La démographie médicale toujours préoccupante, mais des lueurs d'espoir

0 21.11.2011 10:32

Dans un tableau encore très sombre de la démographie médicale française, le Conseil national de l'Ordre des médecins (CNOM) a mis l'accent mardi sur les quelques lueurs d'espoir données par des jeunes médecins qui, contre toute attente, s'installent à la campagne.Globalement la démographie médicale reste préoccupante avec une proportion plus forte de médecins partant à la retraite que de médecins qui s'installent.Au 1er janvier 2011, on dénombrait 264.466 médecins inscrits à l'Ordre, dont un peu moins de 200.000 ayant une activité régulière.Les nouveaux inscrits, au nombre de 5.392, ont représenté une progression de 2,5% sur l'année précédente. Mais le nombre des médecins sortants (4.310) a augmenté plus vite, à raison de 11,2%.L'âge moyen dans la profession est élevé: 51,4 ans (53 ans chez les hommes, 49 ans chez les femmes), ce qui laisse présager un flux important de départs à la retraite dans les quinze prochaines années."Nous rentrons dans une zone de turbulences", tant pour les généralistes que pour les spécialistes, a déclaré le docteur Patrick Romestaing, chargé de la santé publique au sein du CNOM, commentant pour la presse le creux démographique qui se profile.Ces trente dernières années déjà, le nombre d'actifs chez les médecins a augmenté de 91,7% mais celui des retraités a bondi de 563%. Actuellement, la proportion des moins de 55 ans n'est que de 47%.La densité médicale, en baisse (306,7 médecins pour 100.000 habitants contre 308,8 un an auparavant), se traduit toujours par de fortes disparités régionales.La région PACA reste en tête (370) devant l'Ile-de-France (366) tandis que la Picardie (239) est la plus mal lotie. Au total 14 régions sur 22 sont sous la moyenne nationale.Face à ce panorama grisonnant, le CNOM a perçu quelques petits clignotants encourageants: alors que l'on disait les jeunes médecins uniquement intéressés par la ville et les emplois salariés, certains choisissent néanmoins d'aller à la campagne.La tendance n'est pas spectaculaire mais elle "vient contrer certaines idées reçues sur les réticences des jeunes médecins à s'installer en rural", note le CNOM qui a, visiblement, pris le parti de regarder la bouteille à moitié pleine.Ces jeunes diplômés -parfois formés à l'étranger- qui ont choisi d'être médecins de campagne, ont été en 2010 plus d'une centaine, soit 23% de ceux qui ont choisi l'activité libérale, eux mêmes représentant seulement 9,4% des 5.392 nouveaux inscrits.Outre ces chiffres inattendus, le CNOM a été surpris aussi par les résultats de l'enquête qu'il a menée parallèlement à son étude démographique, auprès d'un millier de jeunes médecins installés en libéral depuis 2009 et 2010, que ce soit à la ville ou à la campagne.Les 35% de jeunes médecins ayant répondu se disent satisfaits à 90% de leur activité et sont 86% à vouloir la recommander à de jeunes confrères.Pour le Dr Romestaing, les jeunes médecins en zones rurales y trouvent "une qualité de relations humaines qu'ils ne trouvaient pas en ville, à l'occasion de remplacements".Mais le CNOM s'est aussi penché sur des médecins -il en a recensé 903 en 2010 -- qui ont abandonné l'activité libérale au profit d'un emploi salarié, bien avant l'âge de la retraite.C'est le cas de Françoise-Alice Wols, 56 ans, ex gynécologue en cabinet à Besançon (Doubs). Il y a un an, elle est devenue salariée à Paris la semaine à la fois d'un centre médical et du ministère de l'Ecologie, tout en rentrant le week-end à son domicile bisontin."J'étais atteinte du +burn out+ du médecin, un mélange de fatigue physique, psychique, professionnelle. Aujourd'hui j'ai retrouvé le feu sacré pour la médecine", a-t-elle confié à l'AFP.

 

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