Laïcité: "26 propositions" de l'UMP pour mettre un point final au débat

0 21.11.2011 10:08

L'UMP a mené jusqu'au bout son débat controversé sur la "laïcité et l'islam" voulu par Nicolas Sarkozy, en tenant mardi une convention qui a entériné "26 propositions", applicables immédiatement ou après 2012.La réunion de quatre heures, dans un hôtel parisien, visait à clore une polémique qui a agité la gauche et une partie de la droite, les détracteurs de ce débat dénonçant un "calcul politicien" pour chasser sur les terres du Front national.A son arrivée, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a une nouvelle fois assumé sa volonté de tenir le débat: "c'était absolument indispensable".Il s'est félicité d'avoir "tenu bon", "loin de la vindicte du PS et de l'agressivité du FN", avant de renvoyer dos à dos les deux adversaires à la tribune."Entre le déni" du PS ou "la démagogie" du FN, "notre conviction est qu'il y a la place pour une troisième voie: celle de la responsabilité", a-t-il dit devant environ 200 invités et autant de journalistes."Les Français ont besoin de solutions. Le FN a besoin de problèmes !" car "un problème en moins, c'est un argument électoral en moins pour Marine Le Pen", a-t-il dit. "Désormais, il est temps qu'il sorte de la posture politicienne et qu'il se positionne", a-t-il ajouté à l'attention du PS.En l'absence d'un Premier ministre qui n'a pas caché ses réserves vis à vis de l'initiative, plusieurs membres du gouvernement étaient présents, notamment Bruno Le Maire, Luc Chatel, Benoist Apparu, Valérie Pécresse, Claude Guéant et l'organisateur du débat sur l'identité nationale Eric Besson.Le député UMP de Paris, Claude Goasguen, souvent critique envers François Fillon, a estimé qu'il avait eu "tort" de ne pas venir, avant de dénoncer des "postures politiques" dans son camp.L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui avait reproché à M. Fillon un manque de loyauté vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, a renvoyé le chef du gouvernement à ses responsabilités en l'invitant à s'impliquer dans ce débat voulu par le président."Le Premier ministre a maintenant de quoi préparer son action, c'est au gouvernement de prolonger cette initiative (...) puis de passer à l'acte législatif. Le respect, c'est un peu ce qui a manqué à l'approche de ce débat", a-t-il dit en marge de la réunion.Pour couper court au débat sur le débat, notamment dans son propre camp, M. Copé a résumé les "26 propositions".L'UMP veut notamment légiférer pour contraindre les fonds étrangers à "transiter par une fondation nationale pour la construction des lieux de culte".Elle souhaite permettre aux entreprises d'"intégrer à leur règlement intérieur" un encadrement du "port de tenues et signes religieux" et des pratiques religieuses (prière, restauration collective ...).D'autres propositions visent à interdire le port des signes religieux - notamment du voile - aux personnels des crèches, et aux parents accompagnateurs de sorties scolaires. Interdiction aussi de refuser les soins d'un médecin homme à l'hôpital. Pas de viande halal ni casher, mais des menus végétariens alternatifs à la cantine, et obligation de suivre tous les cours, y compris d'histoire, de sport et d'éducation sexuelle.L'UMP veut aussi faciliter l'achat de terrains et d'édifices religieux en assortissant les baux emphytéotiques d'une "option d'achat" et développer pour les associations cultuelles le "recours aux garanties d'emprunt" données par les collectivités locales.La présidente du FN, Marine Le Pen, a estimé que les mesures spécifiques (baux emphytéotiques, garanties d'emprunt) revenaient à "légaliser" une violation de la loi de 1905 sur la laïcité.

 

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