Joseph Weismann raconte sa vie dans « Après la Rafle »

0 21.11.2011 09:37

Le Manceau, dont l’évasion à 11 ans du camp de Beaune-le-Rolande, a inspiré le film « La Rafle », publie aujourd’hui un livre intitulé « Après la Rafle ». A 80 ans, Joseph Weismann veut transmettre un message d’espoir.Pourquoi avez-vous ressenti le besoin de faire un livre après le film « La Rafle » ?Joseph Weismann : Après le film, j’ai rencontré plusieurs personnes qui me posaient toutes la même question : et après ? Que s’est-il passé ? Je leur répondais : mais vous me demandez de raconter ma vie ! Je n’étais pas vraiment décidé au départ. Roselyne Bosch (NDLR. la réalisatrice de « La Rafle ») me l’avait également proposé. Et puis, j’ai été recontacté ; un jour je me suis dit : il faut le faire. J’étais prêt.Quelle idée tout de même de s’évader quand on a 11 ans ?Est-ce que c’est une bravade d’enfant ? L’instinct de survie ? Une inconscience ? Ce que je sais c’est que personne ne m’aurait fait changer d’avis. Tout le monde autour de moi me disait dans le camp : ne fais pas ça. Tu n’y arriveras jamais. Tu vas retrouver tes parents dans 15 jours. Je me suis dit : tout çà, c’est du baratin, ce sont des menteurs. Rien au monde ne m’aurait arrêté.Quel est le message que vous voulez faire passer aujourd’hui ?L’objectif du petit Joseph, ça a été le bonheur droit devant ! Si j’ai un message c’est de dire qu’il ne faut jamais désespérer. J’ai 80 ans aujourd’hui. Le môme que j’étais n’avait pas de famille, pas d’argent, pas d’instruction, pas de métier. On aurait pu dire qu’il allait mourir très jeune, finir clodo. Il était foutu, sans avenir. Je dis aux jeunes que je rencontre : tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Je leur dis aussi : battez-vous et n’acceptez jamais l’inacceptable. C’est un message d’espoir.Après toutes ces années, que retenez-vous ?Le plus important, je crois, c’est de savoir relativiser. Quand je vois aujourd’hui que pour tout un tas de gens, la première difficulté ressemble à l’Hymalaya. La vie est faite de contrariétés quotidiennes : un retard au boulot, un pneu crevé, etc…. Il ne faut pas surdimensionner. Je dis aux gens : quand vous allez connaître un vrai malheur, qu’est-ce qui vous restera ? Vous aurez utilisé toutes vos larmes pour quelque chose qui n’en valait pas la peine. Il faut relativiser.Avec le succès du film, l’attente du livre, vous devez ressentir une certaine fierté..Le Premier ministre m’a dit en me recevant à Matignon : la France est reconnaissante du travail que vous faites. Alors, c’est vrai, on peut avoir une petite fierté. Un jour, l’an dernier, en rentrant au Mans d’une journée dans une petite commune du Pas-de-Calais, j’avais rencontré un enseignant remarquable. Devant plus de 100 élèves, la rencontre avait été merveilleuse. En remontant de la gare du Mans à pied, j’ai senti que l’air avait une qualité particulière, je l’ai dégusté à la petite cuillère. Vous savez, après toutes ces interventions faites en milieu scolaire, je suis enthousiasmé par la qualité du corps enseignant en France.Propos recueillis par Serge DANILO

 

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