Libre, Roman Polanski fait sa première apparition à Montreux pour un concert de sa femme

0 21.11.2011 09:52

Roman Polanski "heureux d'être libre" a fait samedi sa première apparition en public à Montreux et à la télévision où il a remercié sa famille et les Suisses pour leur soutien, cinq jours après le refus de Berne d'extrader le réalisateur vers les Etats-Unis.Le réalisateur du "Pianiste", âgé de 76 ans, a assisté samedi soir à un concert de son épouse Emmanuelle Seigner qui se produisait en première partie de la soirée de clôture du Festival de jazz de Montreux (ouest de la Suisse).A son arrivée au Centre de Congrès de la petite ville du bord du Lac Léman, un service d'ordre musclé a empêché journalistes, photographes et cameramen d'approcher le cinéaste, dont c'était la première apparition dans un lieu public depuis la levée lundi de son assignation à résidence dans son chalet de Gstaad.M. Polanski est arrivé à l'arrière d'un 4x4 aux vitres fumées en compagnie du patron et fondateur du Festival de jazz de Montreux, Claude Nobs. Le véhicule s'est arrêté à la porte d'un monte-charge, dans lequel M. Polanski s'est engouffré tandis que des vigiles faisaient rempart.Son épouse avait auparavant déclaré à la Radio suisse romande (RSR) être "très heureuse qu'il soit là ce soir car il n'a pas encore vu mon concert". Emmanuelle Seigner a ouvert son spectacle par une chanson reprenant "le thème de Rosemary's Baby", le film-culte qui a lancé Roman Polanski en 1968, comme elle l'a précisé à un public clairsemé et peu convaincu par sa performance. Aucune autre allusion à la présence du cinéaste n'a été faite par la chanteuse et actrice, pas plus que par Claude Nobs, venu sur scène lui offrir un énorme bouquet de fleurs à sa sortie de scène. Roman Polanski est d'ailleurs resté invisible aux yeux des spectateurs et des journalistes qui scrutaient dans la pénombre les rangs de la tribune d'honneur et des loges. Dans un entretien diffusé samedi soir à la télévision helvétique, le réalisateur franco-polonais a déclaré garder "une grande amitié pour la Suisse" en dépit de son arrestation sur demande des Etats-Unis le 27 septembre dernier à Zurich.Il a également remercié "ces milliers de gens qui n'ont pas cessé d'adresser leurs messages de soutien durant ces neuf longs mois" et qui lui ont apporté bouteilles de vin et bouquets de fleurs.Visiblement reposé, l'air décontracté, le cinéaste a raconté à la télévision suisse que son fils Elvis a coupé le bracelet électronique que les autorités helvétiques lui avaient imposé comme mesure de sécurité. M. Polanski a assuré qu'il aurait pu facilement s'évader. "Si j'y avais pensé je l'aurais fait, parce que c'était extrêmement facile. Le bracelet électronique (...) ne pouvait pas empêcher ça, si près de la frontière française. Les gens savaient que jamais je ne ferais ça", a-t-il assuré."Pour le moment, je suis heureux d'être libre et de pouvoir me consacrer aux choses qui m'ont été défendues", a-t-il ajouté.La Suisse a refusé lundi d'extrader le cinéaste franco-polonais Roman Polanski vers les Etats-Unis, où il a eu en 1977 des relations sexuelles avec une mineure âgée de 13 ans.Le réalisateur du "Pianiste" avait été arrêté sur mandat international américain le 27 septembre à son arrivée à Zurich pour un festival de cinéma.Roman Polanski avait pu quitter la prison de Winterthour (canton de Zurich) le 4 décembre pour être assigné à résidence dans son chalet de Gstaad contre une caution de 4,5 millions de francs suisses (trois millions d'euros).Il est totalement libre de ses mouvements en Suisse depuis la décision des autorités helvétiques de rejeter la demande américaine.

 

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