L'Etat ne veut pas laisser le fiasco Renault sans suites

0 21.11.2011 13:34

Le gouvernement ne veut pas laisser sans suites le scandale de faux espionnage chez Renault et, sans réclamer des têtes, met sous pression la direction du groupe, dont les excuses aux trois cadres licenciés à tort n'ont pas suffi à éteindre les critiques.L'Etat est le premier actionnaire du constructeur automobile, à hauteur de 15%. Le porte-parole du gouvernement François Baroin a eu des mots très durs pour fustiger mardi la gestion catastrophique de l'affaire."On ne pourra pas laisser cela sans suite (...) Je trouve anormal qu'une immense entreprise comme celle-ci ait basculé dans un amateurisme et une affaire de Bibi Fricotin et de barbouze de troisième division", a-t-il dénoncé.Le ministre de l'Industrie Eric Besson a salué le fait "que le président de Renault ait présenté tout de suite ses excuses publiques". Mais, a-t-il poursuivi, "ce n'est pas la fin de cette histoire interne".Selon lui, un audit "va permettre de connaître les responsabilités exactes dans l'entreprise". Ses conclusions doivent être présentées le 28 avril au conseil d'administration du constructeur, au sein duquel siègent deux représentants de l'Etat.Interrogée sur ces critiques, la direction de Renault n'a souhaité faire "aucun commentaire". Une porte-parole du groupe a confirmé que les conclusions d'un "chantier de refonte de gouvernance de Renault" annoncé lundi et conduit par les numéros un et deux du groupe Carlos Ghosn et Patrice Pelata seraient présentées le 28 avril "au plus tard", à la veille d'une assemblée générale.Selon elle, l'audit interne qui est en cours depuis janvier devrait alimenter ce "chantier".Deux mois après avoir licencié avec fracas trois cadres dirigeants accusés d'avoir monnayé à l'étranger des secrets sur son programme phare de voitures électriques, Renault a dû reconnaître lundi que l'affaire était probablement montée de toutes pièces.Le PDG Carlos Ghosn a proposé de réintégrer les trois salariés victimes, leur a promis une indemnisation "à la hauteur du préjudice" subi et a annoncé une refonte des procédures de sécurité interne.M. Ghosn, qui avait évoqué fin janvier des "preuves multiples" contre les cadres licenciés, n'a pas expliqué lundi comment le constructeur s'est laissé berner, se bornant à annoncer des "procédures disciplinaires" contre trois responsables de la sécurité du groupe.Un responsable de la sécurité, Dominique Gevrey, ancien militaire, mis en examen pour "escroquerie", dort en prison depuis dimanche.Mardi, la pluie de critiques a continué. "Quand un salarié fait une erreur, fait une faute dans une entreprise, il n'a pas à s'excuser, il est dehors, alors moi je dis simplement que Carlos Ghosn doit en tirer un peu plus de conséquences", a déclaré la première secrétaire du PS Martine Aubry."Si quelqu'un doit payer, ce sont les responsables de Renault", a aussi estimé Alain Gueguen, délégué du syndicat Sud. La CGT a dénoncé "l’arrogance, la suffisance et le dogmatisme" des dirigeants, tout en se refusant à réclamer des têtes.Carlos Ghosn a refusé lundi la démission de Patrick Pélata tandis que François Baroin estimait que la démission des dirigeants n'était "pas le sujet aujourd'hui".Pour autant, l'affaire ne risque pas d'améliorer les relations souvent tendues entre l'Etat et la direction du deuxième constructeur français.Furieux d'en avoir été informé tardivement, Eric Besson avait indiqué en janvier à l'AFP avoir eu une explication "franche et directe" avec M. Pélata.Il y a plus d'un an, l'hypothèse de la délocalisation de la production de la Clio 4 en Turquie avait valu à M. Ghosn d'être convoqué à l'Elysée par Nicolas Sarkozy.

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