les civils".La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, qui entamait lundi une tournée en Europe, en Tunisie et en Egypte, prévoit de rencontrer à Paris Mahmoud Jibril, chargé des affaires internationales par le CNT.La répression sanglante de l'insurrection a fait des centaines de morts et poussé à la fuite plus de 250.000 personnes.Dans l'Ouest, les rebelles contrôlaient toujours Misrata (150 km à l'est de Tripoli), mais des tirs d'armes automatiques résonnaient aux abords de la ville, selon un habitant.Les forces du colonel Kadhafi ont pris par ailleurs le contrôle du centre de Zouara (120 km à l'ouest de Tripoli), après des affrontements avec les insurgés ayant fait au moins un mort.A Tripoli, elles réprimaient toute opposition "avec brutalité", à coups d'arrestations arbitraires, de disparitions forcées, voire de tortures, selon l'organisation Human Rights Watch.Le ministre libyen des Affaires étrangères, Moussa Koussa, s'est entretenu avec le nouvel émissaire de l'ONU pour la Libye, le Jordanien Abdul Ilah Khatib, en présence de Rachid Khalikov, le coordinateur des affaires humanitaires de l'ONU pour la Libye, a rapporté l'agence Jana. Une nouvelle rencontre est prévue mardi.L'armée libyenne a annoncé que les soldats ayant rejoint les insurgés seront "graciés" s'ils se rendent, selon la télévision d'Etat. Le colonel Kadhafi a par ailleurs invité les firmes chinoises, russes et indiennes à venir exploiter le pétrole, après le départ de la majorité des compagnies étrangères. La compagnie Total a récemment indiqué que la production libyenne était passée de 1,4 million à 300.OOO barils par jour.

 

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