Le Mois de la photo, un trentenaire dynamique et séduisant

0 17.11.2011 21:36

Le Mois de la photo, événement biennal, fête ses trente ans avec près de soixante expositions dans les musées, les centres culturels et les galeries à Paris: un festin de qualité pour la Ville lumière, principal berceau de la photographie.Pour cet anniversaire, Jean-Luc Monterosso, créateur de l'événement en 1980 avec Henry Chapier, a repris la direction artistique de cette édition - la seizième."En trente ans, la photographie a grandi. Les progrès ont été considérables", déclare à l'AFP M. Monterosso, qui dirige la Maison européenne de la photographie (MEP), installée dans un hôtel particulier du Marais appartenant à la Ville de Paris.L'espace d'une génération, des lieux dédiés à la photo ont été créés à Paris, comme le Jeu de Paume ou la MEP. Les éditions de poche, à prix modique, ont permis au grand public de se familiariser avec les grands noms de la photographie. Les universitaires ont commencé à s'intéresser davantage à ce médium alors qu'en 1980, il n'y avait que Roland Barthes et Pierre Bourdieu pour en parler, selon M. Monterosso."La photographie a vu son statut changer: de document, elle est devenue oeuvre", ajoute M. Monterosso. Lors de la troisième édition du Mois de la photo en 1984, le fait qu'un photographe de mode, Helmut Newton, soit exposé au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, constituait en soi un événement, se souvient-il. "La photo est un art nouveau et désormais un art majeur", souligne cet ancien du Centre Pompidou.Sur le thème "Paris collectionne", Jean-Luc Monterosso a décidé de mettre la collection de la MEP au coeur de l'édition 2010 du Mois de la Photo. Riche de 20.000 oeuvres, elle a commencé à se constituer en 1980."Quand on a commencé à acheter, le marché de la photo n'existait pas et les prix étaient relativement accessibles", souligne-t-il. "Depuis, les prix des photographies ont terriblement augmenté alors que les budgets d'acquisition des institutions sont réduits en raison de la crise", poursuit-il.La MEP, association subventionnée par la Ville de Paris, dispose d'un budget d'acquisition et de production d'environ 140.000 euros par an. Elle a choisi de faire démarrer sa collection en 1955, avec les Américains Robert Frank et William Klein, "les deux phares" de la photographie contemporaine, selon M. Monterosso.Les partenaires du Mois de la photo ont été invités cette année à puiser dans les collections de la MEP pour monter leur exposition. Un millier de photos ont été empruntées.La galerie Agathe Gaillard a retenu une photo unique, "L'enfant flou" de Jean-Philippe Charbonnier, pour bâtir son propos autour de l'"accident" photographique, avec les oeuvres d'une vingtaine d'autres artistes.L'Institut culturel italien, lui, a pris quarante images du grand photographe italien Marco Giacomelli issues de la collection de la MEP.Le musée national de la Marine a fait dialoguer des images de la MEP avec son propre fonds de photographies, riche de plusieurs milliers de "documents".A tout seigneur tout honneur, la MEP présente dans ses murs une grande exposition "Autour de l'extrême", conçue à partir d'une réflexion sur la création contemporaine qui tend inexorablement à repousser les limites, sociales, politiques ou esthétiques.(Catalogue "Mois de la photo" édité par Actes Sud et la MEP, bilingue français-anglais). 432 pages, 320 photographies)(Catalogue "Autour de l'extrême" édité par Constrasto et la MEP. 260 pages, 180 illustrations).

 

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