La Géorgie déboulonne la plus symbolique des statues de Staline

0 18.11.2011 09:45

La Géorgie a subrepticement déboulonné dans la nuit la gigantesque statue du "criminel" Staline qui ornait la place centrale de sa ville natale à Gori, faisant fi des récriminations de nombreux Géorgiens pour qui le leader soviétique demeure un héros. "Nous avons pris la décision de retirer le monument au dictateur soviétique Joseph Staline de la place centrale de Gori et de construire à sa place un monument aux victimes de la dictature soviétique et à ceux qui ont été tués lors de la guerre de 2008" entre la Russie et la Géorgie, a déclaré à la presse le ministre de la Culture Nika Rouroua.Staline, né à Gori en 1878 ou 1879 selon les documents historiques, "était un homme qui a tué des millions d'innocents, qui a tué non seulement les meilleurs éléments de la société géorgienne, mais aussi ceux de nombreux pays", a-t-il poursuivi."Je pense que cette décision aurait dû être prise depuis longtemps", a-t-il ajouté.La statue de bronze, qui mesurait six mètres de haut, se trouvait depuis 1952 sur la place centrale de Gori, ville située à 80 kilomètres à l'ouest de la capitale géorgienne Tbilissi.Outre son lien avec Staline, Gori est surtout connue en Occident pour avoir été prise pour cible par l'armée russe en août 2008 lors de la guerre russo-géorgienne pour le contrôle de la région séparatiste d'Ossétie du Sud.La chaîne Imedi a diffusé des images montrant le transfert de la statue sur un camion et son départ, le tout au milieu de la nuit.Représentant le Géorgien vêtu d'un manteau, contemplant les montagnes du Caucase à l'horizon, elle était l'une des dernières au monde à rendre hommage au Petit père des peuples, qui est sans doute la plus controversée de toutes les personnalités soviétiques.En Russie notamment, beaucoup de gens continuent de saluer sa mémoire, mettant en avant son rôle dans la défaite de l'Allemagne nazie face à l'URSS lors de la Seconde Guerre mondiale. D'autres rappellent qu'on lui attribue la mort de millions de personnes dans les camps de travail et lors de la collectivisation forcée du pays.A Gori même, les habitants se montraient partagés vendredi. "Staline fait partie de notre histoire. Pourquoi décident-ils de l'enlever maintenant ?", s'est indigné Vladimer Kalakalachvili, un résident âgé de 74 ans.Pour Vaja Begachvili, 33 ans, il s'agit "de la bonne décision. Nous n'avons pas besoin de cette statue à Gori", a-t-il dit.Le président géorgien pro-occidental Mikheïl Saakachvili a pour sa part approuvé l'opération: "Je soutiens totalement cette décision", a-t-il dit lors d'une conférence de presse."Mais ces choses-là doivent se faire sans vandalisme ni hystérie. Nous ne pouvons pas changer notre histoire. Il existe un musée sur Staline et une exposition adaptée doit y être mise en place", a-t-il ajouté.La statue sera transportée dans ce musée, situé à Gori. L'exposition, qui présentait jusqu'ici le dictateur sous un jour favorable sera révisée au passage, a indiqué le ministre de la Culture. "Le concept du musée va bientôt changer aussi. Il ne servira plus à glorifier Staline", a-t-il déclaré.Une vive controverse sur Staline avait accompagné début mai les célébrations à Moscou du 65e anniversaire de la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie lorsque les communistes et la mairie de la capitale russe avaient décidé d'afficher des portraits du dirigeant dans les rues, idée qui a finalement été abandonnée.

 

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