Le second braqueur présumé d'Uriage reste libre, au grand dam des policiers

0 21.11.2011 09:41

Le second braqueur présumé du casino d'Uriage (Isère), dont la mise en liberté avait provoqué un tollé chez les syndicats de policiers, restera en liberté, sous contrôle judiciaire, a confirmé jeudi la cour d'appel de Grenoble, provoquant les critiques des syndicats de police.Dans l'arrêt de la chambre de l'instruction dont l'AFP a obtenu une copie, les juges concluent que "les critères légaux" justifiant le recours à la détention provisoire "ne sont pas suffisamment établis".Le 2 septembre, le juge des libertés et de la détention (JLD) avait déjà décidé de ne pas écrouer Monsif Ghabbour, 25 ans, après sa mise en examen pour "vol avec arme" et "tentative d'homicides volontaires" contre des policiers.Cette décision, contre laquelle le parquet avait immédiatement fait appel, avait provoqué un tollé chez les syndicats de policiers, soutenus par le gouvernement. Les magistrats avaient opposé l'indépendance de la justice.Monsif Ghabbour avait été interpellé le 31 août en Isère, plus d'un mois et demi après le braquage du casino d'Uriage, après lequel son complice présumé avait été tué dans un échange de tirs avec la police.Ce décès avait entraîné plusieurs nuits de violences dans leur quartier à Grenoble. C'est à la suite de ces incidents que le président Nicolas Sarkozy avait prononcé son fameux discours de Grenoble, dans lequel il avait prôné un nouveau renforcement de l'arsenal répressif contre les délinquants.Dans leur arrêt, les juges ont estimé jeudi que "si un faisceau de coïncidences troublantes permet de penser que (M. Ghabbour) pourrait avoir commis les faits", il n'y a pas de "certitude ou quasi-certitude quant à sa participation".L'accusation s'appuie en effet sur des appels anonymes ou écoutes téléphoniques dénonçant Ghabbour ou faisant référence à "Sif", son surnom à la Villeneuve. Elle s'appuie également sur une analyse de la Peugeot 307 ayant servi au braquage, qui n'a révélé ni sang ni empreintes ni ADN, mais une "odeur", identifiée comme sienne par deux chiens de la police scientifique.Les trois juges soulignent par ailleurs que l'enquête policière a été "handicapée par le manque de temps et les pressantes sollicitations à interpeller rapidement le complice en fuite", dans une critique voilée de la pression mise par les autorités dans cette affaire symbolique.Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, était allé jusqu'à déclarer sa "très vive indignation" après la décision du JLD de libérer le jeune homme.Depuis son contrôle judiciaire, M. Ghabbour, qui n'était pas présent pour l'énoncé de l'arrêt, "n'a pas cherché à fuir", notent les juges.De son côté, le responsable départemental du syndicat Unité SGP Police-Force ouvrière, Daniel Chomette, a jugé la décision de la cour "incompréhensible"."Pour nous, il y a des éléments suffisants. C'est démoralisant", a-t-il déclaré à l'AFP."Nous sommes quand même un peu indignés de cette décision puisque M. Ghabbour est une personne qui a déjà été condamnée pour des faits similaires", a critiqué Valérie Mourier, secrétaire départemental du syndicat Alliance.L'avocat de Monsif Ghabbour, Denis Dreyfus, a quant à lui salué un signe de "l'indépendance de la justice".Le parquet général de Grenoble, qui dispose de cinq jours pour se pourvoir en cassation, n'a pas souhaité faire de commentaire.

 

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