La prison pour mineurs de Lavaur a connu une situation de quasi-rébellion

0 21.11.2011 09:40

L'établissement pénitentaire pour mineurs de Lavaur (Tarn) a connu jusqu'à lundi matin une situation de quasi-rébellion après avoir été le théâtre de multiples incidents au cours du week-end, a-t-on appris de sources syndicales.Les troubles ont commencé au cours du week-end par l'agression d'une cuisinière sur laquelle des détenus ont jeté un seau et qu'ils ont insultée. Ils se sont ensuite généralisés: les surveillants ont été les cibles de projectiles, d'insultes et de menaces de mort, une dizaine de cellules ont été saccagées, ont indiqué les syndicats Ufap-Unsa Justice et CGT Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).D'abord localisés dans "l'unité stricte" où sont détenus les jeunes les plus difficiles, les incidents se sont étendus à la quasi-totalité des 45 mineurs incarcérés, à l'exception de quelques-uns, a indiqué Laurens Maffre, secrétaire régional de l'Ufap-Unsa-Justice.Ces troubles ont nécessité l'intervention d'une Equipe régionale d'intervention et de sécurité (ERIS), sorte de force de réaction rapide constituée de surveillants intervenant en tenue de protection dans les situations de crise.L'ERIS a neutralisé dimanche le détenu qui a agressé la cuisinière. Contrairement à de premières informations, ce détenu, incarcéré en vertu d'une procédure criminelle, n'aurait pas été placé en cellule disciplinaire parce qu'il est trop jeune, mais transféré dans une autre prison.L'ERIS, elle, était toujours présente lundi à Lavaur, ont indiqué les syndicats. Sept départs de feu ont été dénombrés dans la nuit de dimanche à lundi.Bertrand Mappas, de la CGT PJJ, parlait toujours lundi matin d'un climat de "rébellion généralisée".Cependant, "la situation est en voie de retour à la normale", disait vers 12H30 la procureure de Castres, Manuella Garnier."Les choses sont en train de se calmer", a confirmé le directeur territorial de la PJJ, Michel Gellf, même si un nouveau jeune au moins a été placé en cellule disciplinaire selon lui.L'administration pénitentiaire a décliné tout commentaire.Les Etablissements pénitentiaires pour mineurs ont commencé à ouvrir en 2007. Le programme prévoyait la création de sept EPM près des grandes villes pour détenir des mineurs condamnés ou prévenus, et la fermeture concomitante de 27 quartiers pour mineurs dans les prisons.Les EPM répondaient à des impératifs européens de séparation stricte entre adultes et mineurs détenus. Les détenus y trouvent un encadrement fort associant administration pénitentiaire, PJJ et Education nationale. L'intention est de placer l'éducation et la réinsertion au centre de l'action.Ces EPM ont été le théâtre ces dernières semaines d'incidents spectaculaires. Un détenu de 16 ans a pris en otage une éducatrice à l'EPM de Meyzieu (Rhône) en avril dernier.

 

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