Indonésie: 130 disparus retrouvés après le tsunami, le Merapi toujours "très dangereux"

0 21.11.2011 13:53

Les secouristes indonésiens ont retrouvé samedi vivants plus de 130 personnes portées disparues dans les îles dévastées par le tsunami, tandis que l'inquiétude persistait autour du volcan Merapi dans la crainte de nouvelles fortes éruptions.L'Indonésie a continué samedi à vivre au rythme des deux catastrophes naturelles qui l'ont frappée en début de semaine et qui ont causé la mort d'au moins 451 personnes. Alors que ce bilan n'a cessé de s'aggraver ces cinq derniers jours, une bonne nouvelle est parvenue de l'archipel des Mentawaï, dont les côtes ont été dévastées par un puissant raz-de-marée lundi soir."Les secouristes ont découvert certains des disparus sur des collines de l'île de Pagaï du Nord", a annoncé Agus Prayitno, un responsable des secours. Le nombre des disparus a ainsi chuté à 163 contre 298 auparavant tandis que celui des morts s'établissait à 413. "Nous sommes vraiment heureux d'avoir retrouvé tant de personnes dont on était sans nouvelles", s'est félicité le directeur de la cellule de crise, Joskamatir. Sur cet archipel très peu développé, les opérations de secours sont rendues difficiles par une météo très perturbée, avec une mer forte et des pluies, et par le manque de bateaux, le seul mode de transports permettant de relier les villages de pêcheurs qui ont été rasés par les vagues géantes."L'aide est disponible en quantité. Malheureusement, le nombre de bateaux est insuffisant pour l'acheminer rapidement", a regretté Suryadi, un responsable des opérations. Seulement 5% de l'aide arrivée dans le port de Sikakap, sur l'île de Pagaï du Nord, a pu être ainsi distribuée à ceux qui en ont besoin. De ce fait, des rescapés, comme Theopilus, 42 ans, en sont contraints à "manger des tubercules de taro pour survivre". "Nous avons un besoin urgent de plus de vivres, de tentes et de couvertures. Je tremble de froid la nuit car il pleut sans arrêt", a témoigné ce paysan de l'île de Pagaï du sud.A 1.300 km plus au sud, dans le centre de l'île de Java, la population et les autorités gardent le regard rivé sur le dôme du Merapi, le volcan qui a provoqué la mort de 38 personnes depuis qu'il est entré dans une phase éruptive mardi soir.De nombreux habitants vivant à entre dix et quinze kilomètres du cratère ont pris la fuite en pleine nuit, vers 01h00 samedi (18H00 GMT vendredi), après avoir entendu "plusieurs explosions ressemblant à des coups de tonnerre", selon Mukinem, une mère de famille de 42 ans. Cette nouvelle forte explosion a projeté des nuages de cendres et des nuées ardentes jusqu'à 3,5 km de hauteur et le long des pentes sud-est du volcan qui culmine à 2.914 m de haut. Elle n'a pas directement provoqué de décès mais deux personnes ont été tuées dans des accidents de la route lors du mouvement de panique, a indiqué une source hospitalière."De nouvelles éruptions explosives vont se produire car il y a une grande quantité de magma accumulée sous le cratère", a prévenu Subandrio, l'un des vulcanologues chargés de la surveillance du Merapi."Le Merapi est actuellement extrêmement dangereux", a-t-il réitéré, en précisant que les autorités devaient envisager d'étendre l'ordre d'évacuation à un rayon de 20 km autour du volcan contre 10 km jusqu'à présent. Environ 50.000 personnes sont déjà accueillies dans les centres temporaires établis depuis lundi à proximité de Yogyakarta, la grande ville voisine.Le Merapi, considéré comme le volcan le plus actif et de ce fait le plus dangereux d'Indonésie, entre en éruption tous les quatre ou cinq ans. Près de 70 éruptions ont été recensées depuis le milieu du XVIe siècle, dont certaines dévastatrices, comme en 1930 (1.400 morts) et 1994 (60 morts).

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