Le procès en appel de Ferrara s'ouvre dans une ambiance apaisée

0 21.11.2011 09:37

Souriant, souvent hilare, Antonio Ferrara a fait son retour mardi devant la cour d'assises de Paris pour le procès en appel de sa spectaculaire évasion de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) en 2003, dans une atmosphère beaucoup plus détendue qu'en première instance.Cette fois, ils sont huit sur le banc des accusés, comparé à 22 il y a deux ans. Dans le box des détenus, le "roi de la belle", bientôt 37 ans, et cinq hommes accusés d'avoir participé à l'opération commando du 12 mars 2003, ou d'avoir aidé le braqueur italien dans sa fuite, sont surveillés par onze gendarmes.Deux autres complices présumés comparaissent libres : l'ancien avocat Karim Achoui, 42 ans, qui avait écopé de sept ans de prison bien qu'il ait toujours clamé son innocence, et Bachir Airouche, qui avait été acquitté.Polo rayé bleu et blanc, pantalon de toile claire, Ferrara, condamné à 17 ans de réclusion criminelle en première instance, s'est montré très décontracté, bavardant avec ses co-accusés, multipliant les gestes d'amitié en direction du public ou de certains témoins."La dernière audience s'était déroulée dans des conditions effroyables", a rappelé l'un de ses avocats, Me Lionel Moroni.Mais depuis ce procès de 2008, Ferrara a été acquitté dans deux affaires d'attaques de fourgon blindé et "il a retrouvé une détention normale" après plusieurs années à l'isolement, a souligné son conseil. "Aujourd'hui, sa comparution se passe dans des conditions humaines tout à fait acceptables. La sérénité a regagné" les débats, a-t-il estimé. Le premier procès avait été émaillé d'incidents, dont une mémorable échauffourée entre accusés et gendarmes. Après des protestations répétées contre leurs conditions de comparution, Ferrara et deux autres accusés avaient fini par partir, dénonçant "une procédure inéquitable".Condamné l'an dernier dans une affaire distincte à cinq ans d'interdiction d'exercer sa profession, Karim Achoui, connu d'ordinaire pour sa flamboyance, est apparu pour sa part très tendu.En costume sombre et col roulé noir, il est resté très concentré durant cette première journée consacrée à des questions de procédure, évitant soigneusement de croiser le regard de Ferrara."Il est dans l'état de quelqu'un qui est avocat et connaît les incertitudes de la justice", a commenté son conseil, Me Francis Szpiner. Il a cependant espéré que "l'ambiance plus sereine et apaisée" de ce procès permettrait d'innocenter son client, accusé d'avoir fait passer à Ferrara le signal de l'opération lors d'un parloir.Le 12 mars 2003, à 04H15, une dizaine d'hommes armés de fusils d'assaut et cagoulés avaient assailli la maison d'arrêt de Fresnes. Ils avaient ouvert des brèches dans les portails à coups d'explosif et arrosé de tirs d'armes automatiques deux miradors, tandis que Ferrara faisait sauter fenêtre et barreaux de sa cellule grâce à des explosifs fournis par un surveillant.Après quatre mois de cavale, le braqueur, qui s'était déjà évadé une première fois en 1998, était interpellé le 10 juillet 2003 dans un café parisien.Un seul membre présumé du commando, Dominique Battini, qui a perdu un oeil dans l'assaut, avait reconnu sa participation à l'opération.Me Eric Dupond-Moretti, qui défend Karim Bouabbas, accusé d'avoir également participé à l'assaut, espère faire innocenter son client en prouvant qu'il était au Maroc au moment des faits. Il a pour cela demandé à la cour de faire rechercher une fiche manuscrite remplie par Bouabbas à son arrivée dans le pays, afin de la produire à l'audience avec son passeport.

 

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