L’arnaqueur présentait « trop bien »

0 21.11.2011 09:37

Lui est Manceau, gentil, commercial, âgé de 31 ans. L’autre est sexagénaire, cultivé, bien mis. Tous deux se sont rencontrés par hasard avant-hier matin, sur le coup de 10 h 30, près de la Halle au Blé, à Alençon. Le second faisait du stop pour aller au Mans. Le premier s’est arrêté. C’était son chemin.En chemin justement, les deux hommes ont parlé. Surtout l’auto-stoppeur qui, en cinquante kilomètres, est parvenu à convaincre le commercial qu’il venait de se faire piquer sa veste avec tous ses papiers, qu’il devait absolument rejoindre Monaco où il était attendu pour régler des problèmes avec des artistes, qu’il avait égaré ses billets d’avions et qu’il devait impérativement rejoindre la pharmacie le plus proche pour acheter des ampoules. Car le sexagénaire auto-stoppeur, comble de malheur, se disait aussi atteint d’un cancer incurable.Le commercial, pourtant habitué au baratin, s’est tellement laissé attendrir par l’histoire de l’auto-stoppeur qu’il lui a donné 150 € de sa poche pour guérir momentanément toute la détresse de son passager. C’est en rentrant chez lui que, pris d’un doute, le commercial s’est rendu sur un site internet intitulé « Arnaque, auto-stoppeur ». Et là, soudain, le visage de son malheureux compagnon de route est apparu sur l’écran. Pas comme victime. Non, cette fois comme escroc. Spécialité reconnue : arnaquer les automobilistes en les baratinant puis en leur volant éventuellement argent, papiers et portable. L’escroc court toujours. Le commercial, lui, a porté plainte. En précisant à l’inspecteur qui le recevait : « Purée, celui-là, il est tellement bon baratineur que je l’aurais bien embauché dans mon entreprise ».Jean-Benoît GAYET

 

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