Inondations au Pakistan: une autre ville évacuée, le bilan des morts pourrait augmenter

0 21.11.2011 10:07

Une nouvelle ville, Thatta, peuplée de 300.000 habitants, a été évacuée vendredi dans le sud du Pakistan, pays en proie depuis un mois à des inondations dévastatrices qui laissent augurer une grave crise humanitaire pendant des mois, voire des années.Les eaux ont commencé à refluer dans le nord et le centre, les plus affectés au début de la catastrophe, mais les pluies torrentielles de mousson qui persistent ont gonflé l'Indus jusqu'à des niveaux critiques près de son embouchure, forçant ces derniers jours des millions de personnes à fuir de nouvelles inondations dans la province méridionale du Sind. Depuis samedi, des villes comptant parfois 100.000 personnes et des milliers de villages et hameaux ont été vidés de leurs habitants. L'ONU estime à un million le nombre de personnes déplacées ces dernières 48 heures dans le Sind."Nous avons ordonné jeudi soir aux habitants de Thatta de partir pour des zones plus sûres parce que les flots ont ouvert une brèche dans le village de Faqir Jogoth" sur la digue principale qui protégeait la ville, à quelques kilomètres à l'est, a expliqué à l'AFP Manzoor Sheikh, chef de l'administration locale. Vendredi matin, les flots s'engouffraient par la brèche, large d'une vingtaine de mètres, pour inonder les vastes champs de coton et de canne à sucre en contrebas et progresser en direction de Thatta, ont constaté des journalistes de l'AFP à Faqir Jogoth.Des milliers de personnes quittaient la ville en direction de l'ouest et de Makli, à 5 km de Thatta, où un camp de réfugiés a été installé à la hâte sur une colline. Les gens chargeaient carrioles et voitures de tout ce qu'ils pouvaient et poussaient des milliers de têtes de bétail en direction de Makli. Pour le moment, 70% des habitants ont quitté Thatta, a estimé M. Sheikh. L'armé a dépêché des engins de chantier pour tenter de réparer la digue à Faqir Jogoth. "S'ils n'y parviennent pas, Thatta sera inondée".Par endroits, l'Indus, large d'ordinaire de quelques centaines de mètres, a gonflé jusqu'à 10 km d'une rive à l'autre. Ces derniers jours, confrontées à l'urgence, les autorités du Sind n'ont fourni aucun bilan des pertes humaines.Mais au-delà de l'urgence à sauver les gens de la noyade, le Pakistan est confronté pour des mois, voire des années, à la plus grave crise humanitaire de son histoire, avec un cinquième du pays inondé et plus de 17 millions de personnes affectées selon l'ONU.Quelque 8 millions de sinistrés, dont environ 5 millions de sans-abri, ont besoin d'une aide d'urgence, estiment les Nations unies.Le bilan des morts, 1.600 confirmés pour l'heure et à peine révisé depuis le 5 août, va cependant considérablement monter, a prévenu Islamabad.Le nombre de décès répertoriés "va augmenter, il va augmenter dans une proportion importante parce que nous allons découvrir davantage de cadavres quand les eaux vont se retirer", a expliqué à l'AFP Amal Masud, porte-parole de l'Autorité nationale de gestion des désastres (NDMA).Sans compter les risques graves de famine et d'épidémies qui menacent les sinistrés et alourdira mécaniquement le bilan dans les semaines à venir.L'aide internationale, qui a tardé, afflue désormais mais les talibans alliés à Al-Qaïda, dont le nord-ouest du Pakistan est le fief, se prépareraient à lancer des attaques contre les humanitaires étrangers, a affirmé mercredi un haut responsable américain."Nous ne nous laisserons pas intimider par ce genre de menaces", a déclaré jeudi soir John Holmes, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires. L'ONU poursuivra son travail au Pakistan en prenant "les précautions qui s'imposent".

 

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