Le chercheur Soutiaguine près de Londres, black-out sur les espions du Kremlin

0 17.11.2011 16:29

Le chercheur Igor Soutiaguine, l'un des quatre Russes libérés dans le cadre de l'échange historique d'espions entre Moscou et Washington, a contacté samedi sa famille depuis la banlieue de Londres, pendant que le black-out régnait en Russie sur le sort des dix espions du Kremlin.L'expert en armement stratégique Igor Soutiaguine "a appelé son épouse, il a dit qu'il se trouvait dans une petite localité près de Londres", a déclaré à l'AFP le frère de Soutiaguine, Dmitri.Il a précisé que son frère résidait à l'hôtel avec un des trois autres Russes, mais qu'il ne connaissait pas son nom.Selon le frère, Igor Soutiaguine condamné à 15 ans de prison pour espionnage au profit de Washington, gracié et remis aux Etats-Unis contre 10 agents du Kremlin dans le cadre de l'échange d'espions intervenu vendredi à Vienne, n'a pas pour l'instant l'intention de demander l'asile politique en Grande-Bretagne."Il ne fera aucune déclaration sur son retour en Russie ni sur une demande d'asile, tant qu'il ne pourra pas évaluer la situation", a indiqué Dmitri Soutiaguine sur les ondes de la radio Echo de Moscou. Auparavant samedi, la famille du chercheur s'était dite "très inquiète" sur son sort.Les autorités britanniques se sont refusées samedi à tout commentaire.Les médias britanniques ont annoncé que l'avion transportant les quatre Russes avait fait une courte escale sur une base militaire du centre de l'Angleterre, avant d'atterrir vendredi soir à Washington.Selon la même source, M. Soutiaguine et Sergueï Skripal, un ex-colonel du renseignement militaire condamné à 13 ans de détention pour avoir travaillé avec les services secrets britanniques, ont débarqué de l'appareil en Angleterre.Arrêté en 1999, Igor Soutiaguine avait été reconnu coupable en 2004 d'avoir transmis des informations secrètes sur le système de défense nucléaire russe à une société britannique de conseil qui servait de couverture à la CIA.Il a été gracié par le président russe Dmitri Medvedev dans la nuit de jeudi à vendredi, dans la perspective de l'échange d'espions avec les Etats-Unis.En Russie, les télévisions contrôlées par l'Etat ont brusquement perdu leur intérêt pour cette affaire qui a fasciné les médias pendant deux semaines.Les principales chaînes de télévision ont consacré leurs bulletins d'informations à une tornade dans la région de Saint-Pétersbourg ou aux célébrations du 60 ans du président ukrainien VIktor Ianoukovitch, restant silencieux sur le sort des dix espions.D'après le quotidien en ligne gazeta.ru, ces derniers ont été emmenés vendredi dès leur arrivée en Russie à l'état-major des services chargés du renseignement extérieur (SVR)."Nous ne commentons pas ces évènements", a réagi un porte-parole du SVR interrogé par l'AFP.Selon un site internet à sensation, lifenews.ru, au moins un des dix agents, Anna Chapman, 28 ans, dont les détails sur sa vie sexuelle, photos à l'appui, ont fasciné les médias, a contacté sa famille depuis son arrivée."Anna a appelé sa soeur de l'aéroport (moscovite) de Domodedovo et a dit quelques mots : +tout va bien, nous avons atterri+", écrit la publication citant un ami de la famille.Un échange d'espions sans précédent depuis la fin de la Guerre froide est intervenu vendredi sur le tarmac de l'aéroport de Vienne, une affaire qui illustre l'engagement de Washington et de Moscou à poursuivre le "redémarrage" de leurs relations.L'avion transportant les dix espions russes est arrivé vendredi après-midi à l'aéroport de Domodedovo : ils en sont repartis à bord de deux minibus dans une direction inconnue.

 

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