Italie: Silvio Berlusconi de plus en plus empêtré dans l'affaire Rubygate

0 18.11.2011 09:44

Une requête du parquet de Milan, adressée au parlement dans le cadre de l'enquête Rubygate contre Silvio Berlusconi pour incitation à la prostitution de mineure et abus de fonction, a confirmé lundi des révélations de plus en plus embarrassantes pour le Cavaliere.Dans un document rendu public, le parquet a affirmé disposer d'éléments prouvant que le Cavaliere rémunérait les services de jeunes prostituées et mettait à leur disposition des appartements dans un élégant complexe résidentiel de Milan (nord).Le parquet a annoncé vendredi enquêter sur M. Berlusconi, 74 ans, qu'il soupçonne d'avoir payé pour des rapports sexuels avec Ruby, une jeune Marocaine, mineure à l'époque, et d'avoir utilisé sa fonction pour la faire libérer quand elle avait été arrêtée à Milan pour un vol présumé en mai.Le document de lundi est une demande adressée à une commission de la Chambre des députés pour qu'elle autorise une perquisition des bureaux d'un comptable du Cavaliere. C'est dans ces locaux que l'homme de confiance de M. Berlusconi, Giuseppe Spinelli, aurait, selon la presse, donné des enveloppes avec au moins 5.000 euros par prestation aux jeunes prostituées.Dans ce document, le parquet dit disposer d'"amples éléments de preuve" sur les logements octroyés par M. Berlusconi aux call-girls qui participaient à des fêtes dans sa luxueuse villa d'Arcore, près de Milan."Un nombre significatif de jeunes femmes se sont prostituées avec Silvio Berlusconi dans ses résidences en échange du versement de sommes d'argent", écrit aussi le parquet.Ruby, de son vrai nom Karima El Mahroug, majeure depuis novembre, "a fréquenté Arcore entre février et mai 2010", selon le parquet qui s'appuie sur la trace laissée par ses téléphones portables.Selon le parquet, Ruby elle-même a indiqué dans une audition le 3 août que "certaines des jeunes femmes qui participaient aux (fêtes) recevaient de Silvio Berlusconi la disponibilité gratuite d'appartements à Milano Due".Les médias ont multiplié ce week-end les reportages dans ce quartier chic de Milan, construit dans les années 70/80 par M. Berlusconi, à l'époque entrepreneur du bâtiment. Ils ont constaté qu'y habitent de nombreuses starlettes qui ont fait carrière sur les chaînes privées du magnat.Le dossier transmis à la Chambre, fort de 389 pages, contient aussi des écoutes téléphoniques des invités aux fêtes du Cavaliere.Discutant avec la mère d'un ex-petit ami, Ruby y affirme: "mon cas affole tout le monde. J'ai parlé avec Silvio et lui ai dit que je veux (...) cinq millions pour avoir sali mon nom", a indiqué l'agence Ansa en citant des personnes ayant lu cette écoute."Il m'a appelé en me disant: +Ruby, je te donnerai autant d'argent que tu veux, je te couvrirai d'or, l'important c'est que tu caches tout", ajoute la jeune fille dans cette écoute.Aussi bien Ruby que M. Berlusconi nient tout rapport sexuel. La jeune femme a reconnu avoir participé à trois dîners "tout à fait normaux" et avoir reçu de l'argent du magnat seulement parce qu'"il avait su par une amie qu'elle était en difficultés".Dans un message vidéo dimanche, le milliardaire a fustigé des "accusations risibles et sans fondements", affirmant avoir "eu une relation stable" depuis sa séparation de son épouse, Veronica Lario, en 2009.La droite a fait de nouveau bloc autour de son chef dénonçant un "massacre médiatique" et une persécution judiciaire tandis qu'à l'opposé, l'étoile montante de la gauche Nichi Vendola a réclamé sa démission comme "acte de nettoyage politico-institutionnelle et acte de décence".S'il était renvoyé en justice, M. Berlusconi risquerait de six mois à trois ans de prison pour prostitution de mineure et de six à douze ans pour abus de fonction.

 

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