Japon: nouvelles opérations pour refroidir Fukushima, le bilan du séisme s'alourdit

0 21.11.2011 09:21

Le Japon a repris vendredi matin les opérations pour tenter de refroidir les réacteurs de la centrale de Fukushima, où la situation semblait s'être stabilisée une semaine après le séisme et le tsunami qui ont fait près de 5.700 morts. Pour la première fois depuis le début de la crise, les experts ont noté jeudi une évolution encourageante à la centrale de Fukushima, dont quatre des six réacteurs ont été gravement endommagés par des explosions et des incendies."La situation reste très sérieuse à la centrale. Mais il n'y a pas eu d'aggravation significative depuis hier", a déclaré Graham Andrew, conseiller spécial du directeur général l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIAE).La situation "ne s'est pas détériorée, ce qui est positif. Mais il est toujours possible qu'elle empire", a-t-il précisé.Les autorités japonaises n'ont fait aucun commentaire sur l'évolution de la situation, se contentant d'énumérer les opérations lancées pour prévenir des rejets de radioactivité de grande ampleur.Pour cela, leur priorité est d'apporter de l'eau en quantité suffisante afin de refroidir les installations, en particulier les réacteurs 1, 2 et 3 ainsi que les piscines de stockage du combustible usé des réacteurs 3 et 4.Pour les piscines, il s'agit d'augmenter le niveau d'eau afin d'éviter que les combustibles entreposées ne soient à l'air libre et ne soient plus refroidis, ce qui entraînerait des rejets radioactifs.Pour la première fois jeudi, des hélicoptères de l'armée japonaise ont déversé plusieurs tonnes d'eau de mer sur les réacteurs 3 et 4. Des camions citernes spéciaux de l'armée ont également arrosé les bâtiments.Mais la priorité de l'exploitant Tokyo Electric Power (Tepco) est de rétablir l'alimentation en électricité de la centrale afin "de remettre en route les pompes refroidissant les réacteurs et de remplir les piscines".L'installation d'une ligne électrique provisoire pourrait être achevée vendredi, selon l'Agence de sûreté nucléaire japonaise.Les systèmes de refroidissement sont tombés en panne le 11 mars lorsque le séisme de magnitude 9, le plus fort jamais enregistré au Japon, et le tsunami ont détruit les protections maritimes de la centrale construite dans les années 1970 sur la côte du nord-est.Plusieurs pays ayant une expertise nucléaire, comme les Etats-Unis, la France et la Russie, ont annoncé qu'ils étaient prêts à apporter tout type d'aide au Japon.Parallèlement, de nombreuses capitales continuaient à organiser le départ de leurs ressortissants présents dans la zone à risque et dans l'immense mégapole de Tokyo, située à moins de 250 km de Fukushima.Un premier appareil transportant une centaine de personnes a commencé à évacuer des Américains jeudi à destination de Taïwan.Ceux qui ne quittent pas le Japon trouvent refuge dans le sud de l'archipel, notamment à Osaka, la deuxième ville du pays où, par exemple, l'Allemagne a installé une ambassade provisoire.L'activité s'est nettement réduite depuis le début de la semaine dans la capitale, où de nombreuses entreprises fonctionnent au ralenti. Mais aucune panique n'a saisi les Tokyoïtes, qui ont stocké des vivres au cas où ils devraient être confinés chez eux.Les rues de la capitale habituellement illuminées la nuit sont dans certains quartiers plongées dans la pénombre en raison des restrictions sur l'électricité. "La métropole prospère et rayonnante est devenue une ville de ténèbres, de pénuries et d'appréhension", se désolait vendredi le quotidien Japan Times.Les autorités nippones n'ont pour l'instant établi un périmètre de sécurité que dans un rayon de 30 km autour de la centrale.D'après "les hypothèses les plus pessimistes" étudiées par les autorités françaises, le rayon d'évacuation autour du site pourrait être porté au maximum à 60 ou 70 km, a indiqué jeudi Marie-Pierre Comets, commissaire de l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN).Dans une allocution consacrée à la situation au Japon, le président Barack Obama a tenu à rassurer les Américains alors que le principal fabricant américain de comprimés d'iodure de potassium a annoncé être en rupture de stock en raison de la demande massive. "Nous ne nous attendons pas à ce que des niveaux dangereux de radiations atteignent les Etats-Unis, que ce soit sur la côte Ouest, Hawaii, l'Alaska...", a-t-il affirmé. Il a également donné l'ordre de procéder à un "réexamen complet" de la sécurité nucléaire aux Etats-Unis.Une semaine après le séisme et le tsunami, l'espoir de retrouver des survivants était quasiment nul. Le dernier bilan provisoire s'établissait à 5.692 morts confirmés et à quelque 9.500 disparus, mais il pourrait continuer à s'alourdir.Le gouvernement a assuré que les opérations d'aide aux quelque 440.000 sinistrés allaient être améliorées pour répondre aux plaintes de pénuries, notamment en eau potable et en vivres.Le froid et la neige tombée ces derniers jours sur le nord-est compliquent la tâche des 80.000 soldats, policiers et secouristes mobilisés sur le terrain.Ils fragilisent aussi la santé des personnes évacuées les plus vulnérables comme les personnes âgées et les enfants, dont 100.000 seraient sans logis, selon l'organisation Save The Children. Le Fonds monétaire international (FMI) a estimé jeudi que le Japon avait une "économie robuste" et les moyens de faire face aux défis de la reconstruction, malgré l'immensité des dévastations subies.

 

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