Le groupe Tri-Yann: quarante ans de celtitude, sans certitudes

0 21.11.2011 09:26

Le groupe Tri-Yann et ses chanteurs désormais sexagénaires fête ses quarante ans avec un nouvel album et une tournée de quarante dates, humilité et enthousiasme intacts après trois millions de disques vendus sur vingt albums.Lancé dans les seventies avec la "vague celtique", le trio rendu célèbre par la reprise de vieilles chansons traditionnelles comme "Dans les prisons de Nantes" ou "Les filles des forges" a survécu aux changements de mode qui ont vu nombre d'autres arrêter."Nous sommes un groupe de scène, on est très attentifs au spectacle", explique Jean-Louis Jossic "leader" apparent des "trois Jean", qui ressemblent à un curieux vieux couple à trois, liés par une grande simplicité et un amour commun de leurs créations."On ne refusait aucun lieu, même pour quatre-vingt personnes. Chez nous la starisation est absente", ajoute Jean-Paul Corbineau.Dans leur nouvel album, baptisé Rummadoù (Générations en breton), les fondamentaux - celtitude, polyphonies, mais aussi rock et instruments traditionnels ou synthétiques sont au rendez-vous, loin des adaptations "retour aux sources" plus commerciales comme l'album "Bretonne" de Nowelnn Leroy qui reprend certains de leurs titres fétiches.Rummadoù trace musicalement la fresque historique d'une lignée d'hommes et femmes celtes, de l'an 463 à nos jours, avec des textes en breton, en ancien français, en français ou en anglais pour raconter les croisades, la peste, la deuxième guerre mondiale ou la "route" des sixties...Pour clore l'album, il y a ce que Jean-Louis Jossic, un peu inquiet, surnomme le "malus track": un remix techno de leurs plus grands succès comme "La jument de Michao" ou "les filles des forges". La suite dira si le son impulsé par Gérard Goron, batteur du groupe depuis 1977, leur ouvre, à l'âge où d'autres prennent leur retraite, les pistes des boites de nuit branchées.Cette perspective ne devrait pas effaroucher ces traditionalistes paillards, qui, (dans leur album) rendent hommage aux dames, qu'elles soient simples crêpières ou rebelles légendaires, comme Marion du Fahouët, meneuse d'une bande de voleurs réputés pour leur "équité" envers les pauvres qui écumaient la lande bretonne au 18è."Selon le nombre d'albums qu'on vend, nos véhicules changent: du camion pour tout l'orchestre dans les années 70 à la voiture avec remorque dans les années 80, on n'a jamais arrêté, et puis ça revient", raconte Jean Chocun.En plus de leurs talents artistiques - ils chantent, jouent des instruments et composent - ils n'ont pas perdu le contact avec la réalité: Jean Chocun se charge lui-même de la comptabilité du groupe... et de la cuisine dans leur studio d'enregistrement de la commune de Savenay (Loire-Atlantique). Jean-Louis sert à boire et met le couvert, Jean-Paul dessert la table.Leur réussite matérielle, ils ont choisi de l'investir dans un luxe envié: l'indépendance: ils produisent eux-mêmes leur disque et le distribuent via Coop Breizh, un diffuseur culturel breton.Les Tri-Yann avaient vingt-cinq ans quand ils ont formé leur groupe en septembre 1970: l'âge a patiné les corps, les changements de mode et les évolutions capillaires les ont contraints à délaisser coupes au bol et looks à la John Lennon mais les voix semblent incroyablement intactes quand ils se lancent dans l'une de leurs polyphonies.Indemnes aussi, l'impertinence des paroles et des tenues incroyables qu'ils sont capables d'arborer sur scène: kilts couleurs fluo ornés d'un sporran - sacoche traditionnelle- d'un doré éclatant, parures d'oiseaux et masques de plumes, caleçons moulants et brillants...

 

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.