La médaille d'or du CNRS au chimiste Gérard Férey, architecte de la matière

0 21.11.2011 10:32

La médaille d'or du CNRS, l'une des plus prestigieuses distinctions scientifiques françaises, a été décernée jeudi au chimiste Gérard Férey, 69 ans, pour ses travaux d'architecte de la matière.Ce spécialiste des matériaux a conçu des solides poreux capables de piéger du CO2, de stocker de l'hydrogène ou d'encapsuler des médicaments destinés à être progressivement diffusés dans l'organisme.Après avoir travaillé sur des minéraux à base de fluor, M. Férey dit avoir voulu réaliser un "rêve de jeunesse" en se consacrant aux matériaux poreux, car il était fasciné par "l'aspect esthétique" des minuscules cages ou pores qu'on peut y créer.Les travaux menés depuis 1992 au sein de l'Institut Lavoisier de Versailles (UVSQ/CNRS) qu'il a créé et dirigé "ont permis de façonner des composés aux applications prometteuses dans les domaines variés de la pétrochimie, de l'énergie, de la catalyse, de la médecine et de l'environnement", souligne le CNRS dans un communiqué.Grâce aux propriétés chimiques des pores servant à piéger les gaz, un seul mètre cube de MIL-101 (Matériaux de l'Institut Lavoisier N°101) peut stocker près de 400 m3 de gaz carbonique (CO2) à 25°C sans augmenter de volume, le gaz étant comprimé dans les pores."C'est un record du monde depuis cinq ans", a déclaré à l'AFP M. Férey, qui compare son matériau à un gruyère à gros trous. Pourtant la taille des pores reste microscopique: 3,5 nanomètres (milliardièmes de mètre).Breveté depuis deux ans, le procédé devrait faire l'objet d'un développement industriel. "Tous les problèmes techniques sont résolus", selon M. Férey, qui espère que le CO2 ainsi piégé pourra servir à produire du méthanol, selon un processus encore "au stade du laboratoire".M. Férey s'attend toutefois à ce que "l'application la plus forte" des nouveaux matériaux poreux dont il été l'architecte concerne le domaine médical.Grâce à des nanoparticules, dont la non-toxicité est selon lui garantie à la suite d'essais sur les souris, des doses de médicaments correspondant à 5 à 15 jours de chimiothérapie ou d'autres traitements devraient être acheminées jusqu'aux organes ou cellules cibles, où elles seraient relarguées progressivement.Les recherches en cours concernent la leucémie des enfants, le cancer du sein et le sida, a-t-il précisé à l'AFP, comparant les nanoparticules à des "camions qui transportent" le traitement.

 

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