Jumelles disparues : la famille maternelle "craint le pire"

0 21.11.2011 09:56

La famille des jumelles suisses de six ans dont on est sans nouvelles depuis le 30 janvier craignait le pire mardi après avoir reçu par la poste l'argent qu'a retiré le père à Marseille avant de se suicider."Il y a quelques nouvelles ce matin. On a reçu plusieurs courriers envoyés d'Italie, du village où Matthias (Schepp) s'est suicidé renvoyant tout l'argent retiré à Marseille. Ce sont des billets de 50 euros pour un total d'environ 5.000 euros", a expliqué à la presse le frère de la mère des fillettes, Valerio Lucidi.Les lettres réceptionnées par la police helvétique sont arrivées séparément dans la matinée et étaient adressées à Irina Lucidi, à son domicile de Saint-Sulpice, un village cossu des environs de Lausanne (ouest de la Suisse), a-t-il précisé."C'est son écriture sur les enveloppes, elles ont été envoyées de la gare où il s'est suicidé jeudi soir" 3 février, a poursuivi Valerio Lucidi devant le domicile de sa soeur."Il n'y a aucune lettre qui accompagne l'argent. Cela nous inquiète car l'hypothèse qu'il aurait payé quelqu'un pour garder les enfants ne tient plus", a-t-il ajouté.Matthias Schepp, 43 ans, n'avait sur lui que quelques billets alors qu'il avait retiré plusieurs milliers d'euros à Marseille le 31 janvier, alimentant l'espoir pour la famille des jumelles qu'il aurait payé une tierce personne pour s'en occuper.L'angoisse des proches était d'autant plus palpable mardi que les informations qui arrivent au compte-gouttes anéantissent peu à peu les espoirs auxquels ils s'accrochaient.Personne n'a revu les deux petites filles blondes depuis le 30 janvier vers 13h00 près de la maison de leur père à Saint-Sulpice et il est apparu que le Suisse né au Canada a quitté son domicile "sans les sièges auto, sans les affaires des enfants, ce qui n'était absolument pas dans ses habitudes apparemment", selon le procureur-adjoint de Marseille."C'est très difficile... On craint le pire, mais tant qu'il n'y a pas de preuves, on garde l'espoir même s'il est mince", a insisté l'oncle des fillettes, manifestement ému.Pour Valerio Lucidi, il ne fait aucun doute que son beau-frère qui supportait mal la perspective d'un divorce a eu un "mouvement de folie totale".Ce dernier avait la garde d'Alessia et de Livia le week-end du 29-30 janvier quand le dimanche, il a envoyé un texto à sa femme pour lui expliquer qu'il les déposerait le lendemain matin directement à l'école, a raconté son beau-frère.Alors commence un périple de cinq jours passant par Marseille et qui s'achève dans une petite ville du sud de l'Italie où Matthias Schepp se suicide le 3 février en se jetant sous un train, sans donner aucune nouvelle des filles.Depuis la découverte de son corps à Cerignola le 4 février, les polices italienne, suisse et française tentent de recomposer le puzzle de ce macabre voyage.D'après les premiers éléments disponibles, il semblerait que l'ingénieur ait quitté la Suisse le dimanche soir pour se rendre dans le sud de la France. La présence des filles avec lui n'est pas confirmée, comme à Marseille d'où il envoie à Irina une carte postale oblitérée le 1er février dans laquelle il affirme ne pas pouvoir vivre sans elle.Le Suisse y achète trois billets de ferry pour Propriano en Corse, un voyage qu'il a semble-t-il bien effectué, selon M. Lucidi."A priori, il a été vu seul sur le ferry. Il a retiré les clefs de la cabine, il était seul, c'est ce que m'a communiqué la police française", a-t-il expliqué.M. Schepp a été ensuite vu seul le jeudi 3 à Naples, en Italie. Son corps sans vie a été retrouvé le 4 dans la gare de Cerignola.

 

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