L'enquête sur l'affaire Bettencourt suspendue à l'audition d'Eric Woerth

0 21.11.2011 09:40

Le feuilleton estival de l'affaire Bettencourt était suspendu vendredi à l'audition du ministre du Travail Eric Woerth, présentée comme imminente, au terme d'une semaine où le climat s'est encore durci entre les différentes parties. Saisi d'une demande en ce sens du parquet de Nanterre, qui a ouvert pas moins de quatre enquêtes préliminaires dans ce dossier sensible, le Conseil des ministres a autorisé mercredi l'audition du ministre, en qualité de témoin, par les enquêteurs de la brigade financière.Occupé à défendre son projet de réforme des retraites, examiné en commission par l'Assemblée nationale, M. Woerth n'a pu jusqu'à jeudi être entendu par la police. Son audition pourrait intervenir dans les prochains jours ou dans les prochaines heures, le ministre ayant fait savoir qu'il souhaitait être interrogé au plus vite pour s'expliquer sur les volets de l'affaire où son nom est cité.Selon une source proche de l'enquête, l'audition devrait a priori avoir lieu soit dans son logement de fonction parisien au ministère, soit à son domicile de Chantilly (Oise).Mercredi, l'épouse du ministre, Florence Woerth, a déjà été entendue sur le contenu des enregistrements clandestins de conversations entre Mme Bettencourt et ses proches, réalisés au domicile de la milliardaire, entre mai 2009 et mai 2010.Ces enregistrements suggèrent des opérations de fraude fiscale dans la gestion de la fortune de la milliardaire mais aussi un possible conflit d'intérêts avec l'ex-ministre du Budget puisque son épouse a travaillé deux ans et demi dans la société Clymène, chargée de cette gestion.Selon le parquet de Nanterre, Liliane Bettencourt, 87 ans, sera entendue elle aussi sur ces différents faits. D'après le Parisien, l'héritière de L'Oréal, qui a quitté sa propriété de L’Arcouest en Bretagne pour rejoindre une résidence secondaire en Espagne, sera interrogée dès son retour à Paris.Motif de satisfaction pour la milliardaire: le procureur Philippe Courroye a jugé jeudi irrecevable la demande de saisine du juge des tutelles déposée par sa fille, Françoise Bettencourt-Meyers, au motif d'une absence de certificat médical relatif à l'état de santé de l'octogénaire.Cette décision a fait vivement réagir l'avocat de Mme Bettencourt-Meyers, Me Olivier Metzner qui a dénoncé "une démission du parquet face à ses obligations légales", après avoir fustigé un peu plus tôt "l'intrusion du pouvoir politique" dans le dossier Bettencourt.Sous le feu des critiques depuis le début de l'affaire, le procureur Courroye, réputé proche de Nicolas Sarkozy, s'est défendu jeudi de toute entorse à la procédure dans une interview au Figaro, indiquant qu'il ne céderait pas aux "pressions".Ajoutant à la confusion qui règne autour de ce dossier sensible, la juge Isabelle Prévost-Desprez, en conflit ouvert avec M. Courroye, a entamé sur les chapeaux de roue cette semaine son enquête parallèle sur les enregistrements menée dans le cadre du supplément d'information ordonné par la 15e chambre du tribunal.Dans ce climat délétère, de nombreuses voix se sont élevées ces derniers jours pour demander la nomination d'un juge d'instruction. Un "appel pour une justice indépendante" dans les affaires Bettencourt, lancé par Mediapart, avait ainsi recueilli vendredi quelque 30.000 signatures."Je pense qu'il est indispensable pour la sérénité de la justice que chacun revienne à plus de retenue", a déclaré pour sa part la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie, lors d'un déplacement jeudi à la maison d'arrêt de Nanterre, en compagnie du procureur Courroye.La Garde des Sceaux entend ne laisser "personne essayer de faire des pressions sur le déroulement des ces enquêtes".

 

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