Les Coulon, agriculteurs : « Nous résistons plutôt bien à la sécheresse »

0 18.11.2011 09:20

Ils ont 55 ans, quatre enfants et ne présentent pas de signes de stress particuliers. Jean-Luc et Marie-Christine Coulon, militants au sein de la Confédération Paysanne, recevaient hier mardi dans leur exploitation une vingtaine de collègues des filières du syndicat. But de la rencontre : faire le point sur les difficultés engendrées par la sécheresse sur le moral et le budget de ces agriculteurs souvent engagés dans des filières bio.Jean-Luc et Marie-Christine ont résumé, par leur exemple, l’ambiance générale. L’heure n’est ni à l’euphorie, ni à la déprime. En 2000, ils ont fait le choix de la production laitière en agriculture biologique.« Nous n’avons pas eu à vendre de bêtes »Aujourd’hui, le couple gère 45 prim’holstein pour une capacité annuelle de 300 000 litres : « Chaque jour reste un défi mais nous tenons le coup » constatent les deux agriculteurs. « La recherche systématique de l’autonomie nous a permis de tenter des expériences concluantes sur les 80 hectares de production végétales que nous exploitons, dont 30 accessibles aux animaux. Le cheptel arrive à se nourrir sur notre exploitation et, pour l’instant, contrairement à d’autres agriculteurs qui doivent s’approvisionner par des filières externes, nous n’avons pas eu à vendre d’animaux pour équilibrer nos comptes ».Depuis dix ans, la pratique de l’agriculture biologique provoque chez le couple une remise en cause quasi quotidienne : « Ce qui rend notre métier encore plus passionnant et mettant le bon sens paysan en éveil » sourient Marie-Christine et Jean-Luc, la cinquantaine posée et équilibrée. Jean-Luc s’amuserait presque à tenter de nouvelles aventures pour nourrir ses bêtes : « C’est de la recherche pure et cela me passionne. Comme par exemple, tester la résistance de nouvelles plantes comme le lautier corniculé, les fétuques élevées. Nous produisons également des plantes comme le sorgho ou le sarrasin, qui résistent bien à la sécheresse ».« Nos deux emplois restent garantis »N’empêche. La baisse de rendement des prairies et des cultures sera comprise entre 30 et 50 % au domaine de la Ricordaine : « Et le rendement laitier sera également revu à la baisse cette année, avec notamment un mois de juin catastrophique au niveau de la production. Mais bon, à 55 ans, nous tenons bons. Nous deux emplois restent garantis et nous gardons nos bêtes. Nous préférons la recherche biologique à la spéculation financière ». Jean-Benoît GAYET

 

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