La banlieue déboule aux Francofolies de La Rochelle

0 21.11.2011 09:49

La banlieue déboule mercredi aux Francofolies de La Rochelle, avec neuf groupes des cités programmés en première partie de - M -, une occasion inespérée offerte à ces jeunes artistes issus de cités souvent stigmatisées et rarement louées pour leurs talents."C'est une vraie vitrine donnée à des gens qui n'en ont pas. Nous appréhendions un peu mais nous avons tous été surpris tant par le niveau musical que par les qualités humaines des lauréats", résume Gérard Pont, patron des Francofolies qui s'ouvrent officiellement mardi.Baptisée "France ô Folies", cette initiative est née en 2008 sur le modèle de "DOM-TOM Folies", une sélection de jeunes artistes des DOM-TOM. Elle permet à de jeunes talents de la banlieue parisienne de se produire au festival, qui impulse chaque année de nouvelles carrières. Les organisateurs espèrent à terme l'étendre à toute la France.DR 93 (Saint-Denis), Anti-D (Meaux), Section Verbale (Mantes-la-Jolie), Harold (Evry), Les Yeux d'la Tête (Asnières-sur-Seine), Orti (Saint-Ouen), Ruby Brune (Choisy-le-Roi), Gasandji (Sannois) et Trëma (Versailles) ont tous été présélectionnés par un jury citoyen de leur ville, puis par des professionnels."Ce qui m'impressionne le plus c'est de monter sur scène devant autant de monde !", commente Mohamed Beghaidid, 20 ans, qui a créé "DR93" avec Tchek Kante, 20 ans, il y a six ans à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)."Un jour, un technicien de la +Ligne 13+ (salle de concert, ndlr) nous a prévenus du concours... En juin, je n'en revenais pas d'avoir été sélectionné", commente-t-il.Rap mixé de hip-hop, "DR93" introduit du piano et de la danse classique dans ses morceaux. Mohamed dit "oser" aborder des thèmes "difficiles" : "la soumission des femmes et des enfants, la pédophilie et les violences conjugales... Ce que je raconte c'est du vécu. Lorsque ma mère a entendu le morceau à la TV, elle a pleuré".Pour Yaya Bagayoko, responsable du pôle hip-hop de Saint-Denis qui a vu grandir les deux jeunes, les Francofolies sont "une occasion unique mais pas une fin en soi. C'est fédérateur, la ville affrète un bus de +supporteurs+ et beaucoup de jeunes veulent suivre leur exemple. Mais on leur apprend aussi que le chemin vers le professionnalisme est long".Dans chaque ville, ce sont les pâtissiers, chefs d'entreprise, enseignants, commerçants, associatifs qui, au départ, ont choisi leurs artistes.Gasandji Palashi, 32 ans, de Sannois (Val-d'Oise), qui chante seule avec sa guitare, fait également partie des lauréats. "Artiste de banlieue ? J'aimerais qu'on dise artiste seulement", commente-t-elle. Elle n'a jamais connu sa mère et est arrivée seule à 13 ans du Gabon en France."C'est un très beau cadeau que la vie me fait. Les Francofolies sont un outil fantastique pour aller chercher la reconnaissance mais elle ne tombe pas du ciel", dit-elle.Pour Pierre-Gabriel Pichon, 24 ans, et Adrien Percerou, 23 ans, de Versailles, qui ont fondé "Trëma" au lycée, les choses ont démarré en fanfare. Aujourd'hui ils ont créé leur SARL et leur label."C'est vrai qu'on est des petits bourgeois...", commente joyeusement Pierre-Gabriel. Site internet, concerts, concours et diffusion sur Ouï-FM, "la radio rock d'Ile-de-France". "En découvrant les autres (lauréats), nous avons balayé les clichés. On s'est tous très bien entendus, notamment avec les rappeurs de Mantes-la-Jolie", dit-il.

 

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