Le Japon crée une zone interdite autour de la centrale de Fukushima

0 21.11.2011 09:33

Le Japon a strictement interdit jeudi l'accès à la zone d'évacuation de 20 km mis en place autour de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, afin d'éviter que ses anciens habitants n'y retournent en dépit de risques élevés pour la santé.L'interdiction, qui entre en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi, doit permettre un contrôle plus serré de cette zone d'où quelque 80.000 habitants avaient été évacuées dès les premières fuites radioactives. L'annonce a été faite par le Premier ministre, Naoto Kan, à l'occasion d'une visite dans la préfecture de Fukushima (nord-est), près de six semaines après le séisme de magnitude 9 et le tsunami géant qui ont entraîné la mort ou la disparition d'environ 28.000 personnes."Nous avons demandé aux résidents de ne pas entrer dans cette zone dans la mesure où il y a un énorme risque pour leur sécurité", a souligné Yukio Edano, porte-parole du gouvernement, au cours d'une conférence de presse."Aujourd'hui, nous avons décidé de la classer +zone en état d'urgence+ en vertu de la loi sur les catastrophes", a-t-il précisé. En inspectant plusieurs milliers de maisons, la police a découvert que plus de 60 familles y vivaient toujours.Le non respect de cette interdiction est passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 100.000 yens (835 euros). Chaque famille réfugiée hors de ce périmètre aura cependant le droit, dans les semaines à venir, d'envoyer l'un de ses membres durant deux heures seulement pour récupérer des biens abandonnés dans son ancien domicile. Il devra être équipé de vêtements de protection et d'un dosimètre individuel pour mesurer la radioactivité."Nous allons leur recommander de prendre le minimum d'affaires", a souligné M. Edano, précisant que les familles dont le logement est situé dans un rayon de 3 km de la centrale ne bénéficieraient pas de ce droit de retour ponctuel très restreint.Plus d'un mois après le séisme, la frustration des habitants qui ont tout perdu dans cet accident nucléaire classé au niveau 7, le niveau maximal sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES), demeure vive. "Il est totalement inacceptable que le gouvernement impose une zone d'interdiction", s'est indigné, devant les caméras de la chaîne NHK, un homme évacué de Narahamachi, près de la centrale. "Même si nous pourrons y aller momentanément, nous ne pourrons rien faire en une heure ou deux. Le toit de ma maison a probablement été emporté, mais je ne pourrai pas le réparer"."Nous sommes tous inquiets parce que nous ne savons pas combien de temps tout cela va durer", a déclaré de son côté une femme évacuée de la ville de Futabamachi."Je veux que le gouvernement nous dise quand tout cela va finir", a-t-elle dit.L'opérateur de la centrale, le groupe Tokyo Electric Power (Tepco), estime qu'il faudra encore environ trois mois pour commencer à réduire la radioactivité et entre six et neuf mois pour refroidir les réacteurs. L'organisation écologiste Greenpeace a annoncé pour sa part que son navire emblématique, le Rainbow Warrior, allait voguer aux alentours de la centrale à la fin avril pour y effectuer des tests dans l'océan Pacifique, où de l'eau radioactive s'est écoulée depuis l'accident.Un nouveau séisme de magnitude 6, nettement ressenti à Tokyo, s'est produit jeudi soir à l'est de la capitale mais n'a pas déclenché d'alerte au tsunami.Le Premier ministre australien Julia Gillard, qui effectue une visite de quatre jours sur l'archipel, a promis quant à elle au Japon "l'aide d'un ami"."Le Japon peut continuer à compter sur l'Australie comme une source fiable d'approvisionnement en ces temps difficiles", a-t-elle déclaré, mettant en avant les ressources énergétiques mais également les "terres rares" nécessaires dans l'industrie de pointe.

 

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