Jumelles disparues: famille et enquêteurs craignent le pire

0 21.11.2011 10:35

Les enquêteurs et la famille des jumelles suisses de six ans, introuvables depuis le 30 janvier, craignaient le pire mardi alors que l'enquête se recentrait sur la traversée Marseille-Propriano et que la mère a reçu par la poste l'argent retiré par le père avant de se suicider."On a rien d'absolument incontestable si ce n'est que Matthias Schepp était effectivement sur le bateau mais on ne sait pas encore à ce stade définitivement s'il était seul ou accompagné", a indiqué à l'AFP le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest, qui fera un point-presse mercredi à 10H00.Selon la police cantonale vaudoise, "un témoin déclare l'avoir vu le mardi 1e février à son arrivée en Corse", "la présence des jumelles à bord du bateau n'ayant pu être confirmée pour l'instant" mais "ne pouvant être écartée"."Les enquêteurs progressent bien" mais "on a encore aucune certitude sur la présence des gamines. Il y a des témoignages et des éléments qui peuvent pencher en ce sens mais sans certitude absolue", a ajouté le procureur français."De deux choses l'une, ou il les a emmenées et il les a tuées d'une manière qu'on ignore pour l'instant, ou il les a déposées quelque part, à la garde de quelqu'un. La deuxième hypothèse est peu vraisemblable", compte tenu du "battage médiatique qui est fait"."On ne peut rien écarter", a-t-il souligné, estimant que "plus le temps passe, plus l'espoir s'amenuise de les retrouver vivantes, ces petites filles".En Suisse, la famille des fillettes a vu s'envoler mardi l'espoir que le père ait confié ses enfants à une tierce personne contre les milliers d'euros qu'il avait retirés à Marseille et qui étaient introuvables."On a reçu plusieurs courriers envoyés d'Italie, du village où Matthias (Schepp) s'est suicidé renvoyant tout l'argent retiré à Marseille. Ce sont des billets de 50 euros", a expliqué à la presse le frère de la mère des fillettes, Valerio Lucidi. Au total 4.400 euros ont été reçus selon la police suisse.Les lettres sont arrivées séparément dans la matinée et étaient adressées à Irina Lucidi, à son domicile de Saint-Sulpice, un village cossu des environs de Lausanne (ouest de la Suisse), a précisé M. Lucidi."C'est son écriture sur les enveloppes, elles ont été envoyées de la gare où il s'est suicidé jeudi soir" 3 février, a poursuivi Valerio Lucidi devant le domicile de sa soeur."Il n'y a aucune lettre qui accompagne l'argent. Cela nous inquiète car l'hypothèse qu'il aurait payé quelqu'un pour garder les enfants ne tient plus", a-t-il ajouté.Personne n'a revu les deux petites filles blondes depuis le 30 janvier vers 13h00 près de la maison de leur père à Saint-Sulpice et il est apparu que le Suisse né au Canada a quitté son domicile "sans les sièges auto, sans les affaires des enfants, ce qui n'était absolument pas dans ses habitudes apparemment", avait indiqué dimanche soir le procureur-adjoint de Marseille."C'est très difficile... On craint le pire, mais tant qu'il n'y a pas de preuves, on garde l'espoir même s'il est mince", a insisté l'oncle des fillettes, manifestement ému.Pour Valerio Lucidi, il ne fait aucun doute que son beau-frère qui supportait mal la perspective d'un divorce a eu un "mouvement de folie totale".Pour le procureur de Marseille, ces lettres "n'indiquent pas formellement qu'il a mis fin aux jours de ses filles même si c'est tout à fait envisageable à ce stade, après maintenant dix jours d'absence. C'est l'hypothèse la plus vraisemblable mais on en n'a pas la certitude absolue", a-t-il dit.

 

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