La mobilisation inédite des jeunes entachée par les casseurs

0 21.11.2011 10:05

Une mobilisation inédite des jeunes contre la réforme des retraites, avec un record de lycées et d'universités perturbés, a été entachée mardi par de nouvelles violences de casseurs, en particulier à Lyon.Ces incidents ont jeté une ombre sur la forte mobilisation des jeunes, la principale organisation étudiante, l'Unef, se félicitant de la "réussite exceptionnelle" de la journée avec, selon elle, 190.000 lycéens et étudiants dans la rue mardi, 180.000, selon l'organisation lycéenne UNL.Dans le centre de Lyon, les violences ont été impressionnantes, avec des pillages de magasins, des dégradations de mobilier urbain ou la destruction de véhicules. La police a joué toute la journée au chat et à la souris avec des groupes mobiles de casseurs.Des affrontements avec les forces de l'ordre et des actes de vandalisme ont également eu lieu, comme la veille, à Nanterre, mais aussi ailleurs en banlieue parisienne. En Seine-Saint-Denis, le syndicat enseignant Snes a qualifié la situation de "très tendue".Dans l'Essonne, un bus a été brûlé aux Ulis et des dégradations ont été commises sur la voiture de la commissaire de Corbeil-Essonnes. La préfecture a toutefois démenti le "saccage" d'une station-service auparavant annoncé à l'AFP par une source policière.Devant un groupe scolaire parisien, une jeune fille de 15 ans a été hospitalisée pour des "contusions multiples" consécutives à une bousculade après l'explosion d'un scooter.Selon un chiffre annoncé à la mi-journée, 1.158 casseurs ont été interpellés depuis une semaine. La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a promis la "fermeté" face aux casseurs qui s'infiltrent dans les manifestations lycéennes.L'Unef, tout comme les deux principales organisations lycéennes, la Fidl et l'UNL, ont annoncé une nouvelle journée d'action jeudi. Dès mercredi, l'UNL et l'Unef ont appelé à un rassemblement à 11H00 devant le Sénat, qui examine la réforme des retraites.Mardi, un nombre record de lycées ont été perturbés à des degrés divers depuis l'entrée des lycéens dans la contestation: entre 379 et 1.400 lycées, sur les 4.302 du pays, selon les sources.Jusqu'alors en retrait, les étudiants ont également franchi un palier avec "29 universités mobilisées" sur les 83 du pays, selon l'Unef. Selon les sources, entre six et dix ont été bloquées. Trois autres (Lyon-2, Rennes-2 et Toulouse-Le Mirail) ont été administrativement fermées pour des raisons de sécurité.Le ministère a fait état de trois universités entièrement bloquées (Bordeaux-3, Paris-8, Pau) et trois partiellement (Caen, Poitiers, Tours), l'Unef ajoutant Clermont-2, Le Havre, Montpellier-3 et Orléans.Dans un texte commun avec l'intersyndicale des salariés, l'Unef et les organisations lycéennes UNL et Fidl ont "refusé que les jeunes servent d’alibi ou de variable d’ajustement, ce qui aboutirait à en faire une génération sacrifiée.""Droit à la formation, accès au logement, à l’autonomie, emploi des jeunes, statut social de la jeunesse en formation: ces questions doivent être remises au coeur d’une autre politique sociale des employeurs et du gouvernement", ont-ils revendiqué."Résistance" ou "Chômeurs à 25 ans, précaires à 67. Non, non, non", scandaient les jeunes dans le cortège parisien.Selon la police, étudiants et lycéens ont aussi défilé au nombre de 4.000 à Lyon, 3.600 à Montauban, 3.000 à Bordeaux ou Grenoble, 1.000 à Nancy, Metz, Poitiers, Roanne ou Sélestat (Bas-Rhin) et ils étaient encore 5.700 en Seine-et-Marne ou 2.000 dans les Yvelines.

 

Connexion utilisateur
Vous pouvez vous connecter avec votre compte facebook.
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur assigné, soit avec votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.