Laetitia: Mercier met fin aux fonctions d'un directeur de la pénitentiaire

0 21.11.2011 13:53

Le ministre de la Justice, Michel Mercier, a décidé jeudi de mettre fin aux fonctions du directeur interrégional des services pénitentiaires (DISP) de Rennes, première sanction individuelle dans l'affaire Laetitia, unanimement déplorée par les syndicats."C'est un bouc émissaire qu'on donne en pâture à la vindicte populaire (...) pour que l'Elysée soit content", a estimé Charlotte Cloarec, secrétaire nationale du syndicat de travailleurs pénitentiaires SNEPAP-FSU."On coupe une tête dans un corps qui ne compte que 500 personnes, discipliné, qui a peu de capacité de mobilisation et on s'imagine que tout est réglé", a fustigé Boris Targe, du syndicat national des directeurs pénitentiaires (SNDP). "Il n'y a qu'une sanction, mais c'est une de trop", pour Clarisse Taron, présidente du syndicat de la magistrature (SM)."Cette mesure est complètement injuste et n'est qu'une manière de masquer le véritable problème (...): le manque flagrant de moyens", selon Samuel Azé, secrétaire national de la CGT-pénitentiaire.Au vu des conclusions des enquêtes sur le suivi du meurtrier présumé de la jeune fille de Pornic, le ministre a estimé que le DISP de Rennes n'était "plus en mesure d'exercer son autorité dans des conditions compatibles avec l'intérêt du service", selon un communiqué de la Chancellerie."Il prévoit donc de mettre fin à ses fonctions après que l'intéressé, comme l'exige le droit, aura été mis en mesure de présenter ses éventuelles observations", ajoute le texte.La Chancellerie a précisé que le ministre déciderait ensuite "de le réaffecter à tel ou tel endroit".De sources syndicales, le DISP sanctionné, Claude-Yvan Laurens, en poste à Rennes depuis janvier 2009, pourrait être muté à l'Inspection des services pénitentiaires, un des services ayant enquêté sur le suivi de Tony Meilhon par le Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) de Nantes.Ces enquêtes avaient révélé des "carences manifestes", selon M. Mercier. Elles relevaient aussi que les conclusions d'un audit mené sur ce SPIP, transmises en septembre 2010 à la DISP, n'avaient pas été prises en compte.Les inspections n'avaient en revanche pas révélé de "faute" des magistrats.Dès le 3 février, Nicolas Sarkozy avait promis des "sanctions" pour les "fautes" et "dysfonctionnements" ayant permis, selon lui, la remise en liberté sans suivi de Tony Meilhon, délinquant multirécidiviste.M. Sarkozy, qui a reçu jeudi soir la famille d'accueil de Laetitia, leur a dit que "bien sûr, il serait très attentif aux décisions qui seraient prises", promettant que "Michel Mercier allait continuer à suivre l’affaire" et à "les tenir informés", selon Philippe Boënnec, député-maire de Pornic (Loire-Atlantique).La mise en cause de la justice par M. Sarkozy avait déclenché un mouvement de protestation inédit du monde judiciaire qui, depuis des années, tire la sonnette d'alarme sur son manque de moyens.Certains tribunaux continuent de tourner au ralenti et une nouvelle journée nationale d'action est prévue fin mars.A Nantes, foyer de la révolte, les magistrats ont décidé jeudi de suspendre leur mouvement de report d'audiences, mais décideront la semaine prochaine de nouvelles modalités d'action.En déplacement à Marseille, M. Mercier a dit "connaître le malaise réel et profond" du monde judiciaire. "Le Président de la République m'a chargé de mener une large concertation, c'est ce que je fais en venant ici", a ajouté le ministre, accueilli par une quarantaine de magistrats en robe, greffiers et fonctionnaires, scandant: "Des moyens pour la justice!".

 

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