La Côte d'Ivoire plongée dans l'incertitude sur la présidentielle

0 21.11.2011 10:01

A quelques heures de la date limite, l'ancien Premier ministre ivoirien Alassane Ouattara a appelé mercredi la commission électorale à proclamer "immédiatement" les résultats provisoires du second tour de la présidentielle de dimanche, qui l'opposait au sortant Laurent Gbagbo.De son côté, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a également réclamé la publication avant minuit de ces résultats.Le pays, où le couvre-feu qui devait s'achever ce mercredi a été prolongé jusqu'à dimanche, était plongé dans l'incertitude alors que les résultats provisoires, qui doivent légalement être annoncés ce mercredi avant 00H00 (locales et GMT), n'étaient toujours pas publiés dans l'après-midi. Le camp Gbagbo réclame l'annulation de votes "frauduleux" dans le nord, tenu par l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) depuis le coup d'Etat manqué de septembre 2002.En plein blocage de la Commission électorale indépendante (CEI), M. Ouattara a jugé "impératif" que son président Youssouf Bakayoko "proclame immédiatement les résultats provisoires", dans une déclaration faite à Abidjan.Se disant "inquiet", l'opposant a exhorté son "frère Laurent Gbagbo" à respecter l’appel qu'ils avaient signé ensemble la veille du vote, et dans lequel ils s'engageaient à se plier au verdict des urnes.Entourée d'un important dispositif de sécurité, la CEI était toujours silencieuse mercredi en fin d'après-midi, alors qu'elle avait promis de premiers résultats nationaux pour 11H00.Mardi, une altercation était venue illustrer, devant les caméras du monde entier, l'ampleur des tensions en son sein.Au moment où son porte-parole Bamba Yacouba allait annoncer de premières indications chiffrées, deux membres de la CEI pro-Gbagbo lui avaient arraché des mains les feuilles de résultats de différentes régions, au motif que ces données n'avaient pas été validées selon les règles, ce que Bamba Yacouba a contesté.Un porte-parole de l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara, Albert Mabri Toikeusse, a accusé le président Gbagbo d'être "dans une logique de confiscation du pouvoir", en tentant d'"empêcher" l'annonce des résultats.Le camp Gbagbo ne cherche "aucunement" à "confisquer le pouvoir" mais "se battra" contre "toute logique d'usurpation du pouvoir", a rétorqué le porte-parole du président-candidat, l'ancien Premier ministre Pascal Affi N'Guessan."Nous nous battrons jusqu'au bout" pour faire invalider le vote "frauduleux" dans des régions du nord ex-rebelle, notamment celle de Bouaké (centre), fief des FN, a-t-il dit.M. Affi N'Guessan a expliqué que son camp misait désormais sur l'annulation de ces votes par le Conseil constitutionnel, auprès duquel il devait déposer un recours.Il revient au Conseil, présidé par un proche du chef de l'Etat, de proclamer les résultats définitifs en validant ou non les résultats provisoires de la CEI. "Au niveau du Conseil constitutionnel tout est encore possible", a-t-il averti.La communauté internationale suivait avec attention cette situation tendue.Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté la commission électorale de Côte d'Ivoire à annoncer les résultats provisoires du second tour, tout comme le président français Nicolas Sarkozy qui juge "essentiel" d'annoncer les résultats "dans le délai prévu, c'est-à-dire avant ce soir".La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a demandé que la "volonté du peuple ivoirien soit entièrement respectée" et l'Union africaine a appelé au respect du "verdict des urnes".A Abidjan, de nombreux habitants avaient choisi de rester chez eux par crainte de troubles, et la circulation était exceptionnellement fluide sur les grands axes, comme depuis lundi. Le quartier du Plateau (administration et affaires) était désert.

 

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