La yourte, pomme de discorde en attendant une vraie réglementation

0 21.11.2011 09:42

Une yourte est-elle une "installation", comme une tente de camping, ou une "construction" soumise à des règles d'urbanisme ? A Dieffenbach-au-Val (Bas-Rhin), le maire et deux jeunes qui y ont planté une tente mongole s'opposent, faute d'une vraie réglementation. Il y a trois mois, Myriam Aouinet et Gilles Dillenseger, 33 et 29 ans, ont fait installer une yourte de 25 mètres carrés dans le champ d'un parent.Décorée de souvenirs ramenés d'Inde et du Pakistan, l'habitat est spartiate autour du poêle à bois. Il n'a ni toilettes ni lavabo, ce qui l'exempte d'un permis de construire, et la maison de la mère de Gilles est à proximité.Bernard Schmitt, maire de ce village de 600 âmes, dit comprendre "l'envie de vivre ainsi", mais trouve l'emplacement "mal choisi"."On est à moins de 500 mètres d'une église classée et toute construction doit recevoir l'aval de l'architecte des Bâtiments de France, explique-t-il à l'AFP dans son bureau, au premier étage de l'école communale.On est en outre dans une zone du massif des Vosges où le camping est interdit hors des lieux spécialement prévus. L'élu, sans étiquette, pour qui la yourte serait "difficile d'accès aux pompiers ou au secours en cas de détresse", a proposé au deux jeunes de rejoindre une zone lotie ou à lotir "pour disposer de voies d'accès et d'un raccordement à l'assainissement".Considérant la yourte "insalubre", il menace de dresser un procès-verbal début janvier 2011 et de demander au préfet d'ordonner le démontage de l'objet du litige. Le maire tient à préciser que sa décision n'a rien à voir avec le projet de Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité intérieure (Loppsi 2), adopté mardi par l'Assemblée nationale en deuxième lecture.Sur son blog, Gilles Dillenseger craint pourtant que sa mise en application mette "hors la loi d'habiter tout local auto-construit, dont la yourte, écologique et inscrite au patrimoine de l'Unesco", au prétexte de risques d'insalubrité."On est sociabilisés et on travaille mais on trouve juste plus sain de vivre comme cela plutôt que dans l'appartement qu'on louait auparavant", explique Myriam.Elle renchérit : "Ce n'est pas un chalet en bois et si le propriétaire du terrain est d'accord, on peut y habiter en permanence"."On a rien de bâti, tout est posé y compris le sol en frêne qui est démontable", argumente-t-elle, dans un document qui rappelle que les yourtes restent des "demeures nomades", donc mobiles.A la Direction départementale du Territoire, Véronique Kaeshammer qui a rencontré les deux parties, admet que le Code de l'urbanisme "n'est pas encore adapté" à ces nouveaux modes d'habitation et en appelle au ministère de l'Ecologie, du Développement durable et du Logement.La yourte est considérée comme une Habitation légère de Loisirs lorsqu'elle dispose d'un bloc sanitaire et d'une cuisine. Gilles et Myriam, mais aussi des associations comme Cheyen ou Halem, estiment que dépourvue de telles commodités, une yourte doit seulement se conformer à l'article R111-41 du code de l'urbanisme relatif au camping.Les deux tourtereaux de Dieffenbach-au-Val espèrent, malgré la menace du maire, voir arriver le printemps sans trop d'ennuis, puisque l'architecte des Bâtiments de France et la commission des sites ne sont sollicités que lorsqu'il y a une demande de permis de construire.

 

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