« Le cimetière, tout un poème »

0 21.11.2011 09:26

« Le Maine Libre » : Vous avez dirigé un ouvrage collectif consacré aux cimetières de la Sarthe. D’où vient cet intérêt ?Serge Bertin : A la mort de mon père, je pénétrais pour la première fois dans un cimetière pour une raison justifiée. C’était une façon de vaincre un tabou et en même temps, de domestiquer une angoisse. Ensuite, j’ai vu l’intérêt d’un endroit où visiter les humbles, ceux qui n’ont pas d’histoire connue. Au grand cimetière de l’Ouest, le mausolée de la famille Bollée ne m’émeut pas, au contraire de tombes plus anonymes.Quelles tombes vous touchent ?Par exemple au cimetière Sainte-Croix, j’ai une tendresse particulière pour une sépulture très modeste si oubliée qu’elle est fracassée et éventrée. C’est celle d’une femme inconnue qui porte pourtant un nom célèbre puisqu’il s’agit d’une tante d’Antoine de Saint-Exupéry.Que cherchez-vous dans les cimetières ?Une façon d’entrer un peu en communication avec tous ces gens, au travers de leurs tombeaux, des épitaphes qu’ils ont laissées. Un cimetière raconte aussi une infinité d’histoires que l’on peut imaginer à partir de quelques détails. Est-ce indiscret ? Une tombe appartient aux proches mais un cimetière appartient à la communauté.Le rapport à la mort a beaucoup changé au fil des siècles. Qu’en est-il aujourd’hui ?La mort est niée alors que paradoxalement, elle est sans cesse présente dans les images télévisées ou dans les jeux vidéo. Mais on ne l’affronte plus dans un rapport direct, concret. Aujourd’hui, la mort reste tenue à l’écart. Elle est maquillée afin d’être présentable. Cela se traduit aussi dans le recours de plus en plus fréquent à la crémation.Lire l’intégralité de l’interview dans « Le Maine Libre » de ce lundi

 

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