Les habitants de Tripoli terrés chez eux, situation "excellente" selon le pouvoir

0 21.11.2011 09:53

Des Libyens terrés chez eux à Tripoli où des miliciens pro-Kadhafi patrouillent dans la rue, des mercenaires héliportés à Misrata, la 3e ville du pays, l'Est aux mains de l'opposition: le face à face perdurait samedi en Libye où la situation est "excellente" selon le pouvoir. Interrogé par la chaîne satellitaire Al-Arabiya au 12e jour d'une révolte sans précédent, Seif Al-Islam, fils du colonel Mouammar Kadhafi et longtemps présenté comme son successeur probable, a estimé que la situation était "excellente" dans les trois-quarts du pays.Seif Al-Islam a cependant reconnu qu'il y avait une "volonté intérieure de changement", soulignant par ailleurs que les manifestants étaient "manipulés par l'étranger".Sur le terrain diplomatique, la pression s'accentuait, le président américain Barack Obama déclarant notamment que Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, devait "partir maintenant" car il avait perdu la légitimité pour rester à la tête du pays.Alors que la région orientale pétrolifère est aux mains de l'opposition armée qui met en place une nouvelle administration, les rues de la capitale étaient quasi-désertes samedi. Seuls circulaient, à bord de 4X4, des miliciens armés loyaux au colonel Kadhafi, au lendemain de tirs contre des manifestants dont six au moins ont péri, selon un témoin.Les habitants s'aventurent parfois dans les rues pour acheter du pain ou se rendre dans les stations-service. "A part cela, les gens sont terrés chez eux", a-t-il dit. Les hôtels de luxe ont fermé ou ont évacué leur personnel.Après le discours de M. Kadhafi la veille à Tripoli appelant ses partisans à s'armer pour attaquer les opposants, "des rumeurs avaient circulé sur une attaque possible des hommes du leader libyen", selon ce témoin, qui dit être en contact avec d'autres Libyens dans plusieurs villes du pays."Mais la nuit a été calme, des partisans armés du guide tapaient simplement aux portes dans certains quartiers pour dire aux gens de rester chez eux", a-t-il dit, précisant que des chars sont déployés sur les routes conduisant à Tripoli et en contrôlent l'accès.A 120 km à l'ouest de la capitale, la situation est toujours tendue à Zouara. Les forces pro-Kadhafi, qui ont disparu des rues, encerclent la cité, a-t-il indiqué. Jeudi, des témoins fuyant la ville avaient indiqué que Zouara était aux mains des insurgés.A l'est de Tripoli, des "mercenaires" à la solde du régime ont été héliportés à Misrata (150 km de Tripoli) où ils ont ouvert le feu sur le bâtiment de la radio locale et des manifestants se rendant aux funérailles de victimes des jours de combats de ces derniers jours, a constaté un habitant, partisan de l'opposition, joint par téléphone.Dans son interview, Seif Al-Islam a qualifié de "mensonge" la présence de mercenaires à la solde du régime.A Benghazi, fief de l'opposition à 1.000 km à l'est de la capitale, l'opposition continuait de s'organiser."Nous coordonnons les comités des villes libérées et de Misrata. Nous attendons que Tripoli en finisse avec le régime de Kadhafi (...) et ensuite, nous travaillerons à un gouvernement de transition", a déclaré à l'AFP Abdelhafiz Ghoqa, le porte-parole de la "Coalition révolutionnaire du 17 février", précisant qu'une conférence de presse se tiendrait dimanche après-midi à Benghazi sur la situation."Des volontaires partent tous les jours pour Tripoli" pour se battre, a-t-il ajouté.A New York, les quinze pays membres du Conseil de sécurité se penchaient sur un projet de résolution qui avertit Mouammar Kadhafi qu'il pourrait être poursuivi pour crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI).Le bilan des violences cependant restait difficile à évaluer. Le secrétaire général de l'ONU a parlé d'un millier de morts.Le projet de résolution prévoit notamment un embargo sur la vente d'armes à la Libye, une interdiction de voyage pour le colonel Kadhafi et un gel de ses avoirs.Critiqué à l'étranger, attaqué de toutes parts par une opposition armée qui contrôle désormais plusieurs villes, le "guide" libyen a pris la parole vendredi soir devant une foule de plusieurs centaines de partisans dans le centre de Tripoli. "Nous allons nous battre et nous les vaincrons", a-t-il lancé.Le pouvoir libyen semblait cependant de plus en plus isolé, lâché par ses pairs arabes et plusieurs proches et diplomates, dont les ambassadeurs libyens à Paris, Lisbonne, Genève et à l'Unesco, ainsi que Kadhaf al-Dam, proche conseiller et cousin de M. Kadhafi.Face au chaos, les évacuations des différents ressortissants étrangers continuaient dans des conditions difficiles. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont déjà quitté le pays.Faute de pouvoir assurer la sécurité de leurs diplomates, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont suspendu les activités de leur ambassade.

 

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