Lapidation de l'Iranienne Sakineh: décision finale en attente, manifestation à Paris

0 21.11.2011 13:34

L'Iran a réaffirmé samedi avoir suspendu l'application de la peine de mort par lapidation de Sakineh Mohammadi-Ashtiani dans l'attente d'une décision "finale" de la justice, alors que le cas de cette femme condamnée pour adultère et meurtre suscite une forte émotion en Occident.Environ 300 personnes se sont rassemblées samedi sur le parvis des droits de l'Homme, à Paris, à l'appel de plusieurs organisations françaises de défense des libertés et des droits des femmes, pour soutenir Sakineh Mohammadi Ashtiani."Pour les peines très lourdes, il y a une procédure particulière et longue. Ce verdict est en cours d'examen et lorsque la justice arrivera à une conclusion finale, elle l'annoncera", a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast.M. Mehmanparast a par ailleurs demandé aux pays occidentaux de "ne pas utiliser les affaires judiciaires à des fins politiques" pour accroître la pression exercée sur Téhéran à propos de son programme nucléaire controversé. "La justice est en train d'examiner cette affaire et ne se soumettra pas aux pressions", a-t-il prévenu.La condamnation à mort par lapidation de Sakineh Mohammadi-Ashtiani, mère de famille de 43 ans, a suscité depuis deux mois une forte émotion et une mobilisation croissante en Occident.L'Iran a annoncé début juillet que la justice avait suspendu l'exécution du verdict en attendant un réexamen de l'affaire, et a réaffirmé à plusieurs reprises depuis qu'aucune décision finale n'avait été prise.La France a néanmoins demandé vendredi aux pays de l'Union européenne d'envisager une menace de sanctions contre l'Iran pour pousser Téhéran à épargner cette femme, dont la condamnation en 2006 a été confirmée en appel l'année suivante. Cette initiative est intervenue après que le président français Nicolas Sarkozy a estimé mercredi que Paris avait "la responsabilité" de Mme Mohammadi-Ashtiani. "Une démarche de l'UE -discrète- est en cours à Téhéran", a indiqué vendredi la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.M. Mehmanparast a rappelé que la condamnée avait été jugée pour "deux crimes distincts", dont la réalité selon lui est "certaine". L'un est la "trahison de son mari et ses relations (sexuelles) illégales avec des hommes étrangers. Concernant ce crime, l'application de la peine a été arrêtée et il est en réexamen par la justice". "Mais elle a aussi participé au meurtre de son mari, et le dossier de cette autre affaire est en fin de procédure", a-t-il ajouté sans autre détail.Les avocats de Mme Mohammadi-Ashtiani ont affirmé qu'elle avait été condamnée à la lapidation pour adultère uniquement, accusant les autorités d'avoir rajouté par la suite l'accusation de complicité de meurtre."Nous conseillons aux pays occidentaux (...) de prendre aussi la peine de défendre les droits des victimes, les droits de ceux qui ont été tués ou trahis, au lieu de défendre les criminels", a répondu samedi M. Mehmanparast, en allusion au mari de Sakineh Mohammadi-Ashtiani.A Paris, plusieurs personnalités, comme l'écrivain Marek Halter ou la comédienne et élue parisienne, Yamina Benguigui, ont participé au rassemblement organisé à la mi-journée par l'association Ni putes ni soumises, la Ligue du droit international des femmes, et le Mouvement pour la paix et contre le terrorisme.Des manifestations similaires étaient organisées dans 100 villes à travers le monde."Sakineh est au courant de cette mobilisation. Ce qui est important, c'est que nos voix puissent résonner, car nos renoncements en France peuvent être catastrophiques pour elle", a dit la présidente de Ni putes ni soumises, Sihem Habchi, au milieu de dizaines de pancartes relayant des slogans féministes."Même si le pouvoir iranien vient de décider de suspendre sa sentence, le combat est loin d'être terminé", a-t-elle lancé, soulignant que Sakineh était toujours emprisonnée et risquait toujours la peine de mort.Yamina Benguigui, adjointe au maire de Paris chargée des droits de l'homme, s'est directement adressée à cette Iranienne de 43 ans, "pour vous affirmer avec amour, détermination et sans réserve que nous ne vous abandonnerons jamais".L'écrivain Marek Halter, quant à lui, s'est indigné que l'on puisse "au début du XXIe siècle, traiter un être humain comme cela", décrivant avec dégoût le supplice de la lapidation.A l'issue du rassemblement, les présidentes des trois associations organisatrices se sont dirigées, sous escorte policière, vers l'ambassade d'Iran, où elles ont pu déposer dans la boîte aux lettres un courrier demandant à Téhéran de surseoir à l'exécution de Sakineh.

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