Le sommet de l'UE vire au clash sur les Roms

0 21.11.2011 13:54

Le sommet des dirigeants de l'UE jeudi à Bruxelles a tourné au clash avec de franches explications sur les Roms entre le président français Nicolas Sarkozy, qui maintient malgré les critiques sa politique controversée de renvois, et la Commission européenne. Pour achever de donner à la réunion une impression générale de zizanie au plus haut niveau de l'Europe, un couac franco-allemand est venu s'ajouter dans la soirée.Angela Merkel a apporté un démenti à des affirmations un peu plus tôt de M. Sarkozy. Ce dernier avait dit avoir été informé par la chancelière allemande de son intention de procéder elle aussi bientôt à "des évacuations de camps".Le sommet a été à l'image de l'atmosphère des derniers jours entre Paris et Bruxelles sur les Roms: tendu."Il y a eu un échange très violent entre le président de la Commission (José Manuel Barroso) et le président français", a raconté aux journalistes le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov.Au cours de la conférence de presse de clôture, le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, a tenté de ramener chacun à la raison, en rappelant qu'il était "essentiel" que les relations entre les Etats et la Commission européenne soient empreintes de "respect" mutuel.Le président de l'exécutif européen, José Manuel Barroso, visant implicitement la France, a rappelé que "la discrimination des minorités ethniques est inacceptable".Bruxelles a menacé cette semaine Paris de poursuites en justice pour non-respect de la législation européenne sur la liberté de circulation des citoyens européens à propos des conditions de renvois de France de centaines de Roms roumains et bulgares, qu'elle soupçonne d'être "discriminatoires".L'exécutif européen doit décider dans deux semaines d'entamer ou non une procédure d'infraction. Sur le fond, la Roumanie a "salué" jeudi son initiative.Dans un signe d'apaisement, M. Barroso a reconnu que sa commissaire à la Justice et aux Droits fondamentaux, Viviane Reding, avait dérapé en comparant les renvois de Roms de France aux déportations de la Seconde Guerre mondiale."C'est vrai que dans la passion des débats, nous avons entendu des commentaires exagérés", a-t-il admis.Mme Reding "l'a reconnu elle-même hier, d'autres devraient penser à faire de même", a-t-il ajouté dans une allusion à certaines déclarations de responsables français à l'encontre de la Commission.Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, avait provoqué la colère de l'exécutif européen lundi en venant à Bruxelles contester son rôle sur le dossier des Roms. M. Sarkozy a jugé que M. Lellouche avait eu tort.Le chef de l'Etat a démenti avoir eu une explication orageuse avec M. Barroso pendant un déjeuner de travail. Mais, outre M. Borissov, plusieurs participants au sommet ont affirmé l'inverse.Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a parlé d'un échange "mâle et viril". "Les éclats de voix étaient si forts qu'on entendait tout à l'autre bout du couloir", a raconté un diplomate européen.Plus diplomatique, Mme Merkel a évoqué une "discussion franche". "Le déjeuner s'est bien passé, pour ce qui est de la qualité des plats", a-t-elle ajouté.Devant la presse, le président français s'en est durement pris aux déclarations de Mme Reding. "La totalité des chefs d'Etat et de gouvernement ont été choqués par les propos outranciers" de la commissaire à la Justice, a dit M. Sarkozy.M. Juncker a lui-même jugé "excessif" le parallèle de la commissaire luxembourgeoise. Mais il a aussi jugé "pas convenables" les critiques émises contre le Luxembourg la veille par M. Sarkozy, quand celui-ci avait proposé que Mme Reding accueille des Roms dans son pays.

 

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