Le procès Kerviel en direct

0 21.11.2011 10:08

FIN DE NOTRE DIRECT - 18H12 : Mentor - A l'ordre du jour du tribunal, mercredi à partir de 13H30: les contrôles dont l'ex-trader a fait l'objet dès la mi-2007. Un autre personnage très attendu devrait témoigner : Alain Declerck, l'ex-patron et mentor de Kerviel, qui avait soutenu sa promotion d'assistant trader à trader, en 2005.18H05 - Signaux - Après l'audition très attendue de Moussa Bakir, l'attention retombe dans la salle d'audience. Le tribunal poursuit son examen des signaux qui auraient dû alerter la SocGen sur les positions hors-norme de son trader. Après avoir passé à la loupe la trésorerie de Kerviel et ses résultats pour 2007, la cour finit d'analyser la question des frais occasionnés par la Fimat, la filiale de courtage qui a exécuté une partie des ordres de Jérôme Kerviel. 17H17 - SUSPENSION D'AUDIENCE POUR 15 MINUTES -17H15 - "Milliards" ou "lots"? - "Vous avez opéré à hauteur de 125 milliards en six mois pour Jérôme Kerviel", relève le défenseur de Kerviel, Me Metzner. "Je ne sais pas, rétorque Moussa Bakir. Cette somme ne me parle pas. Nous, les brokers, on parle en lots". "Moi, 125 milliards d'euros, ça me parle", ironise Me Metzner, avant de demander : "A qui appartenait la Fimat?"."A la Société Générale", répond le courtier. "C'est une boucle", conclut l'avocat, geste à l'appui. 17H10 - Choc - Me Reinhart cite des extraits du livre de Kerviel, où il évoque ce qu'il estime être une trahison de Moussa Bakir, qui avait à l'époque été placé en garde à vue et libéré. "Il n'était pas l'ami fidèle que j'avais cru (...) Ce fut un choc", écrit le prévenu. "Est-ce que pour vous aussi ce fut un choc de découvrir ses mensonges ?", demande l'avocat de la partie civile à Bakir. "Le choc ça a été l'annonce de la fraude et la photo de Jérôme placardée à la télé", répond le témoin.17H08 - "Chic type" - "Humainement, c'est un chic type, ce n'est pas quelqu'un qu'on va soupçonner de mensonge", poursuit Moussa Bakir en parlant de Jérôme Kerviel. "Aucune mauvaise intention ne se dégage de lui".17H05 - Manipulé - Me Reinhart, l'avocat de la SocGen, prend le relais pour interroger Moussa Bakir."Le lundi soir (après la découverte de la fraude), vous prenez un pot..." "Jérôme avait les traits tirés, il n'était pas rasé, semblait pas bien", indique Bakir. "Kerviel vous a alors dit: Matt (le client fictif) est en train de péter un plomb, va falloir que ça rebondisse"."Vous y avez cru de bout en bout?"- "Oui, de bout en bout"-"Est-ce que Jérôme Kerviel vous a menti de bout en bout?"-Silence de Bakir. "Vous pensez qu'il vous a manipulé?" "Ben oui", lâche Bakir.16H58 - Rigolade - Le parquet continue d'exploiter les échanges par "chat" entre le témoin et le prévenu. Il cite Kerviel :"Je vais passer chez Castorama acheter une corde". Réponse de Bakir : "lol", "je vais t'aider salope". Kerviel: "à me pendre?". "Je prends tout à la rigolade", se défend Moussa Bakir.16H55 - Conseil - Quand Kerviel explique à son ami -toujours par "chat"- qu'il a des problèmes avec le gendarme du marché Eurex, qui a repéré ses opérations colossales, Moussa Bakir lui conseille alors: "il faut être synthétique dans vos réponses sans être trop précis". La SocGen reproche au prévenu d'avoir formulé des réponses troubles et alambiquées à ces mises en cause.16H50 - Casser la tête - Le représentant du ministère public dévoile les extraits d'un autre chat : Moussa Bakir informe Jérôme Kerviel qu'il a dîné avec Alain Declerck, leur ancien supérieur. "Tu lui a pas parlé de ce qu'on fait?, interroge Kerviel. Sinon que je te casse la tête" "S'agit-il de relations professionnelles?", demande le magistrat.16H45 - "Matt m'a planté"- "L'argent, c'est l'argent. La santé psychologique, ça n'a pas de prix", poursuit Moussa Bakir, qui philosophe, et s'épanche: J'en ai pris un sacré coup." Dominique Pauthe l'interrompt. "Vous avez vu Jérôme Kerviel le 18 janvier (date de la découverte de la fraude) ? "On a bu un coup, Jérôme était tracassé, il parlait de ratio cook, j'ai rien compris", se souvient Bakir. "Je l'ai ramené en scooter. On a bu un Perrier quelques jours plus tard, il était très inquiet. Il m'a dit : Matt m'a planté".16H42 - Bonus mirobolants - On en vient aux bonus engrangés par Moussa Bakir. En passant un grand nombre d’opérations pour le compte de Kerviel, il en a tiré de jolis bonus : plus de 438.000 euros en octobre 2007. Il précise qu'il a finalement touché le bonus du 4e trimestre 2007, un temps gelé. Montant de la prime: plus d'un million d'euros.16H40 - Rires - La lecture du "chat" provoque des éclats de rire dans la salle. Même le prévenu, dont le visage est d'habitude très fermé, ne parvient pas à contenir un large sourire. Le président interroge Bakir sur le sens de la formule, "ça va montrer la puissance Kerviel', qu'il a utilisée. "C'est comme pour des baskets ou un jeu vidéo, on dit que c'est puissant!", se justifie-t-il tant bien que mal. Nouveaux rires dans l'auditoire16H35 - Incompréhension - "Je ne comprenais pas pourquoi Kerviel était inquiet, je pensais que tout était normal", affirme Bakir.16H30 - Taule - Le président en vient aux "chats" échangés par Kerviel et Bakir, qui transpirent l''inquiétude de Kerviel, tels qu'ils ont été révélés par l'enquête : Bakir : « Et toi, comment ça se présente ? » Kerviel : « Bof, je me sens pas top » Bakir : « stress, il va te falloir impérativement des vacances » Kerviel : « en taule ui » Bakir : « pkoi en taule, n’importe quoi, qu’est-ce que t’as fait de mal, tu n’as volé personne » (…) Kerviel : « j’ai fait un maximum de tune, c tout » Bakir : « c très bien (…) ça va montrer la puissance Kerviel » Kerviel « ou l’inconscience »16H25 - Le fantôme Matt - Kerviel avait même donné un nom à ce client fictif : "Matt"."Il disait qu'il fallait qu'il appelle Matt, qu'il allait se faire engueuler par Matt (...) que Matt l'avait planté", raconte Bakir. "Jusqu'au bout, j'y ai cru, je lui ai même demandé: Matt ne peut pas t'aider?" C'était donc un paravent? demande le président." Je ne sais pas".16H20 - Confidentialité - Dominique Pauthe interroge Moussa Bakir sur les opérations passées par Kerviel via la Fimat, l'organisme de courtage pour lequel il officiait. "Quand j'ai posé des questions à Jérôme, il m'a parlé d'un gros client de la SocGen, un fonds basé à Londres. J'ai cru Jérôme Kerviel. J'avais une relation professionnelle et amicale avec lui, je n'ai jamais mélangé les deux. Il y a une certaine confidentialité sur les clients, que l'on respecte". Jérôme Kerviel avait inventé cette histoire de gros client car il n'était pas habilité à passer ces opérations en son nom propre.16h07 - Boutades - Alors que le témoin emploie un jargon incompréhensible pour expliquer l'activité de "broker", le président l'interrompt: "Les rolls?", s'interroge-t-il. "Vous savez ce que c'est qu'un roll?", demande Moussa Bakir. Silence du président, éclats de rire dans la salle. "Quand on parle de roll, ça provoque une émotion particulière, peut-être qu'il y a un peu de rock là dedans", lance Dominique Pauthe, en guise de boutade. Moussa Bakir poursuit. Quand le président lui demande ce qu'il faisait en août 2007, il répond "je suis parti en vacances". "Ca commence bien!", plaisante le président.16h02 - Laconique - D'emblée, le témoin annonce au tribunal qu'il n'a rien à déclarer et qu'il est là pour répondre aux questions. Le président s'exécute et lui demande d'expliquer en quoi consiste le métier de broker: "exécuter des ordres pour les traders", répond laconiquement Moussa Bakir. "Il va falloir nous en dire plus", lui intime Dominique Pauthe.16h00 - Broker - Moussa Bakir arrive à la barre. Cet ex-assistant trader de la SocGen –où il avait connu Kerviel- est employé par la société Fimat, un « broker ». Ce courtier de 34 ans a passé un grand nombre d’opérations pour Kerviel. Ses échanges par "chat" avec Kerviel, révélés par l'enquête, attestent qu’il était au courant des ses positions élevées, mais rien ne prouve qu’il a eu connaissance de leur caractère frauduleux. 15h45 - Et voilà la société Fimat - Jérôme Kerviel explique avoir utilisé les services de ce courtier pour "déboucler" (solder) une partie de ses positions. Selon la défense, cette filiale de la SocGen a touché des commissions élevées sur les opérations du trader, commissions qui auraient dû alerter la hiérarchie de Kerviel. Ces commissions figurent au rang des signaux d'alerte mis en évidence par les juges Desset et Van Ruymbeke lors de l'instruction.A l'extérieur, la banque rebondit - "2010 est pour moi, une année charnière, l'année du rebond de la Société Générale", affirme son PDG, Frédéric Oudéa, en présentant lors d'une conférence de presse au siège de la SocGen le plan stratégique de la banque à l'horizon 2015. 15h25 - Appât du gain? - Me Jean Veil, l'avocat de la SocGen, très discret depuis ce matin, repasse à l'attaque. Il interroge Kerviel sur ses gains, faisant référence à des déclarations du N+1 Eric Cordelle: "N'avez-vous pas délibérément cherché à avoir 50 millions de résultat pour obtenir 500.000 euros de bonus, bonus que vous avez demandé?" - "Tout le monde savait que je faisais 55 millions, on savait que Delta One allait se partager +un bonus de folie+, se défend le trader. Le bonus est certainement la chose la plus secrète chez les traders, ce n'est pas quelque chose qu'on aborde comme cela au milieu d'un desk."15h10 - Empressé - Le président demande à Jérôme Kerviel de ralentir son débit. Toujours plus empressé à démontrer que sa hiérarchie ne pouvait ignorer ses agissements, le prévenu enchaîne rapidement, et de façon peu intelligible, ses explications et arguments.14h55 - Aveu - "C'est indéniable, la croissance du résultat aurait pu alerter le management, consent Claire Dumas. Mais ces résultats n'étaient en aucun cas délirants", insiste-t-elle, "compte tenu de la +séniorité+ de Jérôme Kerviel". D'ailleurs, précise la responsable de la SocGen, "les traders qui ont des résultats exceptionnels dépassent 100 millions d'euros".14h50 - Grimace - Claire Dumas, de la Société Générale, commente les chiffres de Jérôme Kerviel pour 2007. 55 millions de gains? 54? 53,8? On ne sait plus exactement. Le prévenu, toujours debout au micro, grimace puis esquisse un sourire en regardant les statistiques projetées sur l'écran installé derrière les magistrats. 14h45 - Explications "fumeuses" - Dès la fin mars 2007, les services de contrôle de la SocGen avaient émis de nombreuses alertes sur les opérations menées par Kerviel. A chaque fois, l’ex-trader s’en est sorti grâce à des explications "fumeuses", selon ses propres termes, et à de faux mails émanant de pseudo-contreparties (BNP, SocGen Italie, JP Morgan, Deutsche Bank…).14h40 - Autant que sept traders - Le président rappelle les arguments du N+1 de Kerviel, Eric Cordelle, pour justifier sa non-réaction face aux gains du trader: "Cela arrive fréquemment qu'un membre d'une équipe gagne 50% du résultat total du desk (huit personnes au sein du desk Delta One), avait affirmé le supérieur du trader pendant l'enquête. J'avais connu ça lors d'une précédente mission." 14h35 - Toux - Les questions du président Dominique Pauthe sont régulièrement troublées par une toux récalcitrante du prévenu, connu pour être un gros fumeur. 14h30 - Délirant - Interrogé par le président sur ses gains de 55 millions à la fin de l'année 2007, Jérôme Kerviel affirme: "Au minimum, ça devrait poser des questions. Au pire, on devrait trouver ça délirant." Selon l'ancien trader, ses gains auraient dû alerter sa hiérarchie: "En trois ans, j’ai vu croître mes résultats de 1.700%, a-t-il expliqué au juge Renaud Van Ruymbeke pendant l’instruction. Dans quelle entreprise peut-on obtenir une telle croissance sans truquer ouvertement les règles ?"14h28 - Alerte - Le président Dominique Pauthe souhaite revenir sur les résultats de Jérôme Kerviel à la fin de l'année 2007 (55 millions d'euros). "C'est sur ce résultat qu'a été observé un décalage avec le type d'activités auxquelles M. Kerviel était censé se livrer", dit -il. La commission bancaire a évalué que "l'ampleur de sa performance" (ses résultats ont été multipliés par 7 entre 2006 et 2007) aurait dû alerter sa hiérarchie sur le fait que le prévenu se livrait à des activités hors-mandat, rappelle Dominique Pauthe.14h25 - Rappel - La SocGen accuse son ancien salarié d’avoir pris des risques exorbitants sur des contrats à terme, indexés sur les indices boursiers, et d’avoir masqué ces opérations en saisissant des opérations fictives en sens inverse. Ces prises de positions spéculatives colossales - jusqu'à 50 milliards d'euros - ont fini par causer une perte de 4,9 milliards d'euros début 2008. Ces opérations fictives sont reconnues par l’ex-trader, qui a également admis avoir rédigé de faux mails et de fausses procédures afin de les dissimuler. Mais Jérôme Kerviel affirme que ses supérieurs directs savaient ce qu'il faisait.14h22 - REPRISE DE L'AUDIENCE AU PROCES DE JEROME KERVIEL13h00 - SUSPENSION DE L'AUDIENCE JUSQU'A 14H1512h55 - Absents - Carlos Goncalvez sera le dernier témoin à être entendu ce matin. Encore une fois, trois des cinq témoins prévus ne se sont pas déplacés au palais de justice. On attendait notamment Ouachel Meskine, qui officiait comme trader au sein du desk Delta One avec le prévenu. Ces absences sont récurrentes depuis le début de ce procès hors norme, où pas moins de 44 témoins ont été cités, dont plus de 30 par la défense.12h45 - Simplicité - Me Jean Reinhart, l'un des avocats de la SocGen, interroge le témoin: "Etes-vous intervenu" les 18 et 19 janvier 2008, quand la fraude a été découverte? - "Non, mais j'ai été appelé le samedi soir à 01H00 du matin pour envoyer des informaticiens faire des recherches sur les bases de données". - "M. Kerviel nous a dit que c'était d'une simplicité d'enfant d'identifier la fraude, en trois clics", poursuit l'avocat. - "Sans savoir ce qu'on recherche, le volume d'information est tel qu'il est impossible d'avoir une vision globale", répond le témoin.12h25 - Arrivée à la barre de Carlos Goncalvez, salarié de la SocGen depuis 1995. Il travaille sur les systèmes d'information et s'occupe notamment du développement pour la salle de marché. Il abreuve le tribunal de chiffres. "C'est vrai qu'on en manquait", sourit le président.12h05 - Grands enfants - Me Olivier Metzner, avocat de Jérôme Kerviel, remercie Taoufik Zizi d'être présent : "Vous êtes un des rares à avoir accepté de témoigner". Puis il se met à l'interroger: les traders "passaient-ils beaucoup de temps à jouer?", demande-t-il subitement au jeune homme. - "Oui, pendant la pause déjeuner, sur des consoles de jeux". 12h00 - Jeune âge - Un avocat de la partie civile, représentant des petits porteurs et salariés de la SocGen, interroge à son tour Taoufik Zizi: "Quel âge avez-vous?" - "26 ans". - "Quel âge aviez-vous à votre entrée dans la banque?" - "23 ans".- "Aviez-vous conscience des sommes que vous manipuliez?" - "On est là pour faire gagner de l'argent à la banque". - "Ne pensez-vous pas que vous manquiez d'encadrement?" - "Non".11h45 - Trader star - Me François Martineau, avocat de la SocGen, interroge Taoufik Zizi sur la nature de ses relations avec Kerviel. "Est-ce qu'il vous impressionnait par sa séniorité, sa réputation?" - "Oui, il était impressionnant". - "Pourquoi?", interroge le président. - "Il était considéré comme un trader star. Tous les traders ne gagnent pas 1 million d'euros par jour". Pendant ce temps, le prévenu, assis sur une chaise à moins d'un mètre du témoin, prend scrupuleusement des notes dans son carnet.11h35 - Yeux fermés? - "Est-ce que vous aviez l'impression que M. Eric Cordelle (le N+1 de Kerviel) fermait les yeux sur les activités" de l'ancien trader?, demande le président au témoin. "C'est étonnant qu'on ne regarde pas quelle est cette stratégie qui fait gagner autant d'argent", relève ce dernier.11h30 - Inhabituel - La hiérarchie pouvait-elle ignorer les prises de position faramineuses de Jérôme Kerviel? Dominique Pauthe pose la question centrale de ce procès. "Elle ignorait peut-être le montant de ses positions. Mais le fait qu'on gagne un million d'euros sur une journée, c'est assez inhabituel dans une activité de market making....", glisse l'ex-assistant trader.11h25 - Bons conseils - Le président poursuit l'interrogatoire de Taoufik Zizi, ex-trader à la SocGen. "Etait-ce un bon maître?", lui demande-t-il à propos de Jérôme Kerviel. - "C'était un collègue. Mais oui, il donnait de bons conseils et conseillait de ne pas prendre de trop grands risques".11h15 - A longueur de journée - "On voyait qu'il passait des ordres à longueur de journée", répond l'ex-salarié de la SocGen au président qui l'interroge sur la connaissance qu'il avait des activités du prévenu. "On ne pouvait pas ne pas voir, expression désormais consacrée, ironise le président. Vous êtes juste à côté de lui, vous l'entendez cliquer?" - "Oui, et il y a aussi les appels qu'on passe". "Vous n'avez jamais entendu parler d'un résultat de 500 millions, en août?" - "Non".11h10 - Dissimulation - "Vous est-il arrivé de couvrir" Jérôme Kerviel, demande le président Dominique Pauthe au témoin, ancien collègue du prévenu. "Oui, une fois, en dissimulant une perte de l'ordre de 300.000 euros, répond le jeune homme qui avait auparavant raconté que, s'il avait "forcément des échanges sur la manière de gérer les risques" avec Jérôme Kerviel, il n'avait "jamais eu de réponse" sur la stratégie personnelle du prévenu.11h05 - Petite inquiétude - Arrivée à la barre de Taoufik Zizi, 26 ans, un ancien assistant-trader de la SocGen qui a travaillé avec Jérôme Kerviel avant d'être licencié en octobre 2008 pour insuffisance professionnelle. "Parlez nous de janvier 2008 et de la découverte de la fraude", lui demande le président. "Je sentais une petite inquiétude chez M. Kerviel, puis il n'est pas venu traiter sur les marchés le lundi, se souvient ce diplômé de Centrale. Et dans la presse, on a découvert ça le jeudi."10h45 - Pistes brouillées - Claire Dumas, responsable à la SocGen, reprend la parole: "Jérôme Kerviel a varié les manières de combler son trou, il a utilisé différentes stratégies".Pour la commission bancaire, qui a infligé en juillet 2008 un blâme et une amende de 4 millions d’euros à la SocGen pour des "carences graves du système de contrôle interne", c’est la diversité des techniques employées par Jérôme Kerviel qui a brouillé les pistes. Une analyse reprise par le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke dans son ordonnance de renvoi: "ce sont les mensonges réitérés qui ont mis en échec les procédures de contrôle".10h35 - Démonstration - Me Olivier Metzner, l'avocat de Jérôme Kerviel, s'adresse à son client: "est-ce qu'un jour il vous est arrivé d'emprunter pour prêter?"- "Non, jamais"-"Quand vous empruntez 1 milliard, en juillet 2007, c'est visible?" - "Oui. Tous les jours, on prélève un intérêt". "La Société Générale connaît parfaitement vos emprunts, votre trésorerie, vos intérêts? Elle est près de ses sous. Quand vous empruntez, c'est que vous en avez besoin?" - "Oui, quand j'emprunte 1 milliard, c'est pour combler un trou". Donc "il y a bien un lien entre trésorerie et résultats", conclut l'avocat. Depuis le début de la matinée, la défense s'évertue à prouver que les énormes écarts des trésorie de l'ancien trader étaient le reflet visible de ses prises de positions colossales.10h25 - Guerre de graphiques - Claire Dumas, de la SocGen, fait projeter un tableau Excel listant les opérations fictives passées par le prévenu. "Une trésorerie débitrice ne signifie pas qu'un trader est débiteur, affirme la représentante de la partie civile. Ca peut par exemple signifier qu'il a fait un prêt et qu'il va récupérer l'argent". Or, quand il est interrogé par ses supérieurs, poursuit Claire Dumas, Jérôme Kerviel va "donner des explications variées: erreurs de modélisation, opérations en attentes etc..""Le passé" - Pour le PDG de la Société Générale, Frédéric Oudéa, l'affaire Jérôme Kerviel "c'est déjà le passé". Selon M. Oudéa,directeur financier de la banque à l'époque des faits, qui s'exprimait ce matin devant la presse, "il n'y a aucun doute sur l'issue" du procès en cours devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris. "La Société Générale a apporté des réponses immédiates" après la révélation de l'affaire Kerviel, a-t-il dit. "Il y avait nécessité de renforcer les contrôles, nous l'avons fait".10h15 - Pas d'accord - Claire Dumas, responsable à la SocGen, n'est "pas d'accord à trois titres" concernant ces questions de trésorerie. "Il y a plusieurs manières de gérer les risques et cela n'a pas le même impact sur la trésorerie, dit-elle. La comparaison avec les autres centres opératoires (les autres traders, ndlr) est le deuxième point que je récuse (...), car elle ne correspond pas aux activités de Jérôme Kerviel. Enfin, quand Jérôme Kerviel parle de reporting, celui mis sur le bureau de Philippe Baboulin (le N+3 de Kerviel), il faut préciser que c'est un reporting effectué sur l'ensemble d'un desk. Les pics de trésorerie vont alors jusqu'à 10 milliards".10h05 - Dents de scie - Le président Pauthe fait projeter un graphique montrant la trésorerie en dents de scie de Jérôme Kerviel. "Ne comparons pas les choux et les carottes: votre collègue, Ouachel Meskine, effectuait-il la même activité que vous?", demande le président, qui projette un deuxième graphique, versé au dossier par la défense. "C'est strictement comparable", répond l'ancien trader. "La courbe est linéaire par rapport à la vôtre", relève Dominique Pauthe.10h00 - Rappel à l'ordre - Jérôme Kerviel se lance dans des explications complexes, sans perdre le fil. "Cela me permet de rebondir sur les 5 milliards d'euros", lance-t-il avant d'être sèchement coupé par le président: "Ne rebondissez pas trop vite, prévient Domnique Pauthe. Vous risquez de vous perdre..."9h55 - "Tu prêtes" - "Tous les managers recevaient un reporting de trésorerie, explique l'ex-trader. Replaçons dans le contexte: c'est la crise des subprimes, des consignes étaient passées pour ne pas que les équipes soient débitrices en trésorerie. Quand il a vu que j'avais 1,4 milliard, Eric Cordelle m'a dit : "tu prêtes"."9h50 - Contredit - "Votre thèse est contredite par d'autres personnes (notamment le N+1 de Kerviel, Eric Cordelle, ndlr), qui affirment que la trésorerie, c'est le flux qui passe entre les mains des traders, aussi en terme de besoin de financement. Quand on emprunte, ça rentre dans la trésorerie, ça n'a rien à voir avec des pertes ou des gains", observe le président. "1,4 ou 2 milliards, ce sont des sommes importantes, répond, sûr de lui, le prévenu. La moyenne des soldes de trésorerie de mes collègues (...) était beaucoup plus faible."9h40 - Moins deux milliards - Jérôme Kerviel va être interrogé sur la trésorerie, premier point du jour. Le président évoque un schéma qui figure la balance de trésorerie de Kerviel en 2007. "C'est une courbe en dents de scie, notamment entre juillet et août, où on passe de -2 milliards à, moins d'un mois plus tard, 1,3 ou 1,4 milliard de bénéfice. Mais que représente la trésorerie, est-ce significatif?", demande Dominique Pauthe. "La trésorerie est le reflet de l'activité, des volumes que vous engagez, explique l'ancien trader, l'air las, la voix grave. Toutes les semaines, je faisais un reporting de cette trésorerie envoyé à Eric Cordelle, Martial Rouyère et Philippe Baboulin", ses supérieurs directs.9h35 - Indices - Le président Dominique Pauthe énumère les indices qui auraient dû constituer des alertes pour la SocGen. Parmi eux: la trésorerie de Kerviel (dont le déficit atteint près de 2 milliards en juillet 2007, et devient bénéficiaire d’un milliard à partir d’août); les résultats du trader (multipliés par 7 entre 2006 et 2007); les frais de la société Fimat (les opérations traitées par Jérôme Kerviel ont généré le versement de commissions importantes à un "broker", la Fimat) et enfin, les alertes émises par Eurex (la Bourse produits dérivés pour l’Allemagne basée à Francfort) qui a également adressé deux courriers à la banque dès novembre 2007.9h33 - Epuisé - Costume sombre, cravate sombre, yeux cernés: Jérôme Kerviel a l'air épuisé en ce sixième jour d'audience.9h32 - REPRISE DE L'AUDIENCE - Le président Dominique Pauthe fait le point: "nous avons analysé les limites de votre mandat, votre thèse, c'est que votre hiérarchie ne pouvait pas ne pas savoir ", dit-il au prévenu.Sixième jour d'audience - Le procès de Jérôme Kerviel, 33 ans, poursuivi pour abus de confiance, faux et usage de faux, et introduction frauduleuse de données dans un système automatisé, arrive aujourd'hui à mi-parcours. Après s’être attaché à comprendre les limites - et les dépassements - du mandat de l’ex-trader de la Société Générale, le tribunal correctionnel de Paris se penche sur les indices qui auraient pu, dès 2007, alerter la banque sur les prises de positions colossales de son employé. Doivent se succéder à la barre des salariés de la SocGen, officiant notamment au sein des services de contrôle, ainsi qu'un courtier, Moussa Bakir. Cet ex-assistant trader de la SocGen, avec qui le prévenu entretenait des relations amicales, travaillait à l'époque des faits pour la société Fimat. Ce témoin très attendu a été l’un des intermédiaires des opérations de Jérôme Kerviel.

 

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