Le Nobel de littérature au Péruvien Vargas Llosa, engagé et passionné

0 21.11.2011 10:34

Le Péruvien Mario Vargas Llosa, écrivain politiquement engagé au point d'avoir été candidat à la présidence péruvienne en 1990, a été couronné jeudi du prix Nobel de litterature pour une oeuvre qui ausculte "les structures du pouvoir".L'Académie suédoise salue l'auteur, âgé de 74 ans, pour "sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées de la résistance de l'individu, de sa révolte et de son échec".Vargas Llosa, qui a obtenu la nationalité espagnole en 1993, est un "auteur engagé dans la société (...) Il considère qu'un auteur ne doit pas simplement distraire", a commenté le secrétaire de l'Académie suédoise Peter Englund.Le nouveau roman de Vargas Llosa, "Le rêve du Celte" est consacré au diplomate britannique Roger Casement qui dénonça les atrocités commises dans le Congo de Léopold II et doit sortir le 3 novembre.L'oeuvre de Vargas Llosa, forte d'une trentaine d'ouvrages (essais, romans, nouvelles, théâtre) est traduite dans le monde entier et en faisait un candidat pressenti pour le Nobel depuis des années. "On voyait tarder cette reconnaissance universelle de quelqu'un qui est vraiment un créateur admirable, avec une constance de travail de plus de cinquante ans", a commenté le président péruvien Alan Garcia.Le lauréat 2010 a déclaré que ce Nobel était la marque d'"une reconnaissance de la littérature latino-américaine et en langue espagnole". "On peut voir dans sa production que c'est un homme passionné. Et il a eu une réaction d'homme passionné, il était très très heureux et très ému", a commenté M. Englund juste après avoir parlé à Vargas Llosa.Lorsque le téléphone a sonné peu avant 06h00 du matin à New York où il vit, l'écrivain a cru à une "blague perverse", comme en avait été victime l'Italien Alberto Moravia.Mais comme il ne s'agissait pas d'un canular et que l'annonce de l'attribution du prix Nobel est "une bonne manière de commencer une journée new-yorkaise", Vargas Llosa a décidé "d'aller (se) promener à Central Park", avant de tenir une conférence de presse.Engagé dans ses écrits qui l'ont rangé parmi les ennemis des dictatures, Vargas Llosa a également tenté l'aventure politique au Pérou.Proche de Fidel Castro jusqu'en 1971, il a rompu avec cette mouvance et s'est présenté en tant que candidat de droite du Front démocratique à la présidentielle de 1990 au Pérou. Largement battu, il a quitté son pays et obtenu la nationalité espagnole en 1993. Néanmoins, pour le président Garcia, le Nobel de Vargas Llosa doit réjouir "même ceux qui n'étaient pas en communion idéologique avec lui, car il marque la reconnaissance d'un Péruvien universel, et de la terre péruvienne, présente dans toutes ses lignes et ses métaphores".Parallèlement à sa vie publique, Vargas Llosa, qualifié de "libertaire" par M. Garcia, a mené une vie privée en dehors des sentiers battus.Né à Arequipa (sud du Pérou) le 28 mars 1936, il a été élevé par sa mère et ses grands-parents maternels à Cochabamba (Bolivie) puis au Pérou.Sa première épouse, de 15 ans son aînée, n'était autre que sa propre tante, Julia Urquidi qui lui a probablement inspiré son roman "La tante Julia et le scribouillard", paru en 1977 et dans lequel l'ancien journaliste de l'Agence France-Presse raconte l'histoire d'un adolescent qui rêve de devenir écrivain et tombe amoureux de sa tante par alliance Julia.Un an après l'échec du mariage avec sa tante, Vargas Llosa a épousé en 1965 sa cousine, Patricia Llosa.Avant le Nobel, Vargas Llosa a notamment reçu le Léopold Alas dès son premier recueil de nouvelles "Les Caïds" publié en 1959 et le prix Cervantès, plus haute distinction pour une oeuvre de langue espagnole.

  1. Le site du Prix Nobel

 

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