Juppé attendu au Niger, union nationale de la classe politique après la mort des deux otages

0 21.11.2011 09:58

Le ministre français de la Défense Alain Juppé est attendu lundi à Niamey, deux jours après la mort de deux jeunes Français enlevés au Niger, "éliminés froidement" par leurs ravisseurs selon Paris, pour qui leurs liens avec Al-Qaïda sont presque certains. M. Juppé, attendu dans l'après-midi, doit rencontrer la communauté française et les autorités nigériennes, après la mort samedi des otages français tués au cours d'une opération militaire franco-nigérienne visant à les sauver.Le drame a suscité une vague d'indignation et d'émotion en France, où l'heure était à l'union nationale dans la classe politique.Ils ont été "éliminés froidement" par leurs ravisseurs, selon "les premiers éléments" de l'enquête, a déclaré lundi le Premier ministre français François Fillon.En écho au président Nicolas Sarkozy, qui a refusé "le diktat des terroristes", il a réaffirmé la "détermination" française contre le "terrorisme".Des policiers antiterroristes français ont été envoyés ce week-end au Niger pour prendre part à l'enquête, alors que les circonstances de la mort d'Antoine de Léocour et Vincent Delory, deux amis d'enfance âgés de 25 ans, sont encore entourées de zones d'ombre.Alain Juppé a indiqué qu'il demanderait aux quelque 1.500 Français établis au Niger "de prendre les plus grandes précautions possibles". "Il faut aussi que les touristes qui se préparaient à aller dans cette zone diffèrent leur déplacement", a-t-il dit dimanche.Paris a mis en garde ses ressortissants contre la menace accrue de "terrorisme" dans trois pays du Sahel: Mauritanie, Mali et Niger.Pour M. Juppé, il y a "peu de doutes" sur l'implication dans la prise d'otages d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui retient déjà cinq Français enlevés en septembre dans le nord du Niger. "Au regard de la menace terroriste qui pèse sur la région, aucun endroit ne peut désormais plus être considéré comme sûr", a averti le ministère des Affaires étrangères.La paisible Niamey était jusque-là considérée comme une capitale sans risque mais l'enlèvement des deux jeunes hommes, vendredi soir dans un restaurant du centre-ville, a changé la donne. Quatre hommes armés ont fait irruption dans l'établissement très fréquenté, notamment par les étrangers, et ont contraint les otages à les suivre sous les yeux de nombreux clients, avant de les emmener avec eux dans un 4x4 immatriculé au Bénin.Les militaires français et nigériens ont tenté de libérer les otages des mains de leurs ravisseurs qui progressaient vers la frontière malienne, mais les deux amis ont trouvé la mort lors de l'opération.Alain Juppé a affirmé que les autorités françaises "assumaient pleinement" la décision prise d'intervenir militairement."Ne rien faire, c'était prendre un double risque. D'abord le risque de voir nos otages emmenés par les ravisseurs dans l'une de leurs bases refuge au Sahel, et l'on sait ensuite comment ils sont traités (...) Ensuite un deuxième risque, plus global : ne rien faire c'est donner un signal que la France ne se bat plus contre le terrorisme", a-t-il expliqué.Aqmi a revendiqué il y a trois mois le rapt de cinq Français, d'un Togolais et d'un Malgache travaillant pour la plupart pour le groupe nucléaire français Areva et un sous-traitant du groupe de construction Vinci dans le nord du Niger.En juillet avait été annoncée l'exécution de Michel Germaneau, un humanitaire français de 78 ans qui avait été enlevé le 19 avril dans le nord du Niger.

 

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