Le père à l'origine de la tuerie familiale en Vendée était sous antidépresseur

0 21.11.2011 09:55

Le médecin vendéen qui s'est suicidé le 30 mai dernier après avoir, selon toute vraisemblance, tué ses quatre enfants et son épouse, était sous antidépresseur au moment du drame, ont indiqué vendredi les enquêteurs sans vouloir se prononcer sur l'influence possible du médicament."Les analyses toxicologiques montrent la présence d'une molécule à dosage thérapeutique, la sertraline" - un antidépresseur utilisé pour le traitement de l'angoisse et de l'anxiété-, a déclaré vendredi le procureur de la République de La Roche-sur-Yon, Xavier Pavageau, au cours d'une conférence de presse.Les analyses montrent aussi qu'il n'y a pas eu "surmédication", ni "consommation excessive", a-t-il dit."La question est de savoir si ce médicament lui-même est de nature à entraîner, s'il est mal maîtrisé, mal prescrit, des troubles comme les tendances suicidaires ou l'agressivité vers autrui", a-t-il ajouté.L'influence des antidépresseurs sur le passage à l'acte est "une des hypothèses" mais dans ce cas, "le débat ne serait plus judiciaire mais sociétal", a souligné le procureur.En même temps, "nous continuons à évaluer d'autres pistes", comme celles d'un "suicide altruiste" ou du "surmenage", a-t-il dit en indiquant que la thèse du drame passionnel était exclue.La notion de "suicide altruiste" recouvre, pour les experts, le geste de personnes décidées à mettre fin à leurs jours qui décident d'entraîner leurs proches avec elles au moment de passer à l'acte pour leur éviter une existence jugée insupportable.Le Dr Emmanuel Bécaud, 35 ans, a été retrouvé pendu dans le salon de sa maison avec, à ses pieds, une bûche ensanglantée et un couteau de cuisine. Son épouse, Sylvie, 35 ans, gisait égorgée sur le lit de sa chambre, avec plusieurs traces de coups de couteaux. Les quatre enfants, trois garçons de 3, 5 et 7 ans et une fille de 9 ans, ont été découverts en pyjama dans leurs lits, décédés de coups violents à la tête.Pour expliquer le drame survenu dans cette famille sans histoire, plusieurs proches évoquent le stress ou le surmenage professionnel d'un homme décrit comme un médecin très dévoué à ses patients.Le généraliste avait montré des troubles dans les jours précédant la tuerie, avec notamment des difficultés pour parler et se concentrer. Le 26 mai, il avait pris un premier antidépresseur mais, pris de démangeaisons, avait changé pour la sertraline, a indiqué le procureur vendredi.Des anxiolytiques et de la morphine avaient été trouvés dans ses poches et dans l'armoire à pharmacie, raison pour laquelle des analyses toxicologiques ont été ordonnées.Les analyses ont aussi permis de détecter la présence d'anxiolytiques chez deux des enfants, "un médicament qui n'est pas réputé pour ses effets de somnifères", a indiqué le procureur vendredi. On ne sait pas si ce médicament a été donné dans un dessein lié au drame ou dans le cadre d'une prescription normale, a-t-il dit.Les corps ont été découverts par le grand-père maternel qui s'inquiétait de l'absence des siens au repas de famille dominical. Selon lui, le médecin "était fatigué, il travaillait trop".Sous le choc, comme tous ses concitoyens, le maire de Pouzauges, Michel Roy avait dit après le drame que le docteur Bécaud "était investi dans sa profession de médecin généraliste et avait le souci du devenir de la médecine en zone rurale". Le canton compte un médecin pour 1.368 habitants, un nombre insuffisant selon l'Ordre des médecins de la Vendée.

 

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.