Le compagnon d'Anne Caudal mis en examen pour assassinat et écroué

0 21.11.2011 10:35

Le compagnon d'Anne Caudal, la jeune femme enceinte dont le corps calciné a été retrouvé mercredi près de Rennes, a été mis en examen jeudi pour "assassinat" par un juge d'instruction qui a ainsi retenu la préméditation, a-t-on appris auprès du parquet de Rennes.Son épouse, qui avait permis aux enquêteurs de retrouver le corps de la jeune femme de 28 ans, disparue depuis plus de trois semaines à Bruz dans la banlieue rennaise, a quant à elle été mise en examen pour "dissimulation et destructions de preuves" et incarcérée, comme son époux.Le corps de la victime, enceinte de 3 mois, devait être autopsié jeudi pour tenter de déterminer les causes exactes de sa mort, même si la dégradation du corps rend prudents les enquêteurs quant aux résultats à en attendre.Une marche blanche pour rendre "hommage à Anne Caudal et son bébé" partira vendredi à 18H00 de la jardinerie du Lac à Ploërmel (Morbihan), où travaillait la jeune fleuriste. Elle est organisée par des amis et des collègues de la jeune femme, et sa famille devrait y participer.Les motifs de mise en examen des deux prévenus, Christophe et Sophie Piedoux, sont conformes aux qualifications retenues par le parquet lors de la découverte du corps.L'épouse du meurtrier présumé, âgée de 42 ans, est soupçonnée d'avoir aidé son mari à transporter le corps, retrouvé dans la nuit de mardi à mercredi près d'une carrière désaffectée au lieu-dit Epron, à une quinzaine de kilomètres du lotissement de Bruz où Anne Caudal vivait avec Christophe Piedoux depuis le mois de mai.Egalement âgé de 42 ans, il "partageait son temps entre ses deux foyers" selon des proportions variables, a précisé le parquet: une double vie entre sa future victime et son épouse qui peut avoir été "l'élément déclencheur" d'une dispute qui a mal tourné, a relevé une source proche de l'enquête.Le juge d'instruction a néanmoins retenu la préméditation contre Christophe Piedoux, mis en examen pour "assassinat".Anne Caudal "a peut-être découvert qu'il continuait de mener une double vie, mal réagi au fait qu'il n'était pas prêt à vivre avec elle" en quittant son épouse. "Les choses semblaient compliquées au sein du couple. Il avait pris un avocat pour divorcer, mais ils vivaient toujours ensemble", a-t-on également ajouté.L'arrestation de Christophe Piedoux a stupéfait son entourage: Gilles Caudal, le père de la victime, abasourdi, a indiqué à l'AFP qu'il "partait dans des crises de larmes, faisait les recherches avec nous (...). Une manipulation pareille, une comédie pareille, c'est impensable, il nous a mené en bateau jusqu'au bout". Lors d'un entretien à l'AFP le 19 juillet, Christophe Piedoux avait indiqué qu'il pensait "à une mauvaise rencontre".L'épouse est passée aux aveux la première lors de la garde à vue, conduisant les enquêteurs jusqu'au corps de la victime. Selon la même source proche de l'enquête, le corps de la jeune femme, tuée le 7 juillet, a été transporté avant que celui qui allait devenir le suspect du meurtre ne donne lui-même l'alerte, le 10 juillet, auprès des gendarmes."Le lendemain, il a demandé à son épouse de l'aider à déplacer le corps, puis les jours suivants, à le porter à l'endroit où il a été découvert calciné", selon un communiqué mercredi du parquet.Pour confondre le couple présenté comme des "gens simples", les enquêteurs de la section de recherche de Rennes ont bénéficié d'un témoignage déterminant, celui d'un autre couple qui a vu "un véhicule autour d'un étang" et relevé l'étrange ballet de ses occupants.Outre les interrogations et contradictions nées des premiers interrogatoires, des éléments matériels ont été retrouvés dans les véhicules du couple, notamment des traces ADN qui suggèrent qu'ils ont servi à transporter le corps."L'affaire paraît bien calée", résume un enquêteur.

 

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