Le train Moscou-Nice: un voyage de luxe à travers les paysages d'Europe

0 18.11.2011 09:17

"Je suis en vacances, je peux me permettre de perdre 52 heures et il y aura de beaux paysages", déclare Rafaël Kazanski, un des passagers du tout nouveau train de luxe reliant en un peu plus de deux jours Moscou à Nice, destination prisée par les Russes."Sur 53 heures, je vais en passer 40 à dormir. Et les 13 autres, je vais discuter avec vous, et puis aller au restaurant et boire des cafés", ajoute cet homme d'affaires de 48 ans, Ipad à la main, habitué à l'avion mais qui a décidé par curiosité de prendre ce train flambant neuf qui arrivera samedi soir à Nice.Le train aux couleurs rouge et grise de la société des chemins de fer russes (RZD) fait la part belle au luxe.Sur les douze wagons, un seul pour la deuxième classe contre six réservés à la première classe et trois à la classe luxe. Les deux wagons restants sont des wagons restaurant.Tapis au sol, reproduction de tableaux du peintre français Matisse accroché dans les couloirs, cabine individuelle avec clé, douche, WC particuliers et télévision dans la cabine: tout est fait pour garantir le confort des passagers sur les 3.300 km du voyage.Le train va desservir 22 gares et traverser l'Europe via Minsk, Varsovie, la République tchèque, Vienne, Milan, Gênes et Menton, avant d'arriver à destination sur la Côte d'Azur, région qui attire les riches Russes depuis des siècles.Dès l'époque tsariste, vers la fin du XIXe siècle, et jusqu'à 1914, un train effectuait déjà ce même trajet, avec souvent à bord des membres de la famille impériale.Aujourd'hui, Nice, sur la Côte d'Azur, abrite une cathédrale orthodoxe, construite au début du XXème siècle, qui est le plus grand édifice orthodoxe russe hors de Russie."Tout est bien, tout est confortable, (...) tout est fait pour le bien-être des voyageurs", se réjouit, Elena Romeïka, une dame âgée, qui voyage en classe luxe, et qui avoue ne pas avoir de mots pour décrire son émotion."Il faut repenser au luxe des trains d'antan, comme l'Orient Express", ajoute de son côté un représentant de la SNCF, Frédéric Pardé, qui admet que ce train est destiné à une clientèle assez aisée."Nous nous attendons à ce que les Russes aient une clientèle assez riche", déclare-t-il, tout en ajoutant qu'une gamme de prix assez large est néanmoins disponible et que les places les moins chères sont comparables au prix du voyage en avion.Les prix vont de 306 euros pour l'aller simple en deuxième classe à 1.200 euros pour une "place luxe".Mais, selon M. Pardé, le train est surtout destiné à des gens en quête de voyages et de rêveries."Ce n'est pas une clientèle pressée, qui a besoin d'aller vite", qui va emprunter ce train, estime-t-il. Le temps de trajet est de 52h55 au départ de Moscou et de 49h55 depuis Nice.Et d'ajouter,"on ne fait pas du transport de masse, on fait du voyage".Actuellement, un seul trajet aller-retour est prévu par semaine mais les chemins de fer russes et français espèrent développer assez rapidement le trafic.Pour les Russes, dont certains s'étaient déjà rassemblés dans le wagon restaurant en début de soirée pour écouter de la musique et boire quelques verres, la durée du voyage ne semble pas être un problème."Imaginez combien de temps il faut pour aller de Moscou à Vladivostok (Extrême-Orient russe)! ", s'exclame Piotr Samotchko, directeur général d'une compagnie aérienne à Saint-Pétersbourg."Ca prend une semaine! Nous sommes habitués à ce genre de distances", indique-t-il, ajoutant qu'"en Europe, deux heures de train, c'est déjà beaucoup, (mais que pour les Russes) 24 heures c'est normal".

 

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